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Économie

Theresa May se risque à un nouveau vote sur le Brexit début juin

Royaume-Uni
OLJ
16/05/2019

Le Royaume-Uni se prépare pour un nouveau moment de vérité au Parlement : les députés voteront début juin sur un projet de loi sur l’accord de Brexit présenté par Theresa May, qui pourrait siffler la fin de partie pour son gouvernement. Cette fois, le vote portera sur la législation qui doit être adoptée pour mettre en œuvre son accord, et non sur l’accord en lui-même, qui a été rejeté trois fois par les élus britanniques. Ce tour de passe-passe permet à la Première ministre conservatrice de le remettre à l’ordre du jour. « Il est impératif » de présenter ce projet de loi « la semaine du 3 juin » afin que le Royaume-Uni puisse quitter l’Union européenne « avant la pause parlementaire de l’été », qui devrait démarrer fin juillet, a jugé Downing Street.

Dans l’éventualité où les députés l’approuvent, le texte devra ensuite faire la navette entre les deux Chambres du Parlement puis être validé par la reine Elizabeth II. Si la procédure est achevée avant le 31 juillet, le pays pourra quitter l’UE à cette date. Cela impliquerait que des députés britanniques siègent au moins quelques semaines au Parlement européen nouvellement constitué, dont la première session plénière est prévue le 2 juillet, alors que Londres a longtemps espéré éviter cette situation paradoxale, trois ans après le référendum qui a décidé de la sortie du pays de l’UE.

Les rejets successifs des députés ont déjà contraint Londres à demander deux fois à Bruxelles un report de la date de sa sortie, initialement prévue le 29 mars et désormais fixée au 31 octobre au plus tard. Face à l’impasse parlementaire, le gouvernement et l’opposition travailliste ont entamé début avril des pourparlers pour trouver un compromis sur la future relation entre leur pays et l’UE.

C’est à l’issue d’une réunion avec le chef du Labour, Jeremy Corbyn, que le gouvernement a annoncé la présentation de son projet de loi, affirmant que les discussions avaient été « utiles et constructives ». Mais le Labour a, lui, émis des « doutes » quant « à la crédibilité des engagements du gouvernement », en particulier à cause « de députés conservateurs et de membres du cabinet qui cherchent à remplacer la Première ministre », dont l’autorité a très sérieusement pâti des atermoiements sur le Brexit.

Mme May a promis de céder la place dès que le traité de retrait de l’UE serait approuvé, mais elle est sommée par certains députés de fixer d’ores et déjà la date de son départ. « Nous avons de sérieuses inquiétudes sur le fait de négocier avec un gouvernement en plein processus de désintégration », a déclaré un porte-parole du Labour hier.

Source : AFP

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