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Liban

Quelles sont les bonnes pratiques à adopter pour protéger son ouïe ?

Semaine du son

Une conférence sur le thème de l’audition et la préservation de notre santé a eu lieu, mercredi, à l’École supérieure des affaires.

15/05/2019

Beyrouth. Métaphore idéale du bruit ambiant d’une ville en mouvement perpétuel. Le volume du son des klaxons est au moins de 80 décibels. Les ondes sonores, à chaque retentissement, pénètrent dans le conduit auditif et peuvent détruire nos cellules ciliées qui tapissent la cochlée dans notre oreille interne.

« Le bruit de la ville est un linceul sonore qui annonce petit à petit la mort de notre ouïe », assure Christian Hugonnet, président et fondateur de l’association la Semaine du Son, lors de la conférence intitulée « 1 milliard de malentendants en 2050 : comment préserver sa santé auditive ». Cette conférence, organisée mercredi à l’École supérieure des affaires pour lancer la Semaine du son, portait principalement sur l’omniprésence des nuisances sonores dans notre environnement quotidien et visait à apporter des solutions pour s’en protéger. Christian Hugonnet, tout comme le deuxième intervenant, le Dr Pierre Anhoury, se sont penchés sur la préservation de notre santé auditive. Ils ont aussi souligné la piètre qualité des enregistrements sonores actuels, soumis au diktat de la compression du son.

Christian Hugonnet déplore la médiocrité de ce format, qui est souvent plus fort, afin d’être adapté à une écoute déjà perturbée par le bruit environnant : « On le retrouve à la télé, à la radio, surtout au moment des publicités. » Il ajoute : « Il y a aussi un problème de débit, le cerveau n’a pas le temps d’assimiler l’information. » Le conférencier est presque tranchant par ses mots : « Bientôt, le silence sera peut-être un plaisir de riches, et le bruit une affaire de pauvres. » Armé de sa clarinette devant l’assemblée, Christian Hugonnet évalue le volume du son en décibels sur le tableau interactif qui lui sert de support. Il précise : « Le son d’une conversation classique correspond à peu près à 65 décibels. Ce qui est déjà assez élevé. Mais lorsqu’on se trouve dans un environnement bruyant, cela devient quasiment inaudible. » L’orateur enchaîne les démonstrations musicales avec humour en décrivant plusieurs situations auxquelles nous sommes confrontés. Certaines d’entre elles risquent d’abîmer notre audition. Des musiques ludiques au son atroce que l’on fait écouter aux bébés, aux soirées tardives en boîte de nuit où le volume sature, quelles sont les bonnes pratiques à adopter ?

Le Dr Anhoury explique que le plus important est de se préserver. « Nous naissons avec 15 000 cellules ciliées qui peuvent être détruites lorsque le son est trop fort. C’est un capital non renouvelable. » Outre les traditionnels bouchons d’oreille, il conseille de ne pas écouter la musique trop fort ni trop longtemps avec des écouteurs. De même, il existe des applications de sonomètre que l’on peut utiliser partout dans sa vie quotidienne. Il recommande d’éviter de se rendre dans les lieux où l’instrument indique que le volume sonore est supérieur à 80 décibels. Une application pour tester son audition existe également. Elle s’appelle « HearWHO » et déterminera si vous avez déjà perdu de l’audition.


« C’est ne pas entendre son interlocuteur lorsqu’il y a du bruit »
La définition de surdité est claire. Dans son discours, le médecin tente de sensibiliser le gouvernement afin de faire part de ce problème qui pourrait devenir d’autorité publique. De plus en plus de personnes sont malentendantes partout dans le monde. Cela a une répercussion sur leur vie sociale et sur leur travail. En cas d’absentéisme et de soins, le coût d’un million de personnes malentendantes pourrait avoisiner les 750 billions de dollars de dépenses pour la sécurité sociale. Ce n’est pas tout : « Des études ont prouvé que le cerveau vieillissait plus vite lorsque les troubles de l’audition persistent. » Selon lui, il est important de s’appareiller en cas de besoin. Seulement, les appareils auditifs peuvent coûter plusieurs milliers de dollars, et ne sont pas accessibles à tous les Libanais. En France, l’association AuditionSolidarité.Org récolte d’anciens appareils auditifs, les remet à neuf et les distribue gratuitement aux plus démunis. À quand une intervention au Liban ?

En attendant, c’est la première fois que la Commission nationale libanaise pour l’Unesco coorganise la Semaine du son à Beyrouth, du 8 au 17 mai, à l’initiative de la Délégation permanente du Liban auprès de l’Unesco. Placée sous le patronage du ministre de la Culture, Mohamed Daoud, cette semaine est organisée en partenariat avec l’AUB-Neighborhood Initiative, l’ESA et l’USJ-IESAV (Institut d’études scéniques audiovisuelles et cinématographiques) et avec le soutien des ministères des Télécommunications et de l’Éducation et de la municipalité de Beyrouth. Dans le cadre du projet, plusieurs événements auront lieu dans la capitale. AUB Neighborhood Initiative a créé un projet appelé « Le souffleur », où les passants profiteront des installations acoustiques mises en place le long de l’escalier de Aïn Mreissé. Ils pourront jouir pleinement de leur audition en écoutant le bruit de la mer, retransmis en direct via un microphone, dans un gros tuyau ressemblant à un gramophone. Ou bien en échangeant des conversations d’un bout à l’autre de l’escalier grâce à un système de télé-pipeline bleu. Ceux qui manquent cruellement de silence pourront aussi venir se reposer dans la « silent room », une pièce totalement isolée phoniquement qui sera installée pendant une semaine dans l’ancienne boulangerie de la rue Bliss.


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