La parole aux médecins

L’éradication de la poliomyélite : une école, une leçon

Ne pas vacciner un enfant est une atteinte à son droit à la santé. Photo Bigstock

L’éradication d’une maladie infectieuse n’est guère impossible, bien que cela ne soit pas toujours facile. La variole a été éradiquée dans les années 1980, la poliomyélite touche à sa fin et l’éradication de la rougeole constituera le futur défi que les autorités sanitaires dans le monde doivent relever, sachant que toute tentative de mettre fin à une maladie infectieuse se base surtout sur la vaccination.

Cela nécessite une décision qui doit être prise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et appliquée par les ministères de la Santé dans les pays du monde. L’aide financière et humaine pour subventionner les campagnes d’éducation sanitaire et de vaccinations s’est révélée indispensable, comme ce fut le cas pour l’éradication de la poliomyélite, programme subventionné par le Rotary International, la Fondation Bill et Melinda Gates, les CDC aux États-Unis (Centers for Disease Control and Prevention) et des donations en provenance de plusieurs pays de tous les coins du monde. Sans cette aide, le rêve n’aurait pas pu devenir réalité.

La réalisation du programme de l’éradication globale de la polio fut et sera une leçon modèle pour la prévention d’autres maladies infectieuses dans les années à venir. Plusieurs difficultés ont entravé ce programme comme l’état de guerre, les mauvaises conditions sanitaires, la mauvaise qualité de l’eau, la pauvreté, les isolations géographiques et les barrières culturelles dans les pays les plus touchés par cette épidémie. Récemment, un comportement dangereux, soutenu par certains médias, est en train d’émerger ce qui pourrait entraver la lutte contre certaines maladies infectieuses. Aussi, certaines parties encouragent les parents à refuser toute vaccination, ce qui expose leurs enfants à de dangereuses maladies ayant une mortalité et une morbidité infantiles qui ont connu une baisse importante depuis qu’un programme de vaccination a été mis en place.

Dans le passé, les enfants étaient nombreux à mourir des complications des épidémies de rougeole, de diphtérie et de coqueluche. De notre temps, tout enfant qui meurt des suites d’une maladie infectieuse qui peut être prévenue par un vaccin est un scandale, pour ne pas dire un fait condamnable. De plus, tout refus de vaccination expose l’enfant et même la localité où il séjourne à une dissémination de maladies très souvent et lourdement pénalisantes.

Pour finir, vaccinons nos enfants, respectons les décisions prises à ce sujet par le ministère de la Santé via l’OMS, aidons à la disparition des maladies infectieuses que la vaccination peut prévenir et combattons les attitudes antivaccinales de plus en plus fréquentes dans le monde. Ainsi, nous éviterons la recrudescence de certaines maladies – même dans certains pays dits développés – et qui étaient devenues rares, voire oubliées.

Vacciner un enfant c’est lui offrir un gilet de sauvetage et de protection.

Ne pas vacciner un enfant, c’est tout simplement une atteinte à ses droits les plus élémentaires, plus particulièrement à son droit à la santé.

Joseph RACHKIDI

Pédiatre



Pour mémoire
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La politique d’éradication de la poliomyélite



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