Deux militaires français, Cédric de Pierrepont and Alain Bertoncello, ont été tués lors d’une opération au Burkina pour sauver des otages. Sirpa Marine/Handout via Reuters
Les forces spéciales françaises ont libéré quatre otages – deux Français, une Américaine et une Sud-coréenne – lors d’une intervention « complexe » dans le nord du Burkina Faso, au cours de laquelle deux militaires français ont été tués, ont annoncé hier les autorités.
Le président français Emmanuel Macron accueillera aujourd’hui les deux ex-otages français, ainsi que l’ex-otage sud-coréenne, à l’aéroport de Villacoublay, au sud de Paris, a annoncé l’Élysée. « Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi au nord du Burkina Faso », a indiqué la présidence française dans un communiqué. Elle a été « rendue possible par la mobilisation des moyens de (la force antijihadiste) Barkhane, l’implication des forces burkinabées et le soutien américain en renseignements », a précisé le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un autre communiqué.
L’opération de libération des otages français a été lancée pour éviter leur transfèrement aux jihadistes de la Katiba Macina actifs au Mali voisin, a déclaré le chef d’état-major des armées. Les autorités françaises suivaient l’évolution des ravisseurs depuis plusieurs jours et ont saisi l’opportunité d’agir en raison du risque « de transfèrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali, et qui est la Katiba Macina » du prédicateur Amadou Koufa, ce qui aurait dès lors « rendu impossible d’organiser une quelconque opération de libération », a déclaré à la presse le général Lecointre.
L’identité des preneurs d’otages est encore inconnue. Il est « trop tôt pour se prononcer », a déclaré la ministre française des armées Florence Parly. « L’analyse est en cours. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés l’un à el-Qaëda, l’autre à l’EIGS (État islamique au Grand Sahara). Nous n’en savons pas plus pour l’instant », a-t-elle précisé. Quatre ravisseurs ont été tués pendant cette opération.
Les deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai lors d’un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l’insécurité en Afrique de l’Ouest où opèrent de nombreux groupes jihadistes liés à el-Qaëda et à l’organisation État islamique (EI). L’identité des deux autres otages libérés n’était pas connue dans l’immédiat.
Au cours de cette opération, « deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales », précise l’Élysée. Tous deux faisaient partie du prestigieux commando marine Hubert.
Le président Macron, qui de source proche de la présidence a autorisé l’opération jeudi avant son déclenchement dans la nuit, « s’incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires, qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens » et « adresse ses sincères condoléances à leurs familles ». Le chef de l’État présidera « en début de semaine prochaine » une cérémonie d’hommage national aux deux commandos marine.
Source : AFP


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