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Économie - Automobile

L’ordinateur d’une assistante libanaise de Carlos Ghosn est-il à l’origine de sa chute ?

Selon le « FT », les procureurs japonais ont réussi à monter leur dossier contre Carlos Ghosn grâce à un ordinateur portable utilisé par une assistante libanaise travaillant pour l’ex-PDG de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Photo AFP

C’est grâce à des éléments récupérés dans un ordinateur portable utilisé par une personne travaillant avec Carlos Ghosn au Liban que les procureurs japonais ont réussi à monter leur dossier à charge contre l’ancien PDG de Renault-Nissan, a rapporté hier le Financial Times, citant des personnes proches de l’enquête.

Cet ordinateur contiendrait des informations relatives à des transactions financières réalisées par M. Ghosn, qui ont permis aux procureurs de poursuivre l’enquête à Beyrouth, indique le quotidien économique britannique. « Sans cet ordinateur, affirment deux de ces sources, ni Nissan ni les procureurs japonais n’auraient pu montrer combien de millions de dollars de Nissan auraient été détournés d’un concessionnaire automobile omanais vers des compagnies partiellement ou totalement possédées par l’épouse de M. Ghosn ou son fils », est-il encore écrit.

Good Faith Investments

Selon la même source, quelques semaines avant la ré-arrestation de Carlos Ghosn au Japon début avril, cet ordinateur a été obtenu d’une assistante libanaise de 44 ans de M. Ghosn, qui travaillait pour Fadi Gebran, un avocat et ami de longue date du Franco-Libano-Brésilien. M. Gebran est mort d’un cancer en 2017. Cette assistante serait Amal Rachid Rizkallah Abou Jaoudé, selon le FT. Son nom apparaît parmi les actionnaires de Good Faith Investments, une entreprise libanaise créée par Fadi Gebran.

La Good Faith Investments se trouve au cœur de l’enquête pour « abus de confiance aggravé », menée par la justice japonaise contre Carlos Ghosn, rapportait, le 5 avril dernier, Le Commerce du Levant. L’ancien patron de Renault-Nissan est soupçonné d’avoir utilisé cette entité libanaise pour détourner une partie des 3,5 milliards de yens (30 millions de dollars) versés par Nissan à Suhail Bahwan Automobile, le concessionnaire Renault-Nissan du sultanat d’Oman, entre 2012 et 2018.

Selon des sources proches du dossier interrogées par le FT, ces sommes ont été détournées en mai 2018 vers Beauty Yacht, une compagnie dont Carole Ghosn, épouse de Carlos Ghosn, est la propriétaire, pour acheter un yacht pour sa famille. Une partie de ces sommes aurait également été investie dans Shogun Investments, une compagnie partiellement possédée par Anthony Ghosn, fils de Carlos Ghosn.

Selon le registre de commerce libanais, Good Faith Investments a été fondée en 2015. Elle est détenue par le directeur général du concessionnaire Renault d’Oman, Divyendu Kumar, un ressortissant indien. Outre le nom d’Amal Rachid Rizkallah Abou Jaoudé (une action), figure celui de Chadi Youssef Abi Rached (une action) parmi les actionnaires minoritaires.

La société est enregistrée à l’adresse du cabinet d’avocat de Fadi Gebran à Beyrouth, une adresse et des actionnaires minoritaires qu’elle partage avec la société Phoinos. Filiale de la néerlandaise Zi-A Capital, Phoinos est propriétaire de la maison de Carlos Ghosn au Liban, achetée pour quelque 9,5 millions de dollars, si l’on en croit les documents de Nissan. Selon le FT, le nom de Mme Rizkallah Abou Jaoudé apparaît également dans la compagnie Phoinos Investments.

Locaux qui n’existent plus

L’Orient-Le Jour comme le FT n’ont pu entrer en contact avec Mme Rizkallah Abou Jaoudé ou la société Good Faith, dont les locaux semblent ne plus exister. Des sources proches de l’enquête menée par Nissan ont, par ailleurs, déclaré au FT s’inquiéter du fait que l’enquête puisse s’embourber au Liban, « un pays dont ils ne sont pas sûrs qu’il applique les lois et régulations et où il est possible que personne ne souhaite coopérer avec l’enquête ».

Le dirigeant franco-libano-brésilien est sous le coup de quatre inculpations au Japon : deux pour des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux cas différents d’abus de confiance aggravé. La dernière affaire, qui apparaît la plus sérieuse aux yeux des experts, porte sur des détournements présumés de fonds de Nissan, pour un montant de 5 millions de dollars, selon le bureau des procureurs.

Carlos Ghosn est sorti de prison le 25 avril dernier à Tokyo, libéré sous caution mais selon des conditions strictes. Le magnat de l’automobile déchu de 65 ans, qui était retourné dans le centre de détention de Kosuge (nord de Tokyo) début avril après une ré-arrestation surprise, a dû payer une seconde caution de 500 millions de yens (4 millions d’euros). Carlos Ghosn s’était déjà acquitté d’une grosse somme – un milliard de yens – pour obtenir le droit de quitter le 6 mars la prison, où il avait passé 108 jours dans la foulée de son interpellation initiale le 19 novembre dernier pour des malversations financières présumées.

L’ancien grand patron est désormais à l’air libre mais soumis à de strictes conditions : « assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions visant à empêcher destruction de preuves et fuite », a précisé le tribunal. Surtout, il n’a le droit de voir son épouse « que si le tribunal approuve une requête » en ce sens, a expliqué son avocat, Me Junichiro Hironaka, à la presse. « Restreindre les communications et le contact entre ma femme et moi est cruel et inutile », a réagi M. Ghosn à sa sortie de prison, dans un communiqué en anglais diffusé par ses avocats.

C’est grâce à des éléments récupérés dans un ordinateur portable utilisé par une personne travaillant avec Carlos Ghosn au Liban que les procureurs japonais ont réussi à monter leur dossier à charge contre l’ancien PDG de Renault-Nissan, a rapporté hier le Financial Times, citant des personnes proches de l’enquête.Cet ordinateur contiendrait des informations relatives à des transactions financières réalisées par M. Ghosn, qui ont permis aux procureurs de poursuivre l’enquête à Beyrouth, indique le quotidien économique britannique. « Sans cet ordinateur, affirment deux de ces sources, ni Nissan ni les procureurs japonais n’auraient pu montrer combien de millions de dollars de Nissan auraient été détournés d’un concessionnaire automobile omanais vers des compagnies partiellement ou totalement...
commentaires (1)

Perso, il me paraîtrait normal que le gouvernement et la justice au Liban refusent de coopérer avec Nissan et la justice japonaise. C'est leur droit, personne ne peut les contraindre à coopérer. De plus, jusqu'à démonstration du contraire, l'affaire pue le coup monté. Quant à l'article de FT qui rappelle que le Liban est très mal classé parmi les pays gangenés par la corruption et qu'il n'est pas certain que "les lois y sont appliquées", il ne tient qu'au Liban de montrer enfin un autre visage au monde.

Marionet

10 h 45, le 10 mai 2019

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Commentaires (1)

  • Perso, il me paraîtrait normal que le gouvernement et la justice au Liban refusent de coopérer avec Nissan et la justice japonaise. C'est leur droit, personne ne peut les contraindre à coopérer. De plus, jusqu'à démonstration du contraire, l'affaire pue le coup monté. Quant à l'article de FT qui rappelle que le Liban est très mal classé parmi les pays gangenés par la corruption et qu'il n'est pas certain que "les lois y sont appliquées", il ne tient qu'au Liban de montrer enfin un autre visage au monde.

    Marionet

    10 h 45, le 10 mai 2019

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