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Liban

Vasken Sulukdjian raconte les Arméniens et les peuples du Proche-Orient

Publication

L’ancien pilote de ligne passionné d’histoire et d’archéologie publie « Les Arméniens à travers siècles et millénaires » et se revendique comme un « auteur politiquement incorrect ».

24/04/2019

Qu’est-ce qui pousse un pilote de ligne à la retraite, ancien de la MEA, à écrire un ouvrage en trois volumes sur Les Arméniens à travers siècles et millénaires ? Une passion hors normes pour l’histoire et l’archéologie, certes. Une forte arménité, sans aucun doute. Mais un long travail de deuil aussi, face à l’indicible douleur de la perte de sa fille dans un accident de voiture, il y a une dizaine d’années. Vasken Sulukdjian n’est pas historien. Il baigne par contre dans les livres depuis sa plus tendre enfance et a hérité de son père « Aram, grand bibliophile autodidacte », comme il le décrit, son amour de la recherche. À 11 ans, il avait « amorcé » les œuvres d’Alexandre Dumas. « Pour m’encourager à comprendre mes lectures, mon père me posait des questions sur les personnages, raconte-t-il à L’Orient-Le Jour. Nous discutions de longues heures sur des questions liées à l’histoire et à la géographie ». C’était le point de départ d’un hobby qui est devenu comme une seconde peau pour celui qui n’hésitait pas à disputer les affirmations de ses professeurs d’histoire-géo, lorsqu’il était certain qu’ils étaient « dans l’erreur ». Une passion qu’il a cultivée tout au long de sa vie, au fil de ses voyages professionnels et touristiques, lorsqu’il sillonnait les musées, les sites et les bibliothèques du monde entier à la recherche d’informations historiques et politiques.


« Cet ouvrage est mon petit-fils »

« Cet ouvrage est mon petit-fils, lance fièrement Vasken Sulukdjian, Vasso pour les intimes. Je l’ai fait seul, avec pour unique sponsor les indemnités que j’ai obtenues suite au décès de ma fille ». Et lorsqu’on lui demande davantage d’explications, il répond, la gorge nouée, « j’ai rédigé ce livre à la mémoire de ma fille Elsa. C’est sa volonté de fer qui m’a donné le courage de me lancer dans ce travail dédié aux Arméniens et au grand public non arménien. Elle nous a quittés prématurément, alors qu’elle était cadre supérieur dans une entreprise internationale, à l’étranger ». M. Sulukdjian mettra six ans et demi à réaliser son rêve « d’écrire un vrai livre d’histoire hors normes » consacré aux Arméniens et aux peuples du Proche-Orient, à concrétiser son travail intensif de recherches et d’écriture, dont il avait déjà « la structure dans son imagination ». « Je travaillais entre 12 et 15 heures par jour », explique celui qui revendique haut son arménité, tout en maniant à la perfection l’arabe et le français.


« Des faits scientifiquement prouvés »

Les Arméniens à travers siècles et millénaires est, comme son nom l’indique, un livre sur les Arméniens que l’auteur a longtemps mûri dans sa tête. Un recueil qui relate aussi « l’histoire du Proche-Orient depuis l’Antiquité » et jusqu’aux années 1920, impliquant par la même occasion « les chrétiens d’Orient », dont Vasken Sulukdjian se « fait l’avocat ». L’auteur y parle d’archéologie, d’histoire, de religions, de datations, de génétique, de linguistique, d’écriture cunéiforme, mais aussi de contribution artistique et culturelle. Mais ce qu’il revendique par-dessus tout, c’est sa volonté de se faire connaître comme « auteur politiquement incorrect », car il aborde « des sujets à controverse », jusqu’à montrer du doigt « les grands argentiers de la planète » qu’il accuse d’avoir « leur part de responsabilité dans le génocide arménien ». « Les Arméniens figurent parmi les peuples les plus occultés de l’histoire, alors qu’ils représentent une des civilisations les plus anciennes, dénonce aussi M. Sulukdjian. Non seulement eux et leur histoire, en particulier le génocide, mais tout ce qui leur est lié, comme l’art, la culture et l’artisanat. »

« Tous les faits relatés dans mon ouvrage sont scientifiquement prouvés », affirme le chercheur, qui insiste sur la nécessité de « dire la vérité et d’être impartial, même si cette vérité dérange ». D’où sa décision de s’auto-éditer. « La loi m’y autorise », note-t-il à ce propos. Avant même sa mise en vente en librairie et alors que l’auteur prépare une cérémonie de signature, l’ouvrage rencontre déjà un franc succès. Il est disponible à la bibliothèque du patriarcat arménien-catholique d’Antélias.


Tribune

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