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Moyen Orient et Monde

La France rend hommage aux « héros » sauveurs de Notre-Dame de Paris

Catastrophe

Fragilisé, l’édifice reste toujours sous haute surveillance.


OLJ
19/04/2019

Le président Emmanuel Macron a salué hier « l’exemplarité » des pompiers et des autres personnes mobilisées qui ont sauvé in extremis des flammes la cathédrale Notre-Dame de Paris, où des travaux étaient en cours sur « trois points de fragilité majeurs » dont souffre encore l’édifice.

« Vous avez été l’exemple parfait de ce que nous devons être », a déclaré M. Macron en recevant au palais présidentiel de l’Élysée 300 personnes, 250 pompiers de Paris, des pompiers de la région parisienne, des policiers, des membres de la Croix-Rouge et de la Protection civile qui, tous, ont contribué à sauver l’édifice de la destruction.

Dans une allocution solennelle prononcée lundi soir, le chef de l’État avait déjà loué le travail des pompiers, qu’il avait qualifiés de « héros ». Parfois au péril de leur vie, les soldats du feu avaient lutté contre les flammes quinze heures durant dans la nuit de lundi à mardi, sauvant in extremis la cathédrale.

L’incendie, qui a suscité l’émotion dans le monde entier et un afflux de dons inédit – 850 millions d’euros hier –, a mobilisé 600 pompiers au total.

Une cérémonie d’hommage à « celles et ceux qui ont contribué à sauver » Notre-Dame a également été organisée sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris, à quelques centaines de mètres de la cathédrale. En pleine semaine sainte avant les fêtes de Pâques, une veillée devait être organisée hier soir à la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, qui restera ouverte toute la nuit.

Points de fragilité

Mercredi, Édouard Philippe a annoncé une série de mesures pour tenir « le défi immense » de reconstruire Notre-Dame en cinq ans, lancé par le chef de l’État, avec un concours international d’architectes, un soutien fiscal aux dons et un projet de loi pour une souscription nationale.

Une soixantaine de pompiers restent au chevet de Notre-Dame pour éviter toute reprise de feu, et des poutres ont été acheminées pour aider à consolider certains points. Il reste « trois points de fragilité majeurs », a déclaré hier le ministre de la Culture Franck Riester. Sur le pignon du transept nord (la nef transversale), « des travaux importants ont été réalisés pour faire le frettage de la partie supérieure. Il menaçait de s’écrouler », a-t-il indiqué.

Second point sensible : le pignon (partie haute) occidental, entre les deux beffrois. « Il est très fragilisé, il penche notamment parce que la statue de l’ange, en haut, est tellement brûlée qu’elle est fendue sur toute la hauteur », a expliqué Franck Riester. « Une opération, qui a lieu aujourd’hui (jeudi), vise à sangler cet ange et le retirer », a-t-il poursuivi. Enfin, l’angle du beffroi sud « a été tellement chauffé, avec des pierres devenues totalement friables, qu’il y a un risque que les chimères s’effondrent ». « L’opération pour enlever les chimères est lancée ». Il y a par ailleurs « un vrai risque » que la voûte s’effondre ailleurs que là où elle l’a déjà fait, avertit le ministre, raison pour laquelle « des échafaudages vont être installés ».

« Notre chère cathédrale est à genoux », mais elle « revivra », elle « se redressera ! », a lancé l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, mercredi soir, lors d’une messe à l’église Saint-Sulpice, dans le centre de Paris, à laquelle assistaient des centaines de personnes, dont Brigitte Macron.

« Cathédrale éphémère »

Dès le lendemain de l’incendie, Emmanuel Macron a souhaité que la cathédrale, monument historique le plus visité d’Europe avec 12 millions de touristes en 2017, soit reconstruite dans les cinq ans. Une cathédrale de bois « éphémère » devrait être érigée sur le parvis de Notre-Dame durant toute la durée de la reconstruction.

M. Macron a souhaité qu’ « un geste architectural contemporain puisse être envisagé », lançant une polémique sur une reconstruction, à l’identique ou non. Le concours d’architectes doit « trancher la question de savoir s’il faut reconstruire une flèche, s’il faut la reconstruire dans les mêmes conditions, à l’identique », « ou s’il faut (...) se doter d’une nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque », a précisé Édouard Philippe. Mais reconstruire la cathédrale sans sa flèche serait « l’amputer », estime l’arrière-arrière-petit-fils de l’architecte qui l’avait construite, Eugène Viollet-le-Duc.

La mobilisation éclair de milliardaires et de grands groupes français, qui ont promis des centaines de millions de dons, a de plus été critiquée par des responsables politiques et syndicaux, ainsi que des gilets jaunes qui manifestent depuis cinq mois pour une hausse de leur pouvoir d’achat. Bernard Arnault, PDG du numéro un mondial du luxe LVMH, a jugé « consternant » de « se faire critiquer » après avoir fait un don de 200 millions d’euros pour la reconstruction et annoncé qu’il renonçait à la défiscalisation de ces dons.

Source : AFP

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