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Économie - Diplomatie Économique

La Chine courtise les pays d’Europe de l’Est et cherche à rassurer l’UE

Le président du Conseil européen, Donald Tusk (à gauche sur la photo), le Premier ministre chinois, Li Kegiang (au centre), et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à Pékin, le 16 juillet 2018. Photo Reuters

Le Premier ministre chinois a rencontré hier en Croatie les dirigeants d’Europe centrale et orientale dans l’objectif de développer les échanges, tout en assurant que son pays était prêt à ouvrir davantage son économie, un sujet sensible pour Bruxelles.

La ville côtière de Dubrovnik, la « perle de l’Adriatique », accueillait le 8e sommet des « 16+1 », devenus « 17+1 » car la Grèce a décidé de rejoindre cette plateforme pour les investissements de Pékin dans 17 pays d’Europe de l’Est et centrale. Ce groupement est regardé avec inquiétude en Europe de l’Ouest, qui redoute une tentative chinoise pour diviser l’Union, ce qu’a démenti le Premier ministre chinois Li Keqiang. L’Europe orientale est une composante essentielle du projet chinois de « nouvelles routes de la soie », a-t-il déclaré à l’ouverture du sommet. Ce projet pharaonique lancé par Pékin en 2013 prévoit des investissements de plus de 1 000 milliards de dollars dans des infrastructures routières, ferroviaires et maritimes pour permettre l’acheminement des exportations chinoises.

La Chine a par le passé annoncé une ligne de crédit de 10 milliards de dollars et un fonds de trois millions de dollars d’investissements en Europe centrale et orientale. Jusque-là, le bilan est mitigé : certains grands projets sont en cours de construction, mais des investissements promis ont été reportés ou annulés. Par exemple, la construction d’un des projets emblématiques des « 16+1 » – un chemin de fer entre Belgrade et Budapest – vient tout juste de commencer en Serbie, cinq ans après avoir été annoncée.

« Percée »

Le sommet de cette année survient quelques jours seulement après une rencontre importante entre le Premier ministre chinois et l’UE, qui réclame des relations commerciales plus équilibrées avec le géant asiatique, désormais qualifié de « rival systémique ». Mardi à Bruxelles, la Chine a promis d’ouvrir un peu plus son économie dans une déclaration commune avec l’Union saluée comme « une percée » par les Européens, qui restent cependant prudents.

Dans un document de 7 pages signé par Li Keqiang, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, Bruxelles et Pékin s’engagent à promouvoir un commerce « fondé sur des règles » et à combattre « l’unilatéralisme et le protectionnisme ». Le chef du gouvernement chinois a affirmé que le rendez-vous d’hier était une « étape supplémentaire » après le sommet de Bruxelles et un « complément utile à la coopération entre l’UE et la Chine ».

Certains pays européens, comme la France et l’Allemagne, s’inquiètent de plus en plus du projet de « nouvelles routes de la soie », particulièrement depuis que le gouvernement populiste italien est devenu le premier membre du G7 à le rallier.

La Chine était en 2018 le premier importateur dans l’UE et la deuxième destination des produits européens à l’exportation. La balance commerciale est largement bénéficiaire aux Chinois : +184 milliards d’euros (soit +208 milliards de dollars), selon les chiffres de la Commission.

Le Premier ministre chinois a visité jeudi le site où une compagnie chinoise a démarré en début d’année la construction du pont de Peljesac, chantier stratégique d’un montant de 280 millions d’euros (soit 316 millions de dollars) sur la côte adriatique. Cet ouvrage est destiné à éviter de sortir de Croatie et de passer par la Bosnie pour aller sur la péninsule de Peljesac. La Bosnie a critiqué par le passé ce projet, craignant que la construction de ce pont n’entrave son accès à la mer. Il s’agit du plus gros projet chinois en Croatie, et il est financé par l’Union européenne.

Source : AFP

Le Premier ministre chinois a rencontré hier en Croatie les dirigeants d’Europe centrale et orientale dans l’objectif de développer les échanges, tout en assurant que son pays était prêt à ouvrir davantage son économie, un sujet sensible pour Bruxelles.La ville côtière de Dubrovnik, la « perle de l’Adriatique », accueillait le 8e sommet des « 16+1 », devenus « 17+1 » car la Grèce a décidé de rejoindre cette plateforme pour les investissements de Pékin dans 17 pays d’Europe de l’Est et centrale. Ce groupement est regardé avec inquiétude en Europe de l’Ouest, qui redoute une tentative chinoise pour diviser l’Union, ce qu’a démenti le Premier ministre chinois Li Keqiang. L’Europe orientale est une composante essentielle du projet chinois de « nouvelles routes de la...
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