La commission parlementaire des Finances et du Budget s’est réunie hier pour la troisième fois pour examiner la légalité des recrutements effectués par Ogero (l’organisme chargé de la gestion du réseau de téléphonie fixe pour le compte de l’État) depuis l’entrée en vigueur de la loi n° 46 instituant la nouvelle grille des salaires de la fonction publique, en août 2017. Le ministre des Télécoms en fonctions depuis fin janvier, Mohammad Choucair, était notamment présent.
La loi n° 46 interdit tout nouveau recrutement dans les institutions et établissements publics pendant deux ans. Or, selon des documents fournis par l’Inspection centrale et le Conseil de la fonction publique, 5 000 postes auraient été créés depuis.
En ce qui concerne Ogero, la commission se focalise sur 453 journaliers embauchés, auxquels s’ajoutent 54 recrutements au sein du ministère des Télécoms. Si Ogero assure que les embauches qui lui sont reprochées sont légales, le président de la commission, le député Ibrahim Kanaan, reproche à l’organisme de ne pas être passé par le Conseil de la fonction publique et évoque des embauches « inacceptables » liées à des motivations politiques, notamment en amont des élections législatives de mai 2018.
Le député a également évoqué des différences entre le montant des salaires annuels communiqué par Ogero en janvier 2018 (223 milliards de livres libanaises, soit 147 millions de dollars) et ceux communiqués par le député Jihad Samad (323 milliards de livres, soit 214 millions de dollars). Il a également souligné qu’Ogero avait livré un autre document, ensuite retiré, et qui mentionnait 176 milliards de livres (116 millions de dollars).
Les recrutements abusifs dans la fonction publique ont contribué à faire exploser le déficit public en 2018, alors que le Liban s’est engagé auprès de ses soutiens, il y a un an lors de la CEDRE à Paris, à assainir ses finances publiques.


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