Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

L’ostéopathie : une profession d’avenir 

Les adeptes de l’ostéopathie deviennent de plus en plus nombreux. Les thérapies manuelles ont le vent en poupe et l’engouement pour les médecines douces prend de l’ampleur. Nouvelle pour certains, l’ostéopathie est une technique de soulagement et parfois de guérison de certaines douleurs, en se servant uniquement des mains.

02/04/2019

« L’ostéopathie est une thérapie manuelle fondée sur la connaissance précise de l’anatomie du corps humain. Elle s’emploie à déterminer et à traiter les restrictions de mobilité », explique Olivier Calamy, ostéopathe DO (diplômé ostéopathe).

« Les différentes structures du corps ont la capacité de se mouvoir en toute liberté. Toute perte de la mobilité des articulations, des muscles et des ligaments peut provoquer un déséquilibre de la circulation du sang et une altération plus ou moins grave de la santé, car le corps est un tout fonctionnel et chaque élément qui le compose est interdépendant des autres. Le geste curatif effectué par la main de l’ostéopathe vise à réduire la cause du blocage et redonne au corps, par une amélioration de la vascularisation et par conséquent du système nerveux, un équilibre physiologique », précise-t-il.

« À la fois préventive et curative, cette médecine manuelle peut ainsi corriger le désordre en cause et permettre à l’organisme de se réadapter, de stimuler ses capacités d’autoguérison et de compensation, souligne M. Calamy. La séance dure généralement entre 45 et 60 minutes. Une consultation commence toujours par un interrogatoire. Il s’agit de connaître l’histoire du patient. Il a un corps certes, avec parfois des symptômes, mais il a aussi un vécu, un ressenti et tout un fonctionnement psychique qui lui est propre. L’ostéopathe s’intéresse au moral parce que l’anxiété, le stress, la colère… augmentent la douleur et favorisent les tensions musculaires. L’émotion est donc au cœur du processus douloureux. » « Ensuite débute la phase ostéopathique palpatoire et visuelle », indique M. Calamy, qui ajoute : « On recherche alors la zone de tension majeure, celle qui déséquilibre le plus le patient et qui peut être différente de celle où se situe la douleur. Pour la trouver, on s’appuie sur l’expérience du praticien qui réalise des tests de mobilité afin d’être bien orienté. »

Les objectifs

« Les fonctions de l’ostéopathe sont nombreuses et souvent méconnues. L’ostéopathie possède une philosophie qui lui est propre ; elle adopte une approche globale du corps et “dialogue” avec lui, poursuit Olivier Calamy. La fonction connue est le soulagement des douleurs et des problèmes musculaires, particulièrement le mal de dos. Les patients traités par ostéopathie consomment généralement moins d’analgésiques et d’anti-inflammatoires, nuisibles à long terme pour le foie, notamment chez les bébés. » 

« Cette technique concerne tous les problèmes touchant la mécanique osseuse et articulaire, circulatoire, nerveuse et hormonale, ajoute M. Calamy. Elle peut apporter une amélioration ou une disparition durable des troubles dans les domaines suivants : lombalgie, scolioses, douleur de l’épaule, torticolis, arthrite, entorses, foulures, tendinites, sciatique et hernie discale, douleurs cervicales, troubles fonctionnels intestinaux (constipation, ballonnements, digestion difficile...), dépression (symptômes atténués chez les patients sous traitement antidépresseur), stress, anxiété, troubles du sommeil, hypertension, migraine, maux de tête, vertige, troubles circulatoires, jambes lourdes… »

Qualités requises

L’ostéopathe est un professionnel de santé qui travaille de manière autonome et indépendante. Il doit se montrer psychologue, être à l’écoute et capable de rassurer ses patients qui ont besoin de se sentir entendus et compris. Comme un médecin, l’ostéopathe doit également faire preuve de déontologie. De plus, posséder une certaine habileté manuelle est de rigueur, même si le toucher deviendra plus précis au cours de la formation. Le praticien ostéopathe est tenu de faire preuve de dynamisme et de bonne condition physique, suffisamment pour pouvoir recevoir des patients toute la journée, tout en restant concentré.

Formation

Au Liban, un master en thérapie manuelle et ostéopathie est mis en place à l’Université Saint-Joseph pour les diplômés en physiothérapie. En France, plusieurs voies sont possibles pour devenir ostéopathe. Il est préférable d’être titulaire d’un bac scientifique pour entrer dans un collège d’ostéopathie. La formation initiale d’ostéopathe peut être suivie en cinq ans à temps plein dans une école privée agréée, afin d’accéder au titre de DO (diplômé en ostéopathie). Un deuxième parcours est également possible : suivre une formation complémentaire à celle suivie pour devenir médecin. Cette formation dure deux ans et débouche sur un diplôme interuniversitaire (DIU). 

Pour les médecins du sport, les rhumatologues, les orthopédistes, etc. un diplôme universitaire (DU) de médecine manuelle-ostéopathie leur est destiné. Certains professionnels tels que les physiothérapeutes, les ergothérapeutes et les infirmiers peuvent obtenir en trois ans le diplôme en ostéopathie (DO).

Débouchés

L’ostéopathe exerce principalement sa profession en cabinet libéral. Il peut également pratiquer l’ostéopathie au sein des entreprises qui font davantage appel à ces professionnels de la santé pour soigner les salariés. Certains ostéopathes décident d’assurer le suivi d’une équipe sportive, en intégrant une équipe médicale d’un club de sport. Plus rarement, ils peuvent intervenir dans des cliniques ou dans des maisons de retraite. Par ailleurs, ceux qui ont suffisamment d’expérience peuvent se tourner vers l’enseignement dans une école d’ostéopathie afin de transmettre leurs connaissances théoriques et pratiques. Certains s’investissent dans la recherche dans le domaine de l’ostéopathie pour démontrer les résultats concluants de la discipline.

Situation du métier

De plus en plus, les patients se tournent vers les thérapies non conventionnelles, et les résultats obtenus en ostéopathie les encouragent à y avoir recours en priorité (sans passer par le médecin). Les voies de développement sont réelles, surtout lorsque la formation suivie est de qualité et le praticien compétent. Le bouche à oreille reste essentiel, de même que l’implantation géographique du cabinet d’ostéopathie. Une étude de marché s’impose pour savoir où s’installer après cinq ans d’études relativement ardues et chères.

Quelle différence entre physiothérapie et ostéopathie ?

L’ostéopathie et la physiothérapie sont deux disciplines qui se complètent. L’ostéopathe aborde le corps dans sa globalité. Il ne s’intéresse pas à la maladie mais recherche les restrictions de mobilité, tant au niveau des articulations qu’au niveau des organes, voire des os du crâne. Dans le cas d’une entorse à la cheville, à titre d’exemple, l’ostéopathe emploie sur l’endroit même de la lésion une technique spécifique de son art. Mais il considère aussi l’ensemble de la posture (une bascule du bassin par exemple) qui aurait induit une jambe en rotation interne, favorable à la survenue d’une entorse. Le physiothérapeute, lui, axe son action directement sur l’articulation ou le membre souffrant.



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