Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - États-Unis

Avec ses critiques des Européens, Trump fait fi des conventions diplomatiques

Le président américain Donald Trump dans l’État de l’Ohio, aux États-Unis, le 20 mars 2019. Reuters/Carlos Barria

Le président Donald Trump fait fi des conventions diplomatiques les plus élémentaires en se mêlant de la politique intérieure des alliés des États-Unis, ses proches ayant récemment critiqué ouvertement les dirigeantes britannique Theresa May et allemande Angela Merkel.

M. Trump ne s’est pas privé de critiquer à plusieurs reprises la façon dont Theresa May a géré l’épineux dossier du Brexit, alors même que la dirigeante britannique cherchait à établir de bonnes relations avec lui. « Je suis surpris de voir à quel point tout se passe mal », a encore lancé la semaine dernière le président américain. « Franchement, je pense que cela aurait pu être négocié d’une autre façon », a-t-il ajouté à quinze jours de la date théorique du divorce avec Bruxelles. Son fils Donald

Trump Jr est allé plus loin dans une tribune publiée mardi par le quotidien britannique Daily Telegraph, affirmant que la démocratie était « quasiment morte en Grande-Bretagne ».

Mme May a « ignoré les conseils de mon père », a ajouté le fils du président, qui, à 41 ans, aurait des ambitions politiques. « Maintenant, le temps alloué est quasiment écoulé et presque tout est perdu – exactement ce que les élites européennes voulaient. »

Le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, qui avait soutenu le Brexit dans le passé, s’est montré plus diplomatique sur la chaîne britannique Sky News, soulignant mardi que M. Trump souhaitait une issue « qui permette aux États-Unis et au Royaume-Uni de conclure à nouveau des accords commerciaux ».

« Pas un ami »

M. Trump n’est pas le premier président américain à s’exprimer sur le Brexit : son prédécesseur Barack Obama avait prévenu les Britanniques en 2016 qu’ils risquaient de se retrouver « à la dernière place » des partenaires commerciaux des États-Unis s’ils votaient en faveur d’un retrait de l’UE.

Mais des critiques aussi directes de hauts responsables américains à l’encontre de la Grande-Bretagne, généralement considérée comme l’allié le plus proche des États-Unis, auraient été impensables il y a peu.

Les réactions offusquées ne se sont pas fait attendre. « Donald Trump Junior qui dit aux Britanniques que notre démocratie est morte, c’est une plaisanterie ? » a tweeté David Lammy, un député britannique du Parti travailliste. Évoquant la rencontre du jeune Trump pendant la campagne présidentielle de 2016 avec une avocate russe qui devait supposément lui fournir des informations compromettantes sur la candidate démocrate Hillary Clinton – une rencontre qui fait l’objet d’une enquête du procureur spécial Robert Mueller – le député de l’opposition a lancé à Donald Junior : « Vous n’êtes pas un ami de la Grande-Bretagne ni de la démocratie. »

Colère à Berlin

Au même moment, l’ambassadeur des États-Unis à Berlin, Richard Grenell, provoquait la colère en Allemagne en jugeant « inquiétant » que le gouvernement allemand travaille à revoir à la baisse le niveau « déjà inacceptable » de ses dépenses militaires.

Berlin, comme tous les membres européens de l’OTAN, avait promis en 2014 de se rapprocher le plus possible en dix ans d’un budget de défense représentant 2 % du PIB, mais la planification budgétaire annoncée récemment prévoit une baisse à 1,25 % du PIB en 2023.

La classe politique allemande s’est emportée mardi contre les critiques américaines du jour, Carsten

Schneider, un responsable social-démocrate membre de la coalition de Mme Merkel, qualifiant l’ambassadeur Grenell de « naufrage diplomatique ».

Un des dirigeants du parti libéral (FDP, opposition), Wolfgang Kubick, a, lui, appelé le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas à déclarer « persona non grata » l’ambassadeur, un proche de Donald Trump, qui se comporte selon lui en « haut-commissaire d’une force d’occupation ». Plus diplomatiquement, la chancelière allemande Angela Merkel a insisté sur le fait que l’Allemagne n’allait pas sacrifier l’aide au développement pour augmenter ses dépenses militaires. Donald Trump critique régulièrement Mme Merkel, notamment sa politique d’accueil des migrants. Il se montre aussi de plus en plus critique à l’égard du président français, surtout depuis les critiques formulées par Emmanuel Macron à l’égard du nationalisme dont se revendique le président américain, lors des célébrations du centenaire de l’Armistice de la Grande Guerre.

Shaun TANDON/AFP

Le président Donald Trump fait fi des conventions diplomatiques les plus élémentaires en se mêlant de la politique intérieure des alliés des États-Unis, ses proches ayant récemment critiqué ouvertement les dirigeantes britannique Theresa May et allemande Angela Merkel.M. Trump ne s’est pas privé de critiquer à plusieurs reprises la façon dont Theresa May a géré l’épineux dossier du Brexit, alors même que la dirigeante britannique cherchait à établir de bonnes relations avec lui. « Je suis surpris de voir à quel point tout se passe mal », a encore lancé la semaine dernière le président américain. « Franchement, je pense que cela aurait pu être négocié d’une autre façon », a-t-il ajouté à quinze jours de la date théorique du divorce avec Bruxelles. Son fils Donald Trump Jr est...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut