Des manifestants du mouvement des gilets jaunes à côté d’une barricade en feu à Paris. Philippe Wojazer/Reuters
Les équipes de nettoyage étaient toujours à l’œuvre hier matin sur les Champs-Élysées, la mythique avenue parisienne dévastée la veille lors de la dix-huitième manifestation sociale des gilets jaunes auxquels s’étaient mêlés les vêtements noirs des casseurs.
Magasins de luxe pillés, leurs vitrines éclatées, kiosques à journaux détruits, immeuble noirci par un incendie, restaurant partiellement brûlé, façades taguées... Les dégâts s’annoncent considérables.
Et dès les événements retombés, samedi soir, des Parisiens curieux, des touristes étrangers sous le choc, des gilets jaunes sont venus constater leur étendue, sur fond de bruit de perceuses et de verre que l’on piétine. Un groupe venu de Toulouse, dans le sud de la France, s’arrêtait méthodiquement devant chaque vitrine, chaque mur, pour faire une photo et « garder un souvenir ». Ils étaient là dans l’après-midi pour manifester comme 10 000 autres gilets jaunes pour cet acte 18 qui a donné lieu à de violents heurts avec les forces de l’ordre.
« S’il faut ça pour se faire entendre, c’est malheureux, mais on le refera encore », expliquait Serge qui ne donnait que son prénom et dénonçait le « mépris d’un président qui va skier le jour d’une grosse manif’ ». « On ne fait pas des révolutions avec des fleurs », renchérissait Delphine qui évoque déjà les prochaines journées de manifestation. « Je mets un gilet jaune pour que mes enfants n’aient pas besoin de le faire », affirmait la frêle mère de famille. Dans les boutiques, il a fallu balayer, mettre de côté ce qui pouvait être sauvé, placer de grandes planches de bois en lieu et place des vitrines.
Dans la soirée, deux officiers de police, venus faire les premières constatations chez le joaillier Mauboussin, ont d’abord dû escalader les restes tranchants de la vitrine fracassée. À l’intérieur, tous les présentoirs étaient vides. Ramon Garcia, touriste mexicain de 29 ans, mitraillait l’un des kiosques à journaux complètement carbonisés de l’avenue : « Je suis très choqué. Je prends des photos pour montrer à la famille, aux amis. Personne ne va nous croire sinon. »
Grand débat devant le Fouquet’s saccagé
Sur la chaussée, des dizaines de fourgons des forces de l’ordre étaient stationnés, éclairant toute l’avenue du bleu de leurs gyrophares.
Peu de voitures circulaient mais beaucoup de camions de la propreté de la ville de Paris dont les agents s’activent à nettoyer les trottoirs et les caniveaux qui regorgent de pavés, de boulons, d’éclats de verre et de déchets en tout genre.
Malgré les samedis qui s’enchaînent à nettoyer après les manifestations, un employé de la ville de Paris, qui souhaite rester anonyme, confie comprendre la « colère de ceux qui ont tout cassé ». « Tout le monde souffre, la France va mal. Nous, on survit tout juste alors qu’il y en a qui s’en mettent plein les poches », raconte-t-il tout en continuant de balayer des débris calcinés.
Sur le trottoir d’en face, le Fouquet’s, restaurant dont la salle est inscrite à l’inventaire des monuments historiques, était ouvert aux quatre vents samedi soir. À l’intérieur, des ouvriers s’affairaient, protégés par une rangée de membres des forces de l’ordre. Et devant, un grand débat était engagé entre plusieurs jeunes à longues barbes et un groupe de Parisiens sortant d’un restaurant à quelques rues de là.
« Ah, ça fait bien plaisir de voir ça », lançait un jeune devant la célèbre brasserie dont l’auvent rouge et or est en grande partie brûlé. « Mais vous n’avez pas le droit de dire ça ! » s’offusque l’un des dîneurs. « Système pourri » et « institutions » à « réinventer » d’un côté, valeur du travail et importance de l’« effort » de l’autre... Leurs positions étaient irréconciliables mais les échanges se sont prolongés sur ce bout de trottoir jonché de verre, où flottait encore l’odeur de brûlé.
Marion THIBAUT / AFP


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gilet jaune un jour, gilet jaune toujours ! je participe à presque toutes les manifestations nous avons un soi disant président qui nous méprise avec son aéropage de valets et de collabos avec tout les mutilés et les blessés que nous avons eut ; sans compté les gens malades par les gaz lacrymogène , la lutte va continuer et merde à ceux qui nous désaprouvent
20 h 20, le 18 mars 2019