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À La Une - Royaume-uni

La mort d'un bébé britannique en Syrie, "tache sur la conscience du gouvernement"

L'ONG Save The Children étrille l'exécutif britannique, estimant que la mort de cet enfant "aurait pu être évitée".

Shamina Begum, 19 ans, déchue de sa nationalité britannique en février pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI) en Syrie en 2015. Photo d'archives AFP/Getty Images

Le gouvernement britannique faisait samedi l'objet de vives critiques au Royaume-Uni après l'annonce vendredi de la mort en Syrie du bébé de Shamima Begum, déchue de sa nationalité britannique en février pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI) en 2015.

Shamina Begum, 19 ans, avait demandé à rentrer au Royaume-Uni avec son fils Jarrah auquel elle avait donné naissance en février. Le gouvernement a refusé. Le ministre de l'Intérieur Sajid Javid avait alors précisé que le bébé, dont la mère ne voulait pas se séparer, disposait de la nationalité britannique mais qu'il serait "extrêmement difficile" de permettre son rapatriement depuis la Syrie.

"Un enfant innocent est décédé des suites de la déchéance de nationalité d'une Britannique. C'est insensé et inhumain", a écrit sur Twitter Diane Abbott, membre du Parti travailliste, et ministre de l'Intérieur au sein du cabinet fantôme.
"Il est moralement condamnable de laisser une jeune femme vulnérable et un enfant innocent dans un camp de réfugiés, quand on sait que le niveau de mortalité y est élevé", a-t-elle ajouté. "La mort tragique du bébé de Shamima Begum, Jarrah, est une tache sur la conscience de ce gouvernement".

L'ONG Save The Children a également étrillé l'exécutif, estimant que la mort de cet enfant "aurait pu être évitée". Elle a appelé le Royaume-Uni à "prendre ses responsabilités pour ses ressortissants présents dans le nord-est de la Syrie", où est actuellement menée une offensive contre l'ultime bastion de l'EI. "Tous les enfants associés à l'EI sont des victimes du conflits et doivent être traitées comme telles", a souligné l'ONG. "La situation périlleuse dans laquelle se trouvent ces enfants souligne la nécessité pour les pays d'origine d'assurer de manière urgente la sécurité de leurs citoyens et de les rapatrier".

Shamima Begum, originaire de l'est de Londres, a donné naissance à son troisième enfant en février, dans un camp de réfugiés du nord-est de la Syrie après avoir fui le dernier réduit de l'EI à Baghouz. Elle avait indiqué qu'elle refuserait qu'il soit séparé d'elle pour être rapatrié tout seul au Royaume-Uni.
Le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), Moustafa Bali, a confirmé vendredi à l'AFP la mort du bébé. Il aurait péri des suites d'une pneumonie, a avancé la BBC en évoquant un certificat médical. Les deux précédents enfants de Shamima Begum, nés après son départ vers la Syrie, sont morts de maladie et de malnutrition.

"La mort de tout enfant est tragique, et profondément bouleversante pour sa famille", a réagi un porte-parole du gouvernement. "Le ministère des Affaires étrangères a toujours déconseillé de se rendre en Syrie depuis avril 2011", a-t-il ajouté.


(Pour mémoire : En Grande-Bretagne, bataille juridique sur la déchéance de nationalité de Shamima Begum)



Rapatriement "extrêmement difficile"
Shamima Begum avait exprimé en février son désir de rentrer au Royaume-Uni, tout en affirmant ne pas regretter son départ vers la Syrie. Cette déclaration avait choqué l'opinion publique britannique, marquée par une série d'attentats en 2017 revendiqués par l'EI.
Son cas illustrait le dilemme de plusieurs gouvernements européens, entre interdire le retour de leurs ressortissants jihadistes pour des questions de sécurité, ou les laisser revenir pour les traduire en justice.

Sajid Javid avait pris la décision mi-février de déchoir la jeune femme de sa nationalité britannique, arguant qu'elle disposait également de la nationalité bangladaise, et ne devenait donc pas apatride, conformément au droit international.
La famille de Shamima Begum a fait appel de cette décision. Dans un courrier, elle avait réclamé l'aide du ministre de l'Intérieur pour "ramener à la maison" le fils de Shamima Begum. Le bébé est un "véritable innocent" qui doit pouvoir bénéficier du "privilège d'être élevé en sécurité dans ce pays", plaidait-t-elle.
Sajid Javid avait confirmé que le bébé disposait de la nationalité britannique mais confié devant un comité parlementaire qu'il serait "extrêmement difficile" de le rapatrier. "S'il est possible de ramener un enfant britannique dans un endroit où se trouve une représentation consulaire britannique, en Turquie par exemple, je suppose qu'il serait possible de prendre des dispositions pour aider (un retour), avec le consentement des parents", avait-il déclaré.

Le député Brandon Lewis, président du Parti conservateur, a soutenu le ministre. "En Syrie, que ce soit dans un camp ou n'importe où ailleurs, il n'y a pas de présence consulaire britannique", a-t-il déclaré samedi sur la BBC. "Le rôle du ministre de l'Intérieur dans ce pays est d'assurer la sécurité des Britanniques."


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Le gouvernement britannique faisait samedi l'objet de vives critiques au Royaume-Uni après l'annonce vendredi de la mort en Syrie du bébé de Shamima Begum, déchue de sa nationalité britannique en février pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI) en 2015.Shamina Begum, 19 ans, avait demandé à rentrer au Royaume-Uni avec son fils Jarrah auquel elle avait donné naissance en...

commentaires (6)

Sélection naturelle....

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20 h 44, le 18 août 2019

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Commentaires (6)

  • Sélection naturelle....

    Je partage mon avis

    20 h 44, le 18 août 2019

  • C,EST OUBLIER LES VICTIMES ET LEURS ENFANTS ET PLEURER LA CRIMINELLE ET SON ENFANT ! QUE CETTE ONG CHANGE DE NOM ET DISPARAISSE...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    14 h 19, le 10 mars 2019

  • ET LES MILLIERS D,ENFANTS INNOCENTS MORTS TUES PAR TOUS ET TOUTES LES BEGUM DE L,E.I. L,ONG SAVE THE CHILDREN OU ETAIT-ELLE ET QU,A -T-ELLE FAIT POUR LES SAUVER ?

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    20 h 15, le 09 mars 2019

  • Le scandale n'est pas la mort d'UN SEUL enfant Britannique, mais de MILLIERS d'enfants Syriens, Yemenites, et de toute autre nationalite.

    Michel N Fayad

    17 h 49, le 09 mars 2019

  • Ce n'est bien sûr pas à cause de la folie et de la stupidité évidentes de la mère du petit...

    NAUFAL SORAYA

    14 h 48, le 09 mars 2019

  • Cette mauvaise foi....

    NAUFAL SORAYA

    14 h 47, le 09 mars 2019

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