Le président américain Donald Trump a accusé hier le Parti démocrate d’être devenu « antijuifs ». Jonathan Ernst/Reuters
Le président américain Donald
Trump a accusé hier le Parti démocrate d’être devenu « antijuifs », après des débats houleux provoqués par les propos d’une élue musulmane sur le soutien des États-Unis à Israël.
La Chambre des représentants, désormais dominée par les démocrates, a approuvé jeudi une résolution condamnant les discours de « haine », mais ne dénonçant pas spécifiquement les propos d’Ilhan Omar, seule élue du Congrès à porter le voile islamique.
Pour le locataire de la Maison-Blanche, qui multiplie les attaques contre cette jeune élue du Minnesota dont les déclarations suscitent des tensions au sein de la famille démocrate, ce vote était « une honte ». « Les démocrates sont devenus un parti anti-Israël, ils sont devenus un parti antijuifs, et c’est regrettable », a-t-il lancé depuis les jardins de la Maison-Blanche, avant de s’envoler pour l’Alabama, État du Sud qui a été le théâtre de tornades meurtrières.
Le milliardaire républicain a par le passé été accusé de colporter des stéréotypes sur la communauté juive, et ses propos équivoques après un rassemblement de néonazis à Charlottesville en 2017, qui avaient suscité un vrai malaise dans son propre camp, sont restés gravés dans les mémoires. Il a en même temps contenté Israël en déplaçant l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.
Pour l’élue démocrate Elaine Luria, les accusations de M. Trump sont déplacées et infondées. « Comme le montrent l’histoire et le vote d’hier (jeudi) à une écrasante majorité pour condamner l’antisémitisme, il existe un soutien fort à Israël et à la foi juive parmi les démocrates », a-t-elle indiqué.
« Allégeance à un pays étranger »
Ilhan Omar, l’une des deux premières femmes musulmanes à siéger au Congrès américain, a dénoncé la semaine dernière le fait que certains lobbies poussent à faire « allégeance à un pays étranger », dans une référence à l’Aipac, puissant lobby pro-israélien aux États-Unis. De nombreuses voix se sont immédiatement élevées pour dénoncer des propos rappelant, selon elles, le stéréotype sur la « double allégeance » supposée des juifs, qui ne seraient pas « loyaux » au pays où ils vivent.
En réponse à la polémique, les chefs démocrates avaient d’abord fait circuler une résolution centrée sur l’antisémitisme, mais des élus se sont indignés, estimant qu’Ilhan Omar était particulièrement ciblée parce que femme, noire et musulmane. Le texte de consensus adopté jeudi à une très large majorité condamne l’antisémitisme, mais aussi les discriminations antimusulmanes ainsi que « l’intolérance contre toute minorité ».
Jerôme CARTILLIER / AFP


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