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Nos lecteurs ont la parole - Par Sylvain Thomas

Parfois, il vaut mieux vaut renoncer au mariage anticipé

Un bon nombre restreint de séparations et de divorces qui sont prononcés annuellement pourraient être évités si les jeunes candidats au mariage avaient recours, avant de s’unir, à une longue réflexion doublée d’une très bonne recherche sur le sujet. Pour devenir avocat ou acteur, nous sommes prêts à passer le temps qu’il faut pour nous y préparer. Eh bien ! pour le mariage, c’est la même chose. Attendons un an ou deux ans s’il le faut et nous aurons toutes les chances d’être heureux avec la jeune fille de nos rêves.

Ceux qui se marient en se connaissant à peine ont toutes les chances de commettre une erreur. S’il s’agit seulement d’un engouement physique, il disparaîtra certainement un jour. Les couples qui se sont fréquentés d’une façon suivie pendant deux ans et même trois avant de se marier ont trois fois plus de chances d’être heureux en ménage que s’il était plus sage de surseoir au mariage. Un mariage intempestif aurait peu de chances de réussir si les époux avaient précipité les fiançailles. Sensibles à ces arguments, beaucoup de « futurs » époux avaient perdu tout intérêt l’un pour l’autre.

En temps de paix, il y a parfois aussi des raisons « urgentes » pour lesquelles des fiancés sont obligés d’avancer la date de leur mariage. Mais ceux qui n’ont point cette excuse valable et ne se marient que d’une façon pressée pour apaiser leur ardeur se réservent les pires déceptions. Un mariage qui n’est pas fondé sur la raison est bâti sur le sable.

Deuxièmement, un mariage basé sur des agences matrimoniales et des centres de rencontres soit au Liban, soit à l’étranger est très risqué. Un couple s’était contacté tous les jours pendant deux ans. Ils étaient devenus très amoureux l’un de l’autre après avoir échangé leurs photos, ils avaient décidé de se marier dès que l’accréditeur du courriel reviendrait, une fois les études universitaires terminées, tout de suite, une semaine après son retour. Quand ils se revirent pour la première fois en chair et en os, ils se sentirent timides, mal à l’aise, mais ils évitèrent de s’appesantir sur cette impression pénible. Est-ce que leurs courriels sur « Facebook » n’étaient pas une preuve qu’ils se connaissaient bien et de longue date ? Formellement non ! Selon les dires d’un homme penseur et sage sur la question : « Ils connaissaient bien leurs photographies respectives, mais ils étaient amoureux d’un être qui n’existait pas en réalité. »

Quand ils se trouvèrent face à face, les yeux dans les yeux, la main dans la main et qu’ils furent obligés de se parler simplement, sans avoir recours aux artifices des belles phrases, comme dans leurs courriels, ils se sentirent aussi étrangers que si l’on venait de les présenter l’un à l’autre. Au cours de cette longue correspondance, ils n’avaient jamais appris à se connaître réellement.

D’ailleurs, on aboutit au même résultat quand les futurs époux se voient constamment, mais dans des conditions totalement différentes de celles dans lesquelles ils vivront après leur mariage. Un couple de jeunes étudiants avait eu une idylle dans une ville universitaire. L’étudiante avait toujours habité l’hôtel et n’avait aucune idée de ce qu’est un foyer familial à créer ; l’autre croyait que toutes les femmes ressemblaient à sa mère, qui était si fière de ses talents culinaires, elle qui maniait l’aiguille et le fil comme personne. Il y avait encore entre la future belle-mère et la candidate au mariage beaucoup d’autres dissemblances.

Étant donné leur cas, on leur conseilla d’attendre. Cela leur permit de prendre contact avec leurs familles respectives, d’envisager les concessions qu’ils devraient se faire mutuellement et de fixer, en connaissance de cause, les bases de leur mariage. Quand celui-ci serait décidé, ils seraient à l’abri des surprises qui, un an plus tôt, auraient pu briser leur existence.

Troisièmement. Il y avait aussi le cas de cette belle rousse qui n’avait jamais su au juste si elle voulait consacrer sa vie à un mari ou à une carrière de professeure universitaire. Jusqu’au jour où elle rencontra ce jeune brun aux cheveux fournis, elle remit la question à plus tard et se dit : « Il sera toujours temps d’envisager ce problème ; l’essentiel maintenant, c’est de ne plus se quitter. »

Elle fut mise en garde par un ami. « Si tu ne diffères pas ton mariage, tu seras sans cesse tiraillée entre ton mari et ton travail, n’osant complètement pas abandonner celui-ci pour le cas où il vous arriverait de faire involontairement des scènes de ménage. Les femmes qui travaillent ne peuvent être heureuses en ménage qu’à la condition de savoir exactement, en cas de conflit, ce à quoi elles tiennent le plus : à leur mari ou à leur métier personnel. »

Enfin, les cas les plus fréquents de mariage à déconseiller, c’est avant tout celui où les jeunes gens font des projets sur le papier, en apparence magnifiques, mais que le moindre vent contraire réduit en fumée.

Quant au cas de ce nouveau couple venu de Chypre, il avait très peu d’argent, aussi avaient-ils décidé de travailler tous les deux. Il se figurait qu’habiter un « petit appartement » ressemblant à un grand studio servant en même temps de chambre, de salon, de salle à manger, serait le paradis. « Et si un bébé était en gestation ? demanda l’oncle de la Chypriote, ce bébé mettrait par terre tout votre budget et transformerait votre appartement d’une pièce en véritable taudis. Il vaut mieux rester toujours en état de fiançailles jusqu’à ce que votre couple puisse s’établir convenablement. Car il est préférable de considérer la venue d’un bébé comme une bénédiction et non comme une catastrophe. »

Dans certains mariages, seules d’exceptionnelles qualités de cœur et d’âme peuvent permettre à un jeune couple d’être heureux malgré les circonstances défavorables. L’important, c’est de se soutenir mutuellement.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Un bon nombre restreint de séparations et de divorces qui sont prononcés annuellement pourraient être évités si les jeunes candidats au mariage avaient recours, avant de s’unir, à une longue réflexion doublée d’une très bonne recherche sur le sujet. Pour devenir avocat ou acteur, nous sommes prêts à passer le temps qu’il faut pour nous y préparer. Eh bien ! pour le mariage, c’est la même chose. Attendons un an ou deux ans s’il le faut et nous aurons toutes les chances d’être heureux avec la jeune fille de nos rêves.Ceux qui se marient en se connaissant à peine ont toutes les chances de commettre une erreur. S’il s’agit seulement d’un engouement physique, il disparaîtra certainement un jour. Les couples qui se sont fréquentés d’une façon suivie pendant deux ans et même trois avant de se marier ont...
commentaires (1)

On dit (disaient plutôt) "osmè wou nassib" ... A mon humble avis, ça reste vrai!

Wlek Sanferlou

20 h 57, le 10 mars 2019

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Commentaires (1)

  • On dit (disaient plutôt) "osmè wou nassib" ... A mon humble avis, ça reste vrai!

    Wlek Sanferlou

    20 h 57, le 10 mars 2019

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