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Moyen Orient et Monde - Algérie

Bouteflika candidat à un 5e mandat qu’il promet de ne pas finir

Le président algérien annonce l’élaboration d’une nouvelle Constitution, consacrant « la naissance d’une nouvelle république » et qui sera soumise à référendum.

Des manifestations à Paris contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Christian Hartmann/Reuters

L’équipe de campagne du président algérien Abdelaziz Bouteflika a officiellement déposé hier son dossier de candidature à la présidentielle du 18 avril, pour un 5e mandat massivement contesté en Algérie et qu’il s’est engagé à ne pas terminer. C’est son directeur de campagne Abdelghani Zaalane qui s’est chargé de déposer au Conseil constitutionnel à Alger le dossier de M. Bouteflika, hospitalisé il y a exactement une semaine en Suisse et dont le retour n’a toujours pas été annoncé. M. Zaalane a ensuite donné lecture devant la presse d’une lettre du candidat Bouteflika, dont de larges extraits avaient été lus auparavant au journal de la télévision nationale.

« J’ai écouté et entendu le cri du cœur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m’ont interpellé sur l’avenir de notre patrie », y assure M. Bouteflika, qui ne s’est pas adressé de vive voix aux Algériens depuis un AVC dont il a été victime en 2013 et qui ne fait plus que de rares apparitions en public. Les Algériens ont manifesté en masse depuis dix jours à Alger et à travers le pays contre la perspective d’un 5e mandat du chef de l’État âgé de 82 ans, élu pour la première fois en 1999 et réélu depuis sans discontinuer et toujours avec plus de 80 % des voix au 1er tour. « J’ai le devoir et la volonté d’apaiser les cœurs et les esprits de mes compatriotes » et de répondre à « leur exigence fondamentale (...) le changement du système », poursuit le président algérien qui prend « l’engagement », s’il est réélu, d’organiser « une élection présidentielle anticipée » à laquelle il ne sera pas candidat. La date de cette élection sera fixée par une « conférence nationale » lancée après le scrutin et chargée d’élaborer des « réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales » devant déboucher sur un « nouveau système ». Cette élection anticipée « assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence », assure M. Bouteflika, qui annonce aussi l’élaboration d’une nouvelle Constitution, consacrant « la naissance d’une nouvelle république » et qui sera soumise à référendum.

Contestation inédite

Le directeur de campagne de M. Bouteflika a affirmé que sa candidature avait recueilli 19 700 parrainages d’élus nationaux et locaux et 5,86 millions de parrainages d’électeurs à travers le pays. Arrivés dans plusieurs fourgons, les formulaires de ces parrainages ont été déposés hier soir au Conseil constitutionnel. Cet engagement d’un mandat abrégé du chef de l’État vise à désamorcer une contestation inédite de son pouvoir, sans pour autant reculer face à la rue qui réclame en premier lieu l’abandon de sa candidature.

En réaction à cette annonce, quelques centaines de jeunes ont défilé hier soir dans le centre d’Alger. Plus tôt dans la journée, des centaines d’étudiants ont à nouveau protesté, sans incident, dans la rue et sur les campus, à Alger et dans plusieurs villes du pays, en scandant « Non au 5e mandat », 48 heures après des manifestations monstres à travers le pays. « Bouteflika, dégage ! », « Algérie libre et démocratique », ont scandé les protestataires à Alger, de nombreux automobilistes klaxonnant au passage en signe de solidarité. Le fort déploiement policier autour du Conseil constitutionnel n’a pas empêché un cortège d’étudiants de tenter d’accéder à ses abords. La police a utilisé un canon à eau pour les disperser.

À Annaba, plusieurs centaines d’étudiants ont manifesté sur les campus et dans la rue, a rapporté à l’AFP un journaliste local, comme à Tiaret et Biskra. Le site d’informations TSA a rapporté des rassemblements estudiantins d’ampleurs diverses à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, à Bouira, Skikda, Mostaganem et Guelma. Des milliers de manifestants se sont également rassemblés hier en France contre le 5e mandat.

Huit candidats

M. Bouteflika est le 8e candidat à déposer son dossier au Conseil constitutionnel, qui doit statuer sous dix jours sur la validité des candidatures. Le président ne devrait faire face à aucun candidat susceptible de menacer sa réélection.

Principal adversaire de M. Bouteflika aux présidentielles de 2004 et 2014, son ancien Premier ministre Ali Benflis a annoncé hier renoncer à se présenter à une présidentielle qui n’a plus « lieu d’être » en raison de la contestation.

Abderrazak Makri, chef du Mouvement de la société pour la paix (MSP), principal parti islamiste qui a rompu en 2012 avec l’alliance présidentielle, a confirmé hier qu’il ne se présenterait pas, comme il l’avait annoncé, si M. Bouteflika était candidat. Le général à la retraite Ali Ghediri, qui a débarqué sur la scène politique fin 2018 en promettant « le changement », a, lui, déposé son dossier hier. Sans parti, il est difficile d’évaluer sa réelle popularité. Cinq autres petits candidats avaient auparavant remis leur dossier. Le plus connu est Abdelaziz Belaïd, 55 ans : transfuge du Front de libération nationale (FLN, formation de M. Bouteflika) qui a créé en 2012 le Front al-Moustakbel, il a recueilli 3 % des voix à la présidentielle de 2014. L’homme d’affaires Rachid Nekkaz, omniprésent sur les réseaux sociaux et qui draine des foules de jeunes enthousiastes, semble, lui, ne pas remplir les conditions d’éligibilité.

Source : AFP

L’équipe de campagne du président algérien Abdelaziz Bouteflika a officiellement déposé hier son dossier de candidature à la présidentielle du 18 avril, pour un 5e mandat massivement contesté en Algérie et qu’il s’est engagé à ne pas terminer. C’est son directeur de campagne Abdelghani Zaalane qui s’est chargé de déposer au Conseil constitutionnel à Alger le dossier de M. Bouteflika, hospitalisé il y a exactement une semaine en Suisse et dont le retour n’a toujours pas été annoncé. M. Zaalane a ensuite donné lecture devant la presse d’une lettre du candidat Bouteflika, dont de larges extraits avaient été lus auparavant au journal de la télévision nationale. « J’ai écouté et entendu le cri du cœur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m’ont interpellé sur...
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