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À La Une - Liban

Nouvelle passe d'armes entre Joumblatt et ses opposants druzes autour du cheikh Gharib

La polémique a été provoquée par une décision présumée du régime syrien d'imposer à tout cheikh druze libanais souhaitant se rendre en Syrie l'obtention d'une carte d'identification de la part du cheikh Nasreddine el-Gharib, ce qui a suscité l'ire de Walid Joumblatt.

L'émir druze Talal Arslane, le leader druze Walid Joumblatt et l'ancien ministre druze Wi'am Wahhab. Photos Ani

De nouveaux échanges acerbes ont opposé samedi le leader druze libanais Walid Joumblatt à ses opposants coreligionnaires prosyriens, l'ancien ministre Wi'am Wahhab et l'émir Talal Arslane, autour du cheikh druze Nasreddine el-Gharib, reconnu comme leader spirituel de la communauté par les rivaux de M. Joumblatt.

La polémique a été provoquée par une décision présumée du régime syrien du président Bachar el-Assad d'imposer à tout cheikh druze libanais souhaitant se rendre en Syrie l'obtention d'une carte d'identification de la part du cheikh Nasreddine el-Gharib, ce qui a suscité l'ire de Walid Joumblatt.

"Malgré nos divergences de vue avec le cheikh Nasreddine el-Gharib créées par l'axe de la moumana'a locale, syrienne et régionale, je respecte le cheikh el-Gharib ainsi que son rang", a écrit M. Joumblatt sur son compte Twitter. "Je lui conseille de s'éloigner de tout rôle n'étant pas digne de lui. Laissez d'autres jouer les mauvais rôles qui rappellent Rustom Ghazalé", a-t-il conclu, en référence à l'ancien chef des services de renseignement syriens au Liban, décédé en 2015.

M. Wahhab a répondu moins d'une demi-heure après le message du chef du Parti socialiste progressiste, plutôt proche du cheikh Akl druze reconnu par l’État, le cheikh Naïm Hassan. "Walid Bek, notre cheikh Akl a été nommé par plus de mille cheikhs à Khaldé. Le vôtre a été nommé par un décret émanant du pouvoir, a écrit M. Wahhab sur Twitter. Nous attendons de vous que vous préserviez la dignité de nos cheikhs immaculés. Nous nous abstenons de nous en prendre à vos cheikhs coupables d'avoir porté atteinte au rôle national et résistant de Nasreddine el-Gharib", a-t-il conclu.

Le chef du Parti démocratique libanais, l'émir druze Talal Arslane, autre opposant à M. Joumblatt, a également posté sur Twitter : "Le cheikh Akl Nasreddine el-Gharib bénéficie d'une légitimité bien plus grande que tous les obligés corrompus, voleurs, pilleurs et trafiquants portant les habits de dignitaires que vous avez légitimés". M. Arslane a appelé le leader du PSP à "rester dans le domaine politique". 

M. Joumblatt est revenu à la charge en cours d'après-midi : "Je me suis permis d'attirer l'attention en toute politesse et respect à la question des laisser-passer et mes propos sont clairs. Je ne savais pas que Rustom Ghazalé et Jameh Jameh (deux anciens responsables du régime syrien tués durant le conflit qui ravage le pays depuis 2011) s'étaient réincarnés", a-t-il ironisé.

Wi'am Wahhab lui a aussitôt répondu : "Tu me connais bien, Walid Bey, et tu étais avec moi à Chtaura chez Rustom Ghazalé (lorsque celui-ci était chef des services de renseignement syriens au Liban). Il aurait été courageux de l'affronter à cette époque. Mais aujourd'hui tu parles de personnes décédées auprès de qui tu faisais la queue, alors qu'aujourd'hui, tu fais la queue chez quelqu'un d'autre".  "Nous croyons en la réincarnation, mais Rustom et Jameh ne se réincarnent pas en la personne de Wi'am Wahhab et Talal Arslane, mais en celle de polythéiste comme toi, et tu sais ce que je veux dire par là, nos cheikhs le savent aussi", a ajouté Wi'am Wahhab.

En soirée, ce dernier a effacé ses tweets, affirmant répondre à une demande de cheikhs druzes, se défendant toutefois d'avoir lancé la polémique. Walid Joumblatt a lui aussi effacé ses messages sur le réseau social, affirmant que "la question d'aller ou non en Syrie et la manière de le faire ne me concerne pas". Il a également réitéré son "respect" au cheikh Gharib et a appelé ses partisans à "ne pas prêter oreille à des déclarations par ci et par là". Talal Arslane a lui aussi appelé ses partisans à ne plus évoquer ce sujet, afin de faire baisser la tension.

Le ministre de l'Industrie, Waël Bou Faour, membre du PSP, avait pour sa part accusé un peu plus tôt le régime syrien de "s'ingérer dans les affaires intérieures libanaises" et de "tenter de créer la discorde, laquelle n'aura pas lieu". "Le passage obligé qui, dit-on, a été mis en place par le régime syrien pour l'entrée des hommes de religion druzes en Syrie est une preuve supplémentaire du retour de ce régime à ses ancienne pratiques", a dénoncé M. Bou Faour. "Ces faits sont mis à la disposition des Libanais qui appellent à une ouverture en direction du régime (de Bachar el-Assad). L’État libanais doit prendre position contre la discrimination que le régime syrien veut instaurer entre les Libanais", a conclu M. Bou Faour.

Pendant de longues années, l'élection du Conseil religieux druze et la succession du leader spirituel de cette communauté avaient suscité des tensions entre MM. Joumblatt et Arslane, le chef du PSP refusant de reconnaître l'autorité spirituelle de Bahjat Ghaïth, qui avait été élu à titre intérimaire en 1991 après le décès de son prédécesseur. En 2006, alors qu'un nouveau cheikh Akl devait être élu, Talal Arslane avait nommé le représentant spirituel de son propre clan, le cheikh Nasreddine el-Gharib, malgré l'élection officielle par le conseil de cheikh Naïm Hassan, reconnu par l’État.

A l'occasion du sommet économique de Beyrouth en janvier dernier, la présidence de la République avait invité le cheikh Gharib, ce qui avait provoqué la colère du cheikh Hassan.


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De nouveaux échanges acerbes ont opposé samedi le leader druze libanais Walid Joumblatt à ses opposants coreligionnaires prosyriens, l'ancien ministre Wi'am Wahhab et l'émir Talal Arslane, autour du cheikh druze Nasreddine el-Gharib, reconnu comme leader spirituel de la communauté par les rivaux de M. Joumblatt.La polémique a été provoquée par une décision présumée du régime syrien...

commentaires (2)

C'est une affaire qui ne me regarde pas., je la constate tout simplement. Ceux qui ont assassiné Kamal Joumblat à 100 mètres d'un point de contrôle de l'armée d'occupation syrienne à Baakline le 16 mars 1977, sont de retour pour parachever leur sale besogne. Ce n'est plus une boucherie, c'est un abattoir. Attention !

Honneur et Patrie

12 h 56, le 03 mars 2019

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Commentaires (2)

  • C'est une affaire qui ne me regarde pas., je la constate tout simplement. Ceux qui ont assassiné Kamal Joumblat à 100 mètres d'un point de contrôle de l'armée d'occupation syrienne à Baakline le 16 mars 1977, sont de retour pour parachever leur sale besogne. Ce n'est plus une boucherie, c'est un abattoir. Attention !

    Honneur et Patrie

    12 h 56, le 03 mars 2019

  • ON NE PEUT PAS ARRETER DE SE LA BALANCER DANS LES MEDIAS ET AUTREMENT ET S,ATTABLER A SOUTENIR LE GOUVERNEMENT DANS SES REFORMES SANS PARASITAGE AUCUN ?

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 00, le 02 mars 2019

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