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Culture - Entretien croisé

Reda Hoballah et Ivan Debs : Rêvez pour vous réveiller !

Dans le cadre de son troisième ouvrage « La Révolution de l’Éveil »*, où le lecteur, tel un ami, est invité à une quête possible du bonheur intérieur, Reda Hoballah a fait appel à l’imagerie d’Ivan Debs pour faire écho à son texte. Interview croisée de l’auteur et de l’illustrateur de cet essai apaisant et aux accents métaphysiques...

Yvan Debs et Reda Hoballah, deux « frères » libanais d’Abidjan. Photo DR

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Reda Hoballah : J’avais entendu parler, auparavant, du travail d’Ivan. Lorsque j’ai fini l’écriture de La Révolution de l’Éveil, je cherchais un illustrateur qui soit capable de mettre en images les idées que je tenais à faire ressortir de cet essai. Une amie m’a donc parlé d’Ivan et nous a mis en contact. L’identité très marquée de ses illustrations, cette signature qui lui est propre et reconnaissable parmi mille m’ont aussitôt séduit, ainsi que l’idée que mes écrits fassent écho à son monde et vice versa.

Ivan Debs : Je ne connaissais pas le travail de Reda. Je ne suis pas un grand lecteur de romans, me dédiant plutôt à la bédé et aux documentaires. Mais l’idée que ce soit un « frère » d’Abidjan – nous sommes tous les deux nés en Côte d’Ivoire – qui fasse appel à moi, et surtout pour un livre aux accents métaphysiques, m’a tout de suite convaincu d’accepter ce très beau projet.

Reda Hoballah, comment vous est venue l’idée de « La Révolution de l’Éveil » ?

Je traversais une période où je ressentais une telle déception, liée à la perte de personnes qui m’étaient chères, que j’en devenais profondément malheureux.

Le bonheur me manquait, tout simplement. En le cherchant, je me suis rendu compte que celui-ci était finalement à la portée de tout un chacun, que nous avons tous la capacité d’être heureux, même si c’est quelque chose que nous avons souvent tendance à surévaluer, en étant intolérants envers nous-mêmes. Si le bonheur existe, en fait, c’est qu’il nous est accessible.

À travers une sorte de parcours initiatique qui m’a conduit au final à trouver cette paix intérieure, j’ai donné naissance à ce livre à travers lequel je m’adresse au lecteur comme à un ami, l’invitant à cet éveil, c’est-à-dire cette sérénité autosuffisante dont le cheminement est là, entre nos mains. J’ai voulu, en fait, partager cette pulsion de bonheur, d’où le terme « révolution » dans le titre.

Et pourquoi avez-vous pensé illustrer votre essai ?

J’ai voulu que mon livre s’inscrive dans la lignée du Petit Prince de Saint-Exupéry, dans une force littéraire hybride qui mêle la profondeur du propos à la facilité de lecture que confèrent les illustrations. Quelque chose d’à la fois agréable et marquant. Je crois que la contribution d’Ivan a permis de mettre en images la partie apaisante de mon travail, et aussi d’entrer plus en profondeur dans le thème de cet éveil.

Ivan Debs, qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

Ce qui est essentiel pour moi, lorsqu’on m’approche pour une collaboration, c’est la cohérence et la concordance de mes idées par rapport à celles de l’autre partie. C’était le cas avec les textes de Reda, on peut appeler ça Dieu ou le hasard, mais ils ont immédiatement trouvé un écho dans mon travail dont certaines illustrations avaient déjà abordé des thèmes similaires. J’avais envie que mes dessins ouvrent d’autres fenêtres sur ses textes…

Comment s’est déroulé ce travail en binôme ?

Reda Hoballah : Quand Ivan est « monté à bord », il ne nous restait plus qu’un mois, donc très peu de temps, et je me suis mis à lui envoyer chapitre par chapitre, en le guidant à travers les idées que je voulais mettre en exergue… Bien qu’on ne se connaissait pas auparavant, on s’est très vite compris. C’était fluide.

Ivan Debs : Comme les textes et le sujet dans sa globalité m’intéressaient beaucoup, j’ai travaillé rapidement.

J’étais très inspiré. Je garde un excellent souvenir de cette collaboration, de ce genre de projets qui deviennent exceptionnels dans la médiocrité ambiante, d’autant que Reda m’a octroyé une énorme liberté… C’est rare.

Il semble pourtant y avoir une sorte de contraste entre l’espoir qui ressort de l’angle abordé par Reda Hoballah et le style assez apocalyptique des illustrations d’Ivan Debs…

Reda Hoballah : Oui, Ivan, tes dessins sont des gifles ! Il y a quelque chose d’alarmant là-dedans.

Ivan Debs : Il est difficile pour moi d’évaluer mon propre travail. Mais, de toute manière, je pense que malgré toute l’obscurité dont mes illustrations peuvent, par moments, être imbibées, on y retrouve toujours une touche d’espoir.

Après tout, je suis un grand fan de reggae !

D’où provient cet espoir que vous partagez ?

Reda Hoballah : Sans doute parce que je suis de signe Gémeaux, je me vois comme un éternel rieur et optimiste. Ce que je cherche, dans mon quotidien, c’est le rêve. On a tendance à étiqueter les rêveurs comme des êtres à part, or, je pense que ceci est essentiel à notre survie.

Ivan Debs : Je pense tout pareil. Même si cela semble philosophique et alambiqué, c’est au final une manière simple d’aborder la vie !

*« La Révolution de l’Éveil » de Reda Hoballah, illustrations d’Ivan Debs, aux éditions du Panthéon. Sortie le 18 mars 2019.


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