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Moyen Orient et Monde - Syrie

Le sort du dernier réduit de l’EI toujours lié à celui des civils

Des véhicules militaires appartenant aux FDS sont aperçus dans la région de Deir ez-Zor, hier. Bulent Kilic/AFP

La force antijihadistes soutenue par Washington tente toujours d’évacuer les derniers civils piégés dans l’ultime réduit du groupe État islamique dans l’est de la Syrie où un attentat attribué à l’EI a fait 20 morts hier.

L’attaque, qui a frappé le village de Cheheil, à une dizaine de kilomètres seulement d’une grande base des combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), illustre la capacité que conservent les jihadistes à frapper, même s’ils sont désormais acculés dans une petite poche d’un demi-kilomètre carré.

À son apogée, des milliers d’étrangers venus d’Europe, d’Asie, mais aussi du continent américain avaient rejoint les vastes régions et grandes villes conquises par l’EI en Syrie et en Irak en 2014.

De ce « califat » autoproclamé, il ne reste qu’un réduit dans le village de Baghouz, aux confins orientaux de la Syrie, tout près de la frontière irakienne. C’est dans ce secteur que le jihadiste français Fabien Clain, considéré comme la « voix » ayant revendiqué au nom de l’EI les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, a été tué, a-t-on appris hier de sources sécuritaire et proche du dossier à Paris. Selon la radio France Inter, qui a révélé l’information, son frère Jean-Michel, autre figure française du jihad, a été grièvement blessé lors d’une frappe de la coalition internationale antijihadistes.

« Revenez demain »

À Baghouz, l’EI ne tient plus que quelques pâtés de maisons. Les jusqu’au-boutistes du « califat » sont retranchés depuis plusieurs jours dans des tunnels, au milieu d’un océan de mines. Mais il y a aussi des civils, principalement des femmes et des enfants de jihadistes, que les FDS cherchent à évacuer pour relancer leur offensive qui piétine.

Hier, à une position des FDS près de Baghouz, une journaliste de l’AFP a vu une cinquantaine de gros camions se diriger vers le village, avant de rebrousser chemin, vides. « Nous n’avons pas pu entrer », a expliqué Hossam, un des organisateurs de ce transfert, qui n’a pas été en mesure d’expliquer la raison de cet échec. « À une position des FDS, on a trouvé 15 personnes, dont des femmes et des enfants, notamment une Française et une Égyptienne. On les a prises », a-t-il toutefois ajouté. « Les combattants des FDS nous ont dit de revenir demain (vendredi) matin », a encore commenté ce responsable.

Des centaines de personnes, dont des femmes et des enfants, se trouvaient à une autre position des FDS, mais l’AFP n’a pas été autorisée à leur parler. Il s’agissait vraisemblablement des personnes évacuées la veille à bord d’une dizaine de gros camions-remorques. Les FDS ont par ailleurs transféré en Irak 130 membres irakiens de l’EI arrêtés en Syrie, ont indiqué hier des sources de sécurité irakiennes.

Depuis début décembre, près de 40 000 personnes, principalement des familles de jihadistes, ont fui le secteur, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Elles sont soumises à des fouilles et des interrogatoires poussés afin de permettre aux FDS d’identifier les jihadistes potentiels.

« Risque de mort »

Les hommes soupçonnés d’appartenance à l’EI sont détenus. Les civils, dont les femmes et les enfants de jihadistes, sont envoyés vers des camps de déplacés dans le Nord-Est syrien. Ces camps accueillent plus de 2 500 enfants étrangers issus de plus de 30 pays, dont 1 100 seulement sont arrivés depuis janvier, a révélé hier l’ONG Save the Children. Parmi ces enfants, 38 ne sont accompagnés d’aucun parent, a indiqué l’organisation, qui dénonce une situation humanitaire « désespérante », affirmant que « les enfants sont exposés au risque de mort ».

La question des étrangers retenus en Syrie est un véritable casse-tête tant pour les autorités semi-autonomes kurdes, qui réclament leur rapatriement, que pour les Occidentaux, qui rechignent globalement à les reprendre.

Malgré les revers, les jihadistes continuent de frapper avec des attaques kamikazes et des attentats perpétrés dans des territoire contrôlés par les FDS via des « cellules dormantes ». Au moins 20 personnes ont ainsi été tuées par un attentat à la voiture piégée près du champ pétrolier d’al-Omar, transformé par les FDS en base militaire, dans la province orientale de Deir ez-Zor. Parmi les victimes figurent 14 employés des infrastructures pétrolières d’al-Omar et six combattants des FDS, selon l’OSDH. Un porte-parole des FDS, Adnane Afrine, a confirmé l’attentat, accusant une « cellule » de jihadistes. Si l’EI est sur le point de perdre son ultime territoire en Syrie, des jihadistes sont aussi disséminés dans le désert central de la Badiya.

Source : AFP

La force antijihadistes soutenue par Washington tente toujours d’évacuer les derniers civils piégés dans l’ultime réduit du groupe État islamique dans l’est de la Syrie où un attentat attribué à l’EI a fait 20 morts hier.L’attaque, qui a frappé le village de Cheheil, à une dizaine de kilomètres seulement d’une grande base des combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), illustre la capacité que conservent les jihadistes à frapper, même s’ils sont désormais acculés dans une petite poche d’un demi-kilomètre carré.À son apogée, des milliers d’étrangers venus d’Europe, d’Asie, mais aussi du continent américain avaient rejoint les vastes régions et grandes villes conquises par l’EI en Syrie et en Irak en 2014.De ce « califat » autoproclamé, il ne reste...
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