racisme

En France, la communauté juive appelle à "un sursaut national"

Le gouvernement promet une réponse "pénale, judiciaire" forte.

Le portrait de Simone Veil recouvert de graffitis antisémites sur une boîte aux lettres, à Paris, le 11 février 2019 à Paris. AFP / JACQUES DEMARTHON

La communauté juive en France a appelé à "un sursaut national" après la forte hausse du nombre des actes antisémites en 2018 dans ce pays et un week-end marqué par plusieurs cas de vandalisme, unanimement condamnés par la classe politique.

L'image de Simone Veil - une figure de la vie politique française et européenne, déportée à 15 ans dans le camp de concentration d'Auschwitz - a ainsi été barrée d'une croix gammée, un tag "Juden" (Juifs en allemand) a été tracé sur la vitrine d'un restaurant parisien et un arbre à la mémoire d'Ilan Halimi a été coupé. Ce jeune Juif -il était âgé de 23 ans- était mort après avoir été séquestré et torturé pendant plusieurs semaines en 2006 en banlieue parisienne.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat, a exhorté à "un sursaut national", déplorant, auprès de l'AFP, la "libération et la banalisation de la haine antijuive". Joël Mergui, le président du Consistoire israélite de France, a quant à lui évoqué "un climat où la désinhibition des haines est de plus en plus patente". "La situation est ancienne", a noté Jean Veil, avocat et fils de Simone Veil. "Personne n'osait manifester son antisémitisme après la Guerre. Mais au fond, on sentait que la lèpre était toujours là". "Ces actes sont répugnants", a réagi mardi le Premier ministre Edouard Philippe, qui doit décerner dans la soirée le prix Ilan Halimi à la mémoire de ce jeune homme. "Je partage cette colère qui, je crois, est très largement partagée au sein du peuple français".

Au cours de la Deuxième guerre mondiale, le régime de Vichy en France a activement collaboré avec l'occupant allemand. Il s'est notamment rendu responsable de rafles massives au sein de la population juive. Cette politique fit de 10.000 à 15.000 morts et 80.000 civils furent déportés.

Depuis la Shoah, ce pays a régulièrement connu les polémiques liées aux déclarations de personnalités négationnistes comme l'essayiste d'extrême droite Alain Soral, condamné à plusieurs reprises pour des propos antisémites.


(Lire aussi : Antisionisme, antisémitisme, sortir de l’amalgame)


Condamnation unanime

Lundi, le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner avait dénoncé un "poison", annonçant une hausse de 74% du nombre des actes antisémites en 2018 : 541 contre 311 l'année précédente, a précisé le ministère.

183 "actions antisémites" - dont un homicide - et 358 menaces ont été recensées, selon un bilan du ministère rendu public mardi, qui traduit une forte poussée l'an dernier après deux années consécutives de repli. Ce total reste toutefois inférieur au pic de 808 actes antisémites en 2015.

En mars 2012, le jihadiste Mohamed Merah avait tué par balle trois militaires, puis trois enfants et un enseignant juifs à Toulouse et Montauban (sud-ouest). En janvier 2015, un attentat contre le magasin Hyper Cacher à Paris avait fait quatre morts, tous des Juifs.

Dans un rapport sur l'année 2017 publié en mai 2018, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) en France soulignait que les Juifs étaient l'une des minorités restant les "mieux acceptées dans l'opinion publique, malgré la persistance des préjugés antisémites traditionnels liant les Juifs à l'argent, au pouvoir et leur reprochant leur communautarisme".

"La persistance" de ces "vieux préjugés" et "les violences dont ils sont victimes requièrent toutefois une extrême vigilance", relevait-elle.

Le bilan officiel annoncé mardi fait apparaître que les faits antimusulmans, au nombre de 100, sont quant à eux à leur plus faible niveau en France depuis 2010.

Le nombre des faits racistes et xénophobes hors actes antisémites et antimusulmans se sont pour leur part de nouveau repliés en 2018 (496, -4,2%) après une décrue spectaculaire en 2017 (-14,8%), note par ailleurs le ministère.

Le gouvernement français, par la voix de son porte-parole Benjamin Griveaux, a promis une réponse "pénale, judiciaire" forte. Il a lancé en mars 2018 un plan triennal de lutte contre l'antisémitisme et le racisme, qui prévoit notamment l'expérimentation d'"un réseau d'enquêteurs et de magistrats spécifiquement formés à la lutte contre les actes haineux".


Lire aussi
Antisémitisme : l'UE "déterminée" à assurer un avenir aux juifs en Europe


Pour mémoire
Le paradoxe Trump, champion d’Israël et... des suprémacistes antisémites

Les organisatrices de la "Marche des femmes" taxées d'antisémitisme

L'UE s'alarme d'une étude sur l'antisémitisme, "maladie incurable"


La communauté juive en France a appelé à "un sursaut national" après la forte hausse du nombre des actes antisémites en 2018 dans ce pays et un week-end marqué par plusieurs cas de vandalisme, unanimement condamnés par la classe politique.

L'image de Simone Veil - une figure de la vie politique française et européenne, déportée à 15 ans dans le camp de concentration...

commentaires (1)

Un rituel.

FRIK-A-FRAK

22 h 57, le 12 février 2019

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Un rituel.

    FRIK-A-FRAK

    22 h 57, le 12 février 2019