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Économie

Faillite de Germania : vols annulés, la filiale suisse épargnée

Transport

La compagnie assurait 11 liaisons par semaine entre Beyrouth et quatre destinations en Allemagne et en Suède.

06/02/2019

La compagnie aérienne allemande Germania a déposé le bilan et annoncé hier sur son site internet l’annulation de tous les vols qu’elle prévoyait. Basée à Berlin et disposant d’une flotte de 37 appareils, Germania desservait principalement depuis l’Allemagne et la Suisse des destinations touristiques autour de la Méditerranée et au Moyen-Orient, pour une moyenne de 4 millions de passagers par an. Le transporteur allemand assurait notamment 11 vols par semaine entre Beyrouth et quatre destinations européennes, soit trois villes allemandes – Berlin, Düsseldorf, Hambourg –, ainsi que la capitale suédoise, Stockholm.

La faillite de Germania n’a toutefois aucune incidence sur les activités de Germania Flug AG, sa filiale suisse, qui assure notamment deux liaisons par semaine entre Beyrouth et Zurich. Bulgarian Eagle, une autre filiale de la compagnie allemande spécialisée dans les ACMI (Aircraft Crew Maintenance Insurance) ne sera pas non plus affectée. Les ACMI sont des accords de location d’avion passés entre deux compagnies aériennes et dans lesquels la première fournit l’équipage, l’entretien et l’assurance à la seconde, qui paye les heures d’opérations.


Remboursements
Germania a appelé les clients qui avaient acheté auprès d’un autre voyagiste des formules comprenant vol et hébergement à contacter leur tour-opérateur afin d’organiser un autre transport. La compagnie a néanmoins regretté de ne pas avoir de solution de substitution pour les passagers ayant effectué leurs réservations directement auprès d’elle.

« Au Liban, cela concerne 90 % des clients de Germania. Ceux-là doivent directement contacter le transporteur pour être remboursés », a indiqué à L’Orient-Le Jour Walid Temsah, président de Tala Tours qui représente la compagnie allemande au pays du Cèdre. Tala Tour avait déjà dû composer avec l’arrêt d’une autre compagnie aérienne à bas coût en octobre dernier, la chypriote Cobalt Air, qui assurait six liaisons par semaine entre Beyrouth et Larnaca. « Les volumes ne sont pas comparables, et nous gérons cette situation sans pression », assure-t-il.

L’annonce du dépôt de bilan de Germania survient alors que la compagnie était en discussion avec des investisseurs depuis plusieurs semaines afin de tenter de trouver les financements nécessaires pour poursuivre ses activités.

Dans son communiqué, la direction du transporteur a déclaré ne pas avoir pu réunir les financements nécessaires pour « couvrir un besoin à court terme en liquidités ». « Notre seule possibilité était de nous déclarer insolvables. C’est bien sûr l’incidence qu’aura cette décision sur nos salariés que nous regrettons le plus », a ainsi écrit le directeur général Karsten Balke, avant de présenter ses excuses aux passagers qui avaient acheté un billet.

Germania a expliqué ses difficultés par « des événements imprévisibles tels que des hausses considérables du prix du kérosène l’été dernier avec affaiblissement simultané de l’euro face au dollar, des retards importants dans l’intégration d’appareils au sein de la flotte et un nombre inhabituellement élevé d’opérations de maintenance nécessitées par les appareils de la compagnie ». Le cas de Germania n’est pas isolé : en 2018, près d’une dizaine de compagnies aériennes « low cost » ont mis la clé sous la porte.

Fin janvier, Karsten Balke avait pourtant affirmé que le transporteur avait réussi à assurer le capital nécessaire pour assurer ses opérations à moyen et long terme, laissant présager une sortie de crise, dans un marché de plus en plus concurrentiel.

Selon une source proche du dossier contactée par L’Orient-Le Jour, « les discussions pour sécuriser définitivement l’avenir de la compagnie auraient échoué dans la dernière ligne droite contre toute attente ».

Le gouvernement allemand a pour sa part exclu hier la possibilité que l’État vienne au secours de la compagnie. « Il s’agit d’un cas d’économie du marché », a déclaré le ministre de l’Économie allemand Peter Altmaier, indiquant que le gouvernement n’avait « pour le moment pas de plan concret » pour soutenir l’entreprise.

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