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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Macron et Sissi assument leurs désaccords sur les droits humains

Une trentaine d’accords et de contrats commerciaux ont été signés au Caire, pour près d’un milliard d’euros.

Emmanuel Macron et Abdel Fattah el-Sissi ont défendu chacun sa vision des droits humains lundi au Caire, au deuxième jour d’une visite destinée à renforcer le « partenariat stratégique » entre les deux pays. The Egyptian Presidency/Handout via Reuters

Les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah el-Sissi ont défendu chacun leur vision des droits humains lundi au Caire, au deuxième jour d’une visite destinée à renforcer le « partenariat stratégique » entre les deux pays.

D’un ton courtois mais ferme, les deux dirigeants ont assumé leur désaccord, d’abord au cours d’un tête-à-tête de deux heures dans le palais présidentiel de l’Ittihadiya, puis devant les journalistes au cours d’une conférence de presse dominée par cette question des droits humains.

Le sujet, sensible, a été évoqué non seulement pour l’Égypte mais aussi pour la France, Emmanuel Macron étant appelé à défendre l’usage de la force lors des manifestations des « gilets jaunes ». « On peut se dire les choses de manière très franche (...) sans considérer qu’on vient ni donner des leçons ni déstabiliser », a estimé M. Macron.

Le président français avait donné le ton hier en annonçant qu’il allait parler « plus ouvertement » avec M. Sissi de la question des droits humains en Égypte, où les autorités font l’objet de vives critiques des ONG internationales.

En octobre 2017, lorsqu’il avait reçu son homologue égyptien à Paris, il avait refusé de lui « donner des leçons », ce qui avait été dénoncé avec force par ces organisations.

Une région troublée différente de l’Europe

Mais, depuis, « les choses ne sont pas allées dans la bonne direction » en Égypte, a déploré hier Emmanuel Macron, car des « blogueurs, des journalistes et des activistes » ont été emprisonnés. Or, « la stabilité et la paix durable vont de pair avec le respect des libertés de chacun, de la dignité de chacun et d’un État de droit », a-t-il avancé. Une « société civile dynamique, active, inclusive reste le meilleur rempart contre l’extrémisme et une condition même de la stabilité », a enchaîné le président français.

« N’oubliez pas que nous sommes dans une région troublée », lui a répondu Abdel Fattah el-Sissi, arrivé au pouvoir en 2013, deux ans après le printemps arabe. « Le projet d’établir un État religieux » n’a « pas réussi en Égypte », a-t-il rappelé en faisant référence à la présidence de l’islamiste Mohammed Morsi (2012-13), renversé par l’armée. Pour l’ex-chef de l’armée, « nous ne sommes pas comme l’Europe ou comme l’Amérique (...), on ne peut pas imposer à toutes les sociétés un seul chemin ». D’ailleurs, « les blogueurs parlent un langage tout à fait différent de la réalité que nous vivons », a ajouté M. Sissi, en soulignant que l’Égypte ne serait « pas construite par les blogueurs mais par le travail, l’effort et la persévérance ». « Les 2,5 millions » d’Égyptiens qui naissent chaque année « ont besoin d’écoles, de nourriture et de soins médicaux », a-t-il avancé.

Près d’un milliard d’euros

Emmanuel Macron avait pris soin de préciser qu’il était conscient des immenses défis auxquels fait face ce pays de 100 millions d’habitants, confronté notamment à la menace de groupes jihadistes. « Je ne mésestime rien de toutes les difficultés de rebâtir un État, de développer une économie, et donc je ne fais aucun raccourci, je ne donne aucune leçon », a-t-il souligné.

Plusieurs ONG, dont Amnesty et Human Rights Watch (HRW), avaient mis la pression sur le chef de l’État français en l’appelant hier à « délivrer un discours fort sur la situation catastrophique des droits humains » en Égypte, « en demandant la libération de tous les prisonniers injustement détenus ». Elles ont aussi exigé « la suspension de toute vente française d’armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international ». M. Sissi a assuré que cela n’était pas le cas.

L’Égypte est devenue le troisième client de vente d’armements pour la France, qui a obtenu quelque six milliards d’euros de commandes depuis 2015, dont la vente de 24 avions de combat Rafale. La visite n’a pas donné lieu à de nouvelles commandes militaires mais une trentaine d’accords et de contrats commerciaux ont été signés, pour près d’un milliard d’euros. Figure notamment un protocole d’accord entre Vinci et les autorités égyptiennes pour la construction de 5,6 km de tunnel pour le métro du Caire. Paris espère également profiter de la construction de la nouvelle capitale administrative égyptienne, à l’est du Caire, que les deux dirigeants ont brièvement visité dans l’après-midi.

Emmanuel Macron terminera sa visite aujourd’hui par une visite aux deux principaux responsables religieux du pays, le grand imam de la mosquée al-Azhar et le pape copte Tawadros II.

Source : AFP

Les présidents français Emmanuel Macron et égyptien Abdel Fattah el-Sissi ont défendu chacun leur vision des droits humains lundi au Caire, au deuxième jour d’une visite destinée à renforcer le « partenariat stratégique » entre les deux pays.D’un ton courtois mais ferme, les deux dirigeants ont assumé leur désaccord, d’abord au cours d’un tête-à-tête de deux heures dans le palais présidentiel de l’Ittihadiya, puis devant les journalistes au cours d’une conférence de presse dominée par cette question des droits humains.Le sujet, sensible, a été évoqué non seulement pour l’Égypte mais aussi pour la France, Emmanuel Macron étant appelé à défendre l’usage de la force lors des manifestations des « gilets jaunes ». « On peut se dire les choses de manière très franche...
commentaires (2)

WOW , C LA GLOIRE. des contrats comerciaux et autres accords pour 1 MILLIARD ? c a dire 10 $ -pardon 10 EU - par habitant ! OUFFFFF ! les egyptiens peuvent tranquilles quant a leur devenir economique . C dire combien la confiance regne entre ces 2 la.

Gaby SIOUFI

17 h 17, le 29 janvier 2019

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Commentaires (2)

  • WOW , C LA GLOIRE. des contrats comerciaux et autres accords pour 1 MILLIARD ? c a dire 10 $ -pardon 10 EU - par habitant ! OUFFFFF ! les egyptiens peuvent tranquilles quant a leur devenir economique . C dire combien la confiance regne entre ces 2 la.

    Gaby SIOUFI

    17 h 17, le 29 janvier 2019

  • Macron prétend ne pas vouloir donner de leçons, mais que fait-il d'autre? IL ne cesse d'en donner à l'Italie, la Hongrie ou la Pologne sur le problème de l'immigration. De quoi se mêle-t-il? Par ailleurs, l'AFP, comme beaucoup de journalistes français emploie continuellement l'expression "droits humains", traduction littérale de l'anglais, et ceci pour complaire à l'idéologie féministe qui rejette le sens général du mot "homme". Or, cette expression n'a aucun sens. Les droits peuvent être "légitimes", "fondamentaux", "historiques" etc. mais pas "humains". Cet adjectif ne peu qualifier que, non pas les droits eux-mêmes, mais les êtres auxquels ils s'appliquent.

    Yves Prevost

    07 h 29, le 29 janvier 2019

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