Le chef de l'Etat libanais, Michel Aoun (c), présidant une réunion financière au palais de Baabda, le 24 janvier 2019. Photo ANI
Le ministre libanais sortant des Finances, Ali Hassan Khalil, et le président de la commission parlementaire des Finances et du budget, le député Ibrahim Kanaan, se sont voulus rassurants jeudi à l'issue d'une réunion financière au palais de Baabda avec le chef de l'Etat Michel Aoun, alors que de nombreux responsables et experts tirent la sonnette d'alarme.
"Nous nous sommes mis d'accord sur la bonne marche des choses, ce qui inclut la régularité des paiements, surtout au niveau des salaires et des obligations , dans le cadre constitutionnel afin de parer à tout problème dans le futur", a souligné M. Khalil à l'issue de la réunion.
"Le sommet économique et social arabe (qui s'est tenu à Beyrouth dimanche dernier) a apporté un grand soutien au Liban après que plusieurs Etats eurent exprimé leur volonté de l'aider", s'est félicité pour sa part M. Kanaan. "Nous rassurons les Libanais : la confiance monétaire qui a été ébranlée par le passé s'améliore petit à petit", a ajouté le député.
Le ministre saoudien des Finances, Mohammad al-Jadaan, a assuré mardi que Riyad allait soutenir le Liban "par tous les moyens", deux jours après que le Qatar, avec qui le royaume est en froid depuis juin 2017, a déclaré son intention d’investir 500 millions de dollars dans des obligations émises par le gouvernement libanais alors que la situation financière du pays fait l'objet de spéculations.
Lundi soir, Moody’s, l'une des trois principales agences de notation américaines avec Fitch et Standard & Poor’s, a annoncé sa décision de dégrader la note souveraine du Liban, de "B3" à "Caa1", tout en révisant la perspective du pays de "négative" à "stable". Un déclassement qui fait passer les obligations du pays de la catégorie des titres considérés comme hautement spéculatifs à ceux de mauvaise qualité.
En réaction à la décision de Moody’s, le ministre sortant des Finances a assuré mardi que la situation financière et monétaire du pays est "stable".

