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Moyen Orient et Monde

Pompeo cherche à rassurer sur la stratégie américaine au Moyen-Orient

Tournée

Le chef de la diplomatie américaine était hier à Amman.

OLJ
09/01/2019

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a débuté hier à Amman une tournée-marathon au Moyen-Orient, appelant les alliés régionaux des États-Unis à poursuivre le combat contre les jihadistes et contre l’Iran malgré l’annonce du retrait américain de Syrie.

« Les menaces les plus importantes qui planent sur la région sont Daech », c’est-à-dire le groupe jihadiste État islamique (EI), « et la révolution islamique » que l’Iran cherche selon lui à exporter, a-t-il lancé lors d’une conférence de presse avec son homologue jordanien, Ayman Safadi, dans la capitale jordanienne.

En décembre et à la surprise générale, Donald Trump a annoncé le prochain retrait des quelque 2 000 soldats américains déployés en Syrie pour combattre l’EI, dont il a clamé la défaite. Il a d’abord évoqué un départ immédiat et rapide, semant le trouble chez ses partenaires régionaux et occidentaux, déjà ébranlés par la stratégie parfois illisible du président américain au Moyen-Orient. Depuis, l’administration américaine s’emploie à rassurer, parlant d’un retrait lent et coordonné.

Le conseiller à la Sécurité nationale John Bolton, arrivé en Turquie venant d’Israël, a, lui, affirmé que les États-Unis allaient vérifier si l’EI a été vraiment vaincu, avant de quitter la Syrie. Mike Pompeo s’est, pour sa part, refusé à évoquer un calendrier.

Le départ de Syrie a été vu comme en contradiction avec la lutte antijihadistes, mais aussi avec la priorité numéro un de Washington dans la région : contrecarrer l’influence jugée « déstabilisatrice » de l’Iran, impliquée militairement au côté du régime de Damas dans la guerre en Syrie. Et ce alors même que l’administration Trump tente de mettre en place une alliance stratégique du Moyen-Orient, sorte d’OTAN arabe, contre Téhéran.

« Phobie de l’Iran »

« La coalition pour contrer la révolution iranienne est aussi efficace aujourd’hui qu’hier, et j’espère vraiment qu’elle continuera à l’être, sinon plus, demain », a affirmé M. Pompeo qui a rencontré le roi Abdallah II de Jordanie, l’un des principaux alliés des États-Unis dans la région. « La décision du président de retirer nos gars de Syrie n’a aucune conséquence sur notre capacité à réussir cela », a-t-il souligné, promettant de « redoubler » « les efforts diplomatiques et commerciaux pour mettre vraiment la pression sur l’Iran », soumis à des sanctions économiques américaines.

Hier, le porte-parole de John Bolton a évoqué dans un communiqué un départ américain du « Nord-Est » syrien, semblant indiquer que Washington n’excluait pas de garder une présence militaire ailleurs dans le pays. Cela serait plus cohérent avec les précédentes affirmations de M. Bolton qui a promis en septembre que les troupes américaines ne partiraient pas de Syrie « tant que les forces iraniennes » y resteraient.

« Les États-Unis remplacent une vraie politique étrangère par une obsession, voire une phobie de l’Iran » digne de « harceleurs psychotiques en détresse », a réagi le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

Voyage dans six pays du Golfe

Outre la Jordanie, le responsable américain doit se rendre en Égypte, à Bahreïn, à Abou Dhabi, au Qatar, en Arabie saoudite, à Oman et au Koweït. La Maison-Blanche avait évoqué un déplacement à Bagdad, mais cette étape n’a pas été confirmée à ce stade par le département d’État. Fait rare, Mike Pompeo se rendra au cours d’un même voyage dans les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), miné par la crise entre le Qatar, d’une part, Riyad, Abou Dhabi et Bahreïn, de l’autre, pour les appeler à s’unir face à l’Iran chiite, rival régional de l’Arabie sunnite.

À Riyad, il devrait confirmer la décision de Donald Trump qui a tenu à préserver l’alliance avec l’Arabie saoudite après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre, bien que le Sénat américain en impute la responsabilité au prince héritier du royaume, Mohammad ben Salmane. Au menu des discussions dans le Golfe, figure également la guerre dévastatrice au Yémen où le royaume saoudien intervient militairement au côté du pouvoir face aux rebelles.

Entre-temps, l’émissaire américain Anthony Zinni, désigné en 2017 par l’administration de Donald Trump pour tenter de trouver une solution à la crise entre l’Arabie saoudite et le Qatar, a annoncé hier sa démission en plein voyage de Mike Pompeo dans la région. Il a expliqué à la chaîne américaine CBS avoir renoncé à sa mission « en raison de l’absence de volonté des dirigeants régionaux d’accepter une médiation viable que nous avons proposé de mener ou de faciliter ».

Source : AFP

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