Un texte « inhumain » et « criminogène » : plusieurs maires de grandes villes italiennes refusent d’appliquer le décret-loi anti-immigration du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, à commencer par le maire de Palerme qui a pris la tête de cette fronde contre le puissant patron de l’extrême droite. « C’est un texte inhumain parce qu’il viole les droits de l’homme, et criminogène parce qu’il transforme en illégaux des personnes qui se trouvent légitimement sur notre territoire », a lancé hier le maire de gauche de Palerme, en Sicile, après avoir annoncé qu’il suspendait l’application du décret-loi Sécurité et immigration « pour ce qui relève des compétences des communes ». Le maire, Leoluca Orlando, conteste en particulier la mesure qui interdit l’obtention du droit de résidence à une personne disposant d’un permis de séjour sur le territoire. La réplique de Matteo Salvini ne s’est pas fait attendre. « Tu veux désobéir ? Je ne t’envoie pas l’armée », a-t-il répondu ironiquement au maire sicilien dans une vidéo postée sur Facebook. « Il ne s’agit pas de désobéissance civile, ni d’objection de conscience, mais de la simple application des droits constitutionnels à tous ceux qui vivent dans notre pays », explique M. Orlando. Plusieurs élus ont emboîté le pas à leur collègue sicilien, parmi lesquels les maires de gauche de Naples et de Florence, mais aussi le maire de Parme, Federico Pizzarotti, dissident du Mouvement 5 Étoiles (M5S), le parti populiste qui forme avec la Ligue la coalition au pouvoir en Italie.
Moyen Orient et Monde
Palerme, Naples, Florence : des villes italiennes se liguent contre Salvini
OLJ / le 04 janvier 2019 à 00h00


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