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Liban

Berdawni, poulets morts jetés dans la rue : l’État libanais s’efforce de sortir de sa torpeur

Gouvernance
OLJ
17/12/2018

Branle-bas de combat officiel, samedi, après la découverte de centaines de poulets morts dans le périmètre du village de Hsarat, à Jbeil. Le ministre d’État sortant pour la Lutte contre la corruption, Nicolas Tuéni, qui a dénoncé un « désastre écologique » a tout de suite alerté son collègue de l’Environnement Tarek el-Khatib, ainsi que le directeur de l’Inspection centrale, Georges Attié, qui ont à leur tour enjoint aux administrations concernées de dépêcher des experts sur les lieux.

La caïmacam de Jbeil, Nathalie Merhi Khoury, s’est rendue hier à Hsarat, en compagnie des experts envoyés par les ministères concernés et des représentants des forces de sécurité. Sur place, alors que le propriétaire de la ferme mise en cause faisait état d’un « empoisonnement prémédité », les experts ont prélevé des échantillons afin de déterminer la cause de la mort des animaux, jetés dans la nature et recouverts de chaux.

Les résultats sont attendus dans les prochains jours. Selon la LBCI, le ministère de l’Agriculture a rejeté la thèse d’une épidémie, du moment que les poulets trouvés dans la ferme semblaient en bonne santé. Le ministère, dont une source citée par la LBCI a tenté de minimiser l’importance de l’affaire, a contesté le procédé par lequel le propriétaire de la ferme a essayé de se débarrasser du lot de poulets morts, en relevant cependant qu’au Liban il n’existe pas de structure appropriée pour le traitement d’animaux morts. Quoi qu’il en soit, la caïmacam de Jbeil a demandé au mohafez du Mont-Liban, Mahmoud Mekkaoui, d’interdire la vente de poulets provenant des fermes de la localité jusqu’à la publication des résultats des tests.

Selon les déclarations de M. Tuéni à la presse, les investigations se poursuivront jusqu’au bout, étant donné l’impact de cette découverte macabre sur la santé de la population.

Le sérieux avec lequel l’affaire des poulets morts a été traitée, et, quelques jours plus tôt, celle de l’usine Mimosa, soupçonnée de polluer le Berdawni, dans le caza de Zahlé, ainsi que les visites surprises des inspecteurs de l’Inspection centrale dans de nombreuses administrations montrent à l’évidence, une nouvelle tendance dans la façon avec laquelle les autorités traitent les affaires publiques, notamment celles qui touchent de près à la population.


Pollution du Berdawni
Pour ce qui est de la pollution du Berdawni, le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, a révélé sur son compte Twitter que l’affaire est aux mains de l’Inspection judiciaire et qu’une action publique est « tributaire des conclusions de l’enquête sur d’éventuelles interventions et pressions dans cette affaire ». M. Jreissati faisait allusion à des informations relatives à des pressions exercées par des députés de Zahlé pour obtenir la relaxe de l’un des propriétaires de Mimosa, Wissam Tannouri, qui avait été interpellé puis relâché vendredi.

Dans un communiqué publié hier en soirée, le député Anwar Jomaa (Zahlé) a rejeté ces informations, soulignant qu’il était seulement passé vendredi devant le Sérail de Zahlé – où la juge Margie Majdalani interrogeait Wissam Tannouri – alors qu’il se rendait à l’inauguration du village de Noël du Berdawni et qu’il s’est retrouvé au milieu du rassemblement de protestations organisé par les employés de Mimosa.

« Je suis intervenu aux côtés des forces de l’ordre pour rouvrir la route », a-t-il dit, en assurant qu’aucun député n’était présent à l’audience, « mais en dehors du bureau de la juge qui a décidé de relâcher Wissam Tannouri moyennant une caution de 100 millions de livres ». Le député s’est félicité du « professionnalisme de la magistrate » et insisté sur la nécessité de « ne pas faire preuve de laisser aller dans cette affaire de pollution ». Le ministre sortant de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, avait ordonné mercredi dernier la fermeture momentanée et immédiate de Mimosa, dont les locaux sont situés dans la localité de Qaa el-Rim, après que les eaux du Berdawni ont viré au noir mardi dernier. Le procureur environnemental de la Békaa, Ayad Berdan, a ensuite ordonné l’interpellation de M. Tannouri, dont l’usine est mise en cause pour avoir jeté des composants chimiques dans la rivière. C’est notamment l’Office des eaux du Litani, doté depuis quelques mois d’un nouveau directeur général, Sami Alawiyé, qui a pointé du doigt l’établissement de Wissam Tannouri dans cette pollution qui dure depuis des années. De sources proches de l’OEL, on assure que la procédure judiciaire ira jusqu’au bout, du moins, jusqu’à ce que Mimosa mette en place une station d’épuration des eaux usées qui soit fonctionnelle. L’usine est dotée d’une structure du genre, qui n’est cependant pas fonctionnelle, indique-t-on de mêmes sources.


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Georges Lebon

Pourra-t-on manger de la dinde à Noël sans risque cette année ?

Jack Gardner

Il faut que les résidents reagissent!
oubliez ce gouvernement infertile

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

NOMMEZ LES RESPONSABLES ET PUNISSEZ ! ENCORE BIEN QU,ILS ONT JETE LES POULETS ET NON NETTOYES ET DISTRIBUES A LA CONSOMMATION...

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