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Moyen Orient et Monde

Nouveau revers pour l’EI, chassé d’un de ses fiefs en Syrie

Conflit

Erdogan déterminé à « pacifier » l’est de l’Euphrate.

OLJ
15/12/2018

Une force syrienne dominée par les Kurdes a bouté les combattants du groupe État islamique (EI) hors de leur fief de Hajine, une importante percée dans son offensive d’envergure pour éradiquer l’organisation de l’est de la Syrie avec l’aide des États-Unis. Fer de lance de la lutte antijihadiste dans la Syrie en guerre, des milliers de combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) avaient donné en septembre l’assaut contre le bastion de l’EI dans la province de Deir ez-Zor, près de la frontière irakienne.

Avec ce nouveau revers, l’EI ne contrôle plus que les villages de Soussa et al-Chaafa dans cette région de l’est de Syrie, appelée « la poche de Hajine », le dernier réduit du « califat » autoproclamé en 2014 par le groupe jihadiste sur des régions conquises en Syrie et en Irak voisin. « Au bout d’une semaine de combats acharnés et de raids aériens, les FDS sont parvenues à chasser l’EI de Hajine », a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG qui s’appuie sur un vaste réseau de sources locales. L’opération s’est achevée à l’aube, a-t-il précisé, au lendemain du déploiement des FDS dans ce grand village de la vallée du fleuve Euphrate. Les derniers combattants de l’EI sont désormais confinés dans un réseau de tunnels et à la lisière de Hajine, située à une trentaine de km de la frontière irakienne.

« Sous terre »

Depuis le début de l’offensive le 10 septembre contre ce fief jihadiste, plus de 500 combattants des FDS ont été tués, contre plus de 900 membres de l’EI, selon l’OSDH. Plus de 320 civils ont également péri.

Outre cet ultime réduit, les jihadistes de l’EI se trouvent dans un secteur du désert syrien qui s’étend du centre du pays à la province de Deir ez-Zor et où des affrontements sporadiques les opposent par ailleurs aux forces du régime syrien.

L’EI a vu son « califat » autoproclamé se réduire comme peau de chagrin face à de multiples offensives, après une montée en puissance fulgurante en 2014. Mais cette organisation reste redoutable vu sa capacité à frapper fort avec des attentats particulièrement meurtriers dans des pays de la région et à l’étranger. « L’EI avait anticipé sa défaite sur le champ de bataille, la perte de son califat, et s’était préparé en conséquence », a expliqué Bruce Hoffman, professeur à l’Université Georgetown aux États-Unis. « Des centaines de combattants jihadistes ont pu fuir la Syrie, ont soudoyé des gardes-frontières pour entrer en Turquie et, de là, ont disparu. Sous la surface, l’EI a toujours joué le temps long. » Et pour Brandon Wallace et Jennifer Cafarella, de l’Institute for the Study of War (ISW), l’EI « a trouvé de nouvelles sources de revenus » et « se prépare à une future insurrection à grande échelle, à la fois en Irak et en Syrie ». En novembre, le leader kurde irakien Massoud Barzani, dont le pays a chassé les jihadistes de l’ensemble des centres urbains, a affirmé que l’EI ne serait pas « aisément » vaincu. « Ils étaient sur terre, maintenant ils sont sous terre. »

Le nouveau succès des FDS survient alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé mercredi de lancer dans « les prochains jours » une nouvelle offensive en Syrie contre les forces kurdes qualifiées de « terroristes » par Ankara. M. Erdogan s’est dit « déterminé » hier à « pacifier » les régions contrôlées par des milices kurdes à l’est de l’Euphrate. « La Turquie a perdu assez de temps comme cela pour intervenir contre le marécage terroriste à l’est de l’Euphrate. Désormais, nous n’avons plus la patience d’attendre ne serait-ce qu’un jour de plus », a déclaré M. Erdogan. Et dans ce climat tendu, la Turquie a annoncé hier qu’un de ses soldats avait été tué dans le nord de la Syrie par des tirs des YPG. La milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) constitue l’épine dorsale d’une coalition arabo-kurde soutenue par les États-Unis et qui affronte l’EI dans l’est de la Syrie. Mais pour la Turquie, les YPG sont une organisation « terroriste », parente du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une sanglante guérilla sur le territoire turc depuis 1984. Le soutien américain aux YPG empoisonne les relations avec la Turquie depuis plus de deux ans.

Source : AFP

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