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La demande de remise en liberté de Carlos Ghosn rejetée

Japon

Le PDG suspendu de Renault et de l'alliance Renault-Nissan avait déposé aujourd'hui une plainte auprès du tribunal de district de Tokyo pour protester contre la décision du parquet de Tokyo de le maintenir en détention jusqu'au 20 décembre.

OLJ/Agences
11/12/2018

Un tribunal de Tokyo a rejeté mardi la demande de remise en liberté formulée par Carlos Ghosn, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan que la justice japonaise accuse de malversations financières, rapporte l'agence Reuters. M. Ghosn avait déposé aujourd'hui une plainte auprès du tribunal de district de Tokyo pour protester contre la décision du parquet de Tokyo de le maintenir en détention jusqu'au 20 décembre, avait annoncé le tribunal.

Le parquet de Tokyo a inculpé lundi le PDG suspendu de Renault et de l'alliance Renault-Nissan pour ne pas avoir déclaré l'intégralité de sa rémunération versée par Nissan de 2010 à 2015 et a prolongé sa garde à vue en élargissant officiellement son enquête aux trois années suivantes.

Quand Carlos Ghosn est arrivé le 19 novembre au Japon, il était encore le tout-puissant PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors. En l'espace de quelques minutes, son sort a basculé: interpellé par des enquêteurs du parquet sur des soupçons de malversations, le dirigeant âgé de 64 ans a aussitôt été envoyé dans un centre de détention du nord de la capitale. Il pensait sans doute n'y passer que quelques heures, quelques jours au maximum. Près d'un mois plus tard, il séjourne toujours dans une petite cellule, avec la perspective de rester en prison jusqu'à fin décembre voire bien au-delà.

Selon une source au fait du dossier, l'ancien patron de Nissan ne bénéficie d'aucun traitement de faveur en prison, où il est détenu dans une petite cellule avec un accès limité à la douche.

Interrogé par L’Orient-Le Jour, Hadi Hachem, chef du cabinet du ministre des AE, Gebran Bassil, a indiqué que "M. Ghosn n’a pas le droit de rencontrer les membres de sa famille", précisant qu’"il peut s’entretenir uniquement avec ses avocats et l’ambassadeur du Liban au Japon, Nidal Yehia, qui s’est rendu quatre fois auprès de lui". "’incarcération de M. Ghosn dans une cellule individuelle qui ne comporte pas de lit est contraire aux principes du droit international et des droits de l’homme", a également affirmé M. Hachem, soulignant que le puissant patron automobile "n’est pas un criminel de guerre mais un homme d’affaires libanais qui a créé de multiples emplois et sauvé trois entreprises de la faillite".

 

(Lire aussi : Carlos Ghosn inculpé : que risque-t-il?)


Étape importante lundi dans un parcours judiciaire qui s'annonce long : le bureau des procureurs lui a donc notifié sa mise en examen pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été inculpé. La garde à vue des deux hommes a en outre été prolongée sur de nouveaux soupçons de minoration de ses émoluments, cette fois entre 2015 et 2018, pour un montant de 4 milliards de yens (31,1 millions d'euros). Elle peut durer 22 jours à partir de lundi.


"Regrets"

Nissan est également poursuivi en tant qu'entité morale, le parquet jugeant que la responsabilité de l'entreprise était aussi engagée car c'est elle qui a remis les rapports incriminés aux autorités boursières. Le constructeur a fait part de "ses regrets les plus sincères" dans un communiqué, reconnaissant que l'affaire "nuisait fortement à l'intégrité de sa communication auprès des marchés". "Nissan va continuer ses efforts pour renforcer sa gouvernance", ajoute le groupe, par ailleurs fragilisé par un scandale lié à l'inspection de ses véhicules.

Carlos Ghosn, prestement limogé de la présidence de Nissan et de Mitsubishi Motors, n'est lui pas au bout de ses peines: le parquet pourrait ultérieurement se pencher sur de possibles abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais du groupe. Nissan a ainsi annoncé lundi avoir fait appel d'une décision de la justice brésilienne autorisant la famille de Carlos Ghosn à accéder à un appartement de fonction à Rio de Janeiro, "afin d'empêcher la destruction de preuves éventuelles".

Jeudi, un juge de Rio avait autorisé la famille de l'ex-PDG à "récupérer les biens et documents personnels" se trouvant dans l'appartement en question, situé au bord de la célèbre plage de Copacabana, quartier touristique le plus prisé de la ville. Cet appartement, qui appartient à Nissan, était utilisé par Carlos Ghosn quand il séjournait à Rio. D'après l'agence publique brésilienne Agencia Brasil, sa famille avait déposé une requête judiciaire après avoir constaté que la serrure avait été changée à la demande de l'entreprise japonaise.

Dans cette affaire, les rumeurs, spéculations, scénarios sont nombreux, et la parole officielle rare, si ce n'est, au tout début, celle du patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, qui a d'emblée lâché son ancien mentor.

Les procureurs ont pour l'instant communiqué a minima et la défense de Carlos Ghosn, menée par Motonari Ohtsuru, un ex-procureur spécialiste des grandes affaires financières, ne s'est pas publiquement exprimée. Tout juste sait-on que "le suspect Ghosn", comme l'a rebaptisé la presse nippone, nie toute malversation. "Il est dans un état d'esprit vaillant et combatif", souffle-t-on au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt près de Paris.

Contactés par l'AFP, le constructeur, tout comme son premier actionnaire l'Etat français, se sont abstenus de tout commentaire après l'annonce de la mise en examen. Selon une source proche de l'entreprise, un conseil d'administration est prévu jeudi, une réunion ordinaire planifiée avant le début de l'affaire Ghosn, lors de laquelle aucune décision particulière n'est attendue.


"Symbole"

Au cours des auditions, M. Ghosn aurait reconnu avoir signé des documents mentionnant des paiements qu'il était censé percevoir au moment de quitter le groupe mais il assure, selon la presse, que ces montants n'étaient pas définitivement établis et n'avaient donc pas à être inclus dans les rapports publics de Nissan. D'après une source proche des investigations, ce système a démarré après l'entrée en vigueur d'une loi imposant aux administrateurs les mieux payés de divulguer leurs rémunérations. Le but de M. Ghosn aurait été d'éviter les critiques des actionnaires et employés.

Quoi qu'il arrive, l'affaire devrait laisser des traces dans l'alliance Renault-Nissan née en 1999 et devenue, avec l'apport de Mitsubishi Motors en 2016, le premier ensemble automobile mondial. Chez Nissan, les frustrations ont éclaté au grand jour, transpirant dans les médias japonais où "M. Ghosn et l'Etat français (actionnaire de Renault) sont le diable", résume un analyste du secteur, Takaki Nakanishi. On voit là, dit-il, l'opportunité de "re-japoniser" le groupe. A l'inverse, chez Renault, qui possède 43% de Nissan et dont M. Ghosn reste formellement PDG, c'est l'incrédulité qui domine, la "stupeur".

Le constructeur français regrette de n'avoir toujours pas pu obtenir de son partenaire japonais une transmission, d'avocat à avocat, de la totalité des pièces à charge. Nissan est cependant "disposé à le faire dès que possible", cette semaine a priori, a précisé une source proche du dossier.


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Cherif Bedran

Dommage, vous rapportez strictement le minimum. La seule nouvelle information est la plainte déposée par Ghosn.

Le nombre de caractères de cet article est inversement proportionnel à la quantité d’information. (au singulier, c’est voulu.)

Le reste de l’article est inutile parce que répétitif.

Par définition, la valeur de l’information est proportionnelle au ratio d’information connue a postériori par rapport à celle connue à priori.

Un chien mord un homme=information nulle
Un homme mord un chien=information maximum

Plus l’information est inattendue plus elle a de la valeur.

En tous cas à l’impossible, Japonais, nul n’est tenu. Seules les républiques Libanaise et Française doivent agir et elle le font très peu. Gaijin, neveu du Ghrib de Jounieh....

L’OLJ devrait faire des recherches sur les droits civiques de Ghosn au Japon. La méthode japonaise d’investigations assure au parquet une condamnation irrévocable, héritage de la fin de la guerre qu’ils ont perdu en 1945. Ghosn va flancher, à force de le mettre sous pression, et c’est la méthode de choix....

L’azuréen

Les japonais veulent reprendre les commandes de nissan et Mitsubishi point. Au prix de la dignité d’un homme qui les a sauvé de la faillite .

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