La Première ministre britannique a annoncé le report du vote de l’accord de Brexit au Parlement, sans préciser de nouveau calendrier.
La Première ministre britannique Theresa May a reporté hier le vote du Parlement sur l’accord de sortie de l’Union européenne (UE), sans préciser de calendrier, reculant devant l’opposition des députés et plongeant ainsi le processus de divorce dans l’incertitude.
« Avant le conseil européen (des 13 et 14 décembre), j’irai voir mes homologues des autres pays membres » de l’UE pour « discuter avec eux des préoccupations exprimées par cette assemblée », a-t-elle ajouté. Mais Theresa May, dont l’avenir politique pourrait se jouer sur ce texte, a réaffirmé que l’accord conclu en novembre entre Londres et Bruxelles à l’issue de 17 mois de négociations était « le bon », et qu’« aucun accord n’est possible sans inclure » la disposition très controversée du filet de sécurité, ou « backstop » en anglais. Cette disposition prévoit de maintenir l’ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE, ainsi qu’un alignement réglementaire plus poussé pour l’Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n’est conclu à l’issue d’une période de transition de 21 mois après le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Cet arrangement est le point le plus contesté de l’accord de retrait qui suscite une opposition de tous bords, depuis les europhiles, qui espèrent encore pouvoir faire marche arrière, jusqu’aux plus ardents « Brexiters », qui redoutent une forme d’amarrage permanent à l’UE.
Au cours du week-end, Mme May avait « discuté du Brexit », selon sa porte-parole, avec plusieurs dirigeants européens, dont le président du Conseil européen Donald Tusk, celui de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la chancelière allemande Angela Merkel, qu’elle doit retrouver à l’occasion du Conseil européen qui s’ouvre jeudi à Bruxelles. Jusqu’ici, les dirigeants européens se sont montrés inflexibles, rejetant l’idée de rouvrir les discussions.
La profonde incertitude qui entoure désormais le processus de divorce a fait plonger la monnaie britannique. Vers 16h00 GMT, la livre s’échangeait pour 1,2527 dollar, son plus bas niveau depuis avril 2017. « C’est un coup de plus pour les entreprises qui aspirent à plus de clarté », a réagi Carolyn Fairbairn, directrice générale de la principale organisation patronale, la CBI. Si le calendrier reste incertain, un vote doit être organisé sur l’accord de retrait avant le 21 janvier. Si le traité n’a pas été ratifié à cette date, le Parlement votera sur les prochaines étapes du processus de divorce, en fonction des propositions formulées par le gouvernement.
Source : AFP


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