Les navires militaires ukrainiens capturés dimanche par la Russie, vus dans le port de Kertch. / AFP / STR
L’Ukraine et la Russie étaient engagées hier dans leur pire bras de fer depuis des années, Kiev et plusieurs de ses alliés occidentaux demandant à Moscou de libérer les marins et navires ukrainiens capturés la veille par des gardes-côtes russes près de la mer d’Azov.
Moscou « a lancé une nouvelle étape de son agression » contre l’Ukraine marquée par « la participation ouverte et arrogante des troupes régulières russes », a accusé le président ukrainien Petro Porochenko dans une adresse télévisée à ses concitoyens. « Les informations des services de renseignements montrent la menace extrêmement élevée d’une opération terrestre contre l’Ukraine », a-t-il dit pour justifier la nécessité d’introduire la loi martiale dans le pays.
Dimanche soir, des bateaux des gardes-frontières russes se sont emparés de trois navires ukrainiens – deux petites vedettes et un remorqueur – après leur avoir tiré dessus, faisant prisonniers la vingtaine de marins se trouvant sur les deux navires. Cet incident armé a fait plusieurs blessés parmi les Ukrainiens et suscité un tollé en Ukraine et chez ses alliés occidentaux.
L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a dénoncé hier, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, une action « illégale » de la Russie. Ce comportement rend « impossible » une « relation normale » entre Washington et Moscou, a ajouté Mme Haley.
Loi martiale
« La Russie a utilisé directement la force militaire contre l’Ukraine. Ce qui s’est passé hier est très sérieux », a déploré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à l’issue d’une réunion des ambassadeurs des pays de l’Alliance réunis à la demande de Kiev. « Rien ne paraît justifier cet emploi de la force par la Russie », a déclaré de son côté un porte-parole de la diplomatie française, Londres condamnant « l’acte d’agression » de la Russie.
La Russie s’est défendue hier par la voix du porte-parole du Kremlin, qui a affirmé avoir agi « en stricte conformité » avec « le droit international ». Selon lui, c’est « l’intrusion de navires » ukrainiens « dans les eaux territoriales » russes qui a provoqué la riposte des gardes-côtes.
À l’appel du président Porochenko, le Parlement ukrainien s’est réuni hier pour une session extraordinaire à l’issue de laquelle il a déclaré l’instauration de la loi martiale. « Nous devons renforcer notre défense dès maintenant pour réagir le plus vite possible en cas d’invasion » par notre « voisin agressif et déséquilibré », a argué M. Porochenko.
Les incidents ont commencé dimanche quand des navires de petite flottille ukrainienne ont tenté d’entrer dans la mer d’Azov par le détroit de Kertch séparant la Crimée annexée de la Russie. Selon Kiev, des bateaux russes ont percuté un remorqueur ukrainien puis bloqué l’accès à la mer d’Azov, partagée entre la Russie et l’Ukraine, proche également des territoires séparatistes prorusses du Sud-Est.
Le ministre ukrainien de l’Intérieur a publié sur son compte Twitter une vidéo tournée visiblement à bord d’un bateau russe sur laquelle on peut voir le remorqueur ukrainien capturé être percuté. Des ordres et injures en russe y sont audibles. Les télévisions russes ont montré la même vidéo, mais les voix et le moment de la collision y sont absents.
Ces incidents ne sont que la dernière étape d’une lente montée des tensions autour du détroit de Kertch, dont la Russie revendique le contrôle depuis l’annexion de la Crimée. Moscou a d’ailleurs construit un pont reliant la Russie et la péninsule, inauguré en grande pompe par Vladimir Poutine en mai.
Kiev et les Occidentaux ont régulièrement accusé ces derniers mois la Russie d’ « entraver » délibérément la navigation des navires commerciaux entre la mer Noire et la mer d’Azov.
Plus largement, il s’agit d’un nouvel épisode de la crise russo-ukrainienne, quand la Russie annexait en mars 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée. En avril de la même année, un conflit armé entre Kiev et les séparatistes prorusses éclatait dans l’est de l’Ukraine.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Il s'agit d'un acte de piraterie commis par la marine de Poutine dans une zone reconnue internationalement comme ukrainienne.
07 h 00, le 27 novembre 2018