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Plus de 200 morts en trois jours à Deir ez-Zor après un assaut de l'EI

Syrie

L'OIAC a dit étudier les conditions de sécurité sur place avant d'ouvrir une éventuelle enquête sur l'attaque chimique présumée à Alep.

OLJ/AFP
26/11/2018

Plus de 200 personnes, en majorité des combattants, ont péri en trois jours en Syrie dans une bataille déclenchée par un assaut du groupe Etat islamique (EI) qui a infligé ses plus lourdes pertes à une force soutenue par Washington, selon une ONG lundi.

Cette bataille féroce qui a duré de vendredi à dimanche dans un secteur de la province de Deir ez-Zor, dans l'est du pays en guerre, démontre encore une fois la capacité de l'EI à frapper malgré les revers subis. L'organisation jihadiste, qui défend son dernier carré dans cette province proche de l'Irak, a mobilisé 500 combattants dont des kamikazes dans l'assaut contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), fer de lance de la lutte contre l'EI et soutenues par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les attaques contre des positions des FDS, composées essentiellement de combattants kurdes, dans plusieurs villages, ont provoqué des combats acharnés. Les jihadistes ont finalement dû se retirer après une contre-attaque des FDS appuyées par l'aviation de la coalition, a précisé l'ONG.

L'OSDH a fait état de la mort de 92 membres des FDS, de 61 jihadistes et de 51 civils, dont 19 enfants, qui seraient des membres des familles des combattants de l'EI. Les pertes des FDS sont les plus importantes jamais infligées par l'EI à cette alliance en une seule bataille, a précisé la même source.

Les FDS qui veulent chasser les jihadistes de leur dernier réduit composé notamment des localités de Hajine, Soussa et al-Chaafa, rapportent rarement les pertes dans leurs rangs. Un porte-parole des FDS avait confirmé "une série d'attaques" de l'EI mais assuré que les "terroristes" avaient essuyé des pertes humaines et battu en retraite.

De son côté, la coalition antijihadistes menée par Washington a affirmé avoir dû limiter ses frappes aériennes en raison des conditions climatiques.



Pas une tâche facile
Pour Tore Hamming, spécialiste du jihadisme à l'European University Institute basé en Italie, "il serait erroné de penser que chasser l'EI de toutes ses positions dans l'est de Deir ez-Zor serait une tâche facile". "La région est un mélange de zones désertiques et de petites localités, ce qui rend extrêmement difficile son isolement par rapport à d'autres villes comme Mossoul (Irak) et Raqa (Syrie), plus faciles à encercler". Les jihadistes "connaissent très bien la région" et "savent qu'ils seront soit tués, soit capturés (...)".

Les FDS mènent depuis septembre une offensive contre l'ultime réduit de l'EI dans Deir ez-Zor. Elles avaient été contraintes fin octobre de reculer et céder toutes les positions conquises auparavant, après des contre-attaques meurtrières de l'EI. Peu après, les FDS avaient annoncé un arrêt temporaire de leur offensive, en raison de bombardements menés par leur ennemi turc, contre des positions militaires kurdes dans le nord syrien. Dix jours plus tard toutefois, l'opération à Deir ez-Zor avait été relancée.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak voisin, l'EI a été laminé par plusieurs offensives lancées dans ces deux pays. Mais il parvient à lancer encore des attaques sanglantes.


(Lire aussi : « Raëd Farès était la révolution syrienne dans tous les sens du terme »)



Attaque chimique présumée
Sur un autre front de la guerre, le pouvoir syrien a accusé des groupes "terroristes" -une terminologie habituelle du régime qui ne fait pas de distinction entre jihadistes et rebelles- d'avoir mené une attaque chimique samedi à Alep, mais une importante coalition rebelle a démenti toute implication.

Dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 360.000 morts, c'est le pouvoir de Bachar el-Assad qui a été le plus souvent accusé d'avoir utilisé l'arme chimique lors d'attaques souvent meurtrières.

Les médias étatiques ont fait état d'une centaine de cas de suffocation à Alep dont la plupart ont quitté l'hôpital, selon l'OSDH.

En représailles, l'aviation de l'allié russe a frappé des positions jihadistes et rebelles près d'Alep, cité aux mains du régime, d'après l'OSDH.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a dit étudier les conditions de sécurité sur place avant d'ouvrir une éventuelle enquête sur l'attaque chimique présumée.

En septembre, la Russie, allié du régime, et la Turquie, parrain traditionnel des rebelles, ont dévoilé un accord visant à mettre en place une trêve et à créer une "zone démilitarisée" appelée à séparer les territoires insurgés des régions gouvernementales dans la province d'Idleb et des segments des provinces voisines d'Alep, Hama et Lattaquié.

Cet accord, qui n'a pas été appliqué dans son intégralité, visait à épargner Idleb, contrôlée en grande partie par les rebelles et les jihadistes, d'une offensive du régime.



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