Le ministre saoudien de l’Énergie, Khaled al-Faleh, a exprimé la semaine dernière la volonté de son pays de faire réduire la production mondiale de pétrole. Fayez Nureldine/AFP
Les cours du pétrole ont chuté de plus belle hier dans un marché menacé par la surproduction, à deux semaines d’une réunion de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) où les Saoudiens seront sous forte pression américaine. Les cours de l’or noir n’ont plus coté aussi bas depuis plus d’un an. Début octobre, le WTI et le Brent avaient atteint leurs plus hauts niveaux en quatre ans, respectivement au-delà de 75 et 85 dollars. Mais depuis, ils ont plongé de plus de 30 %.
« Toute la semaine a été très difficile pour les cours du pétrole (...), du fait d’inquiétudes quant à une surabondance de l’offre et de craintes pour la croissance mondiale », a expliqué Lukman Otunuga, analyste chez FXTM. Il note que nombre d’investisseurs continuent de parier sur une baisse des cours, et ce « même si les pays exportateurs de l’OPEP pourraient réduire leur production lors de leur réunion de début décembre ». Les investisseurs s’inquiètent d’une surabondance de l’offre de pétrole sur le marché, quelques semaines après la mise en place de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran, marquées de plusieurs exemptions pour le commerce d’or noir, qui ont surpris les analystes par leur ampleur.
L’axe Washington-Riyad
Les yeux se tournent toutefois déjà vers la prochaine réunion de l’OPEP, au sein de laquelle l’Arabie saoudite joue un rôle prépondérant. Réunis dans deux semaines à Vienne, les ministres de l’OPEP échangeront aussi avec leurs partenaires non membres du cartel, dont la Russie fait partie, à propos de leurs niveaux de production. « Le ministre de l’Énergie saoudien Faleh a assuré (…) que son pays n’a pas l’intention d’inonder le marché de pétrole », ont expliqué les analystes de Commerzbank. « Cela laisse penser qu’on pourrait revenir sur la dernière hausse de production décidée par l’OPEP par anticipation des sanctions américaines contre l’Iran », ont-ils ajouté. Le 12 novembre, M. Faleh avait d’ailleurs déclaré qu’il faudrait réduire la production mondiale de pétrole d’un million de barils par jour afin d’équilibrer le marché. Mais dans le même temps, le président américain, Donald Trump, a remercié Riyad pour la baisse des cours du pétrole. « Au vu de cela, il va être difficile politiquement pour l’Arabie saoudite d’organiser une baisse coordonnée de la production de l’OPEP à la réunion du 6 décembre à Vienne », ont jugé les experts de Petromatrix. « Le président américain a apporté un soutien marqué à MBS (Mohammad ben Salmane, le prince héritier saoudien) et nous ne pouvons imaginer Trump accepter l’affront d’une réduction de production », ont prévenu ces analystes. Une baisse de production du cartel et de ses alliés pourrait entraîner un rebond des cours et, in fine, des prix du carburant à la pompe pour les consommateurs, y compris américains, que veut défendre M. Trump.
Source : AFP


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