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Moyen Orient et Monde - Armes Chimiques

Échanges virulents entre les grandes puissances sur les pouvoirs renforcés de l’OIAC

Le QG de l’OIAC, aux Pays-Bas. Evert-Jan Daniels/AFP/ANP

Les grandes puissances se sont mutuellement accusées « d’hypocrisie » et de « mensonges » hier lors d’une réunion sur les nouveaux pouvoirs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, qui lui permettent d’identifier les auteurs d’attaques chimiques, comme celles perpétrées cette année en Syrie et en Angleterre.

Il s’agit de la première conférence à l’OIAC, qui siège à La Haye, depuis qu’une majorité des 193 États membres ont voté en juin en faveur du renforcement des pouvoirs l’organisation, l’autorisant à désigner l’auteur d’une attaque chimique et non plus seulement à documenter l’utilisation d’une telle arme.

L’OIAC peut désormais attribuer la responsabilité de futures attaques chimiques partout dans le monde, à condition que le pays sur le territoire duquel cela s’est produit le demande.

Ce nouveau pouvoir, vivement critiqué par l’Iran, la Syrie et la Russie, qui avait alors comparé l’OIAC à un Titanic « en train de couler », s’est trouvé au centre des débats opposant Moscou, Pékin et Damas aux grandes puissances occidentales.

Mensonges

Les nouvelles prérogatives conférées à l’OIAC sont « illégitimes » et outrepassent le cadre de l’organisation, a déclaré le représentant de la délégation russe Alexander Shulgin, aussitôt accusé d’« hypocrisie flagrante » par son homologue américain Kenneth Ward. « Qu’est-ce qu’ils (les Russes) ont fait ces dernières années si ce n’est de s’entendre avec leur allié syrien pour enterrer la vérité sur ce qui s’est passé en Syrie, ainsi que sur les morts tués lors de l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad ? » a fustigé M. Ward.

Attaques chimiques répétées en Syrie depuis 2013, ex-agent russe Sergueï Skripal empoisonné à l’agent innervant Novitchok en mars en Angleterre, empoisonnement au VX du demi-frère du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en Malaisie en 2017 : le rôle de l’OIAC s’est considérablement étendu ces dernières années.

Les déclarations occidentales sur l’utilisation d’armes chimiques par Damas et Moscou sont une « arnaque » et des « mensonges », a lâché M. Shulgin, ajoutant que la Russie défendait une « position de principe concernant le caractère illégitime » des nouveaux pouvoirs d’enquête de l’OIAC.

Les puissances occidentales ont « appris aux gens à utiliser des armes chimiques » après leur apparition au cours de la Première Guerre mondiale, a renchéri le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad, selon qui Damas « n’a jamais utilisé » de telles armes.

L’OIAC mise à rude épreuve

Selon son nouveau directeur Fernando Arias, l’organisation est en train de mettre en place une « mission de réponse rapide » pour tout recours à l’arme chimique dans le monde ainsi qu’une « très petite mais très forte équipe » d’attribution pour la Syrie. Composée d’une dizaine de membres, l’équipe a pour objectif de désigner les responsables des attaques chimiques perpétrées en Syrie depuis 2013.

« La norme internationale contre l’utilisation d’armes chimiques a été mise à rude épreuve » et leur « utilisation répétée pose un défi qui doit être relevé avec une résolution forte et unifiée », a déclaré M. Arias hier.

Source : AFP

Les grandes puissances se sont mutuellement accusées « d’hypocrisie » et de « mensonges » hier lors d’une réunion sur les nouveaux pouvoirs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, qui lui permettent d’identifier les auteurs d’attaques chimiques, comme celles perpétrées cette année en Syrie et en Angleterre.Il s’agit de la première conférence à l’OIAC, qui siège à La Haye, depuis qu’une majorité des 193 États membres ont voté en juin en faveur du renforcement des pouvoirs l’organisation, l’autorisant à désigner l’auteur d’une attaque chimique et non plus seulement à documenter l’utilisation d’une telle arme.L’OIAC peut désormais attribuer la responsabilité de futures attaques chimiques partout dans le monde, à condition que le pays sur le...
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