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L’Iran a vendu hier pour la première fois du pétrole à des acheteurs privés via une Bourse de l’énergie, dans le but d’amoindrir les effets des prochaines sanctions américaines contre l’industrie pétrolière iranienne.
Seuls 280 000 barils ont été vendus à un acheteur, sur le million qui avaient été proposés aux enchères avec un prix par unité initialement à 79,16 dollars. Le prix a été jugé trop élevé par les investisseurs et n’a pas suscité l’enthousiasme du marché. Lorsque la vente a débuté, les propositions d’achat sont tombées à 16 dollars de moins que le tarif d’abord avancé. Quelques heures avant la fermeture de la Bourse, alors que le prix était à 74,85 dollars l’unité, l’acheteur s’est manifesté. L’identité de ce dernier est restée secrète, conformément à la promesse vendredi du directeur de l’Organisation de la sécurité et des échanges, Shapour Mohammadi. L’agence de presse iranienne FARS a seulement indiqué qu’il s’agissait d’un conglomérat d’entreprises privées qui ont réalisé l’achat via trois courtages.
Le gouvernement compte proposer son pétrole à la Bourse de l’énergie une fois par semaine, selon l’agence FARS, proche des conservateurs. Après s’être retirés en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien, les États-Unis ont rétabli en août une première série de sanctions contre Téhéran. Une deuxième vague doit suivre le 5 novembre, visant cette fois l’industrie pétrolière iranienne. L’idée de vendre du pétrole aux entreprises privées en Bourse a été émise en juillet par le premier vice-président Eshaq Jahangiri, afin de « déjouer les efforts de l’Amérique (...) pour arrêter les exportations de pétrole iranien ».
Téhéran espère que la vente de son pétrole à des acheteurs privés plutôt qu’à des pays rendra plus difficile la surveillance et le blocage de ses exportations par les États-Unis. « Avec le retour imminent d’une nouvelle vague de sanctions, le gouvernement est déterminé à utiliser les marges de manœuvre existantes dans le secteur privé pour vendre le pétrole iranien et trouver de nouveaux marchés », a déclaré le directeur de la Fédération iranienne des exportations de pétrole, Hamidreza Salehi, à l’agence de presse ILNA. Selon les estimations, les exportations de brut iranien ont déjà chuté d’un tiers depuis mai. Téhéran vendait alors environ 2,5 millions de barils par jour.
« Rare victoire historique »
La veille, le président iranien Hassan Rohani s’est par ailleurs félicité du fait que les divisions entre Américains et Européens au sujet des nouvelles sanctions imposées par Washington à son pays étaient une « rare victoire historique » pour la République islamique. M. Rohani a tenu ces propos au Parlement quelques heures avant un vote de confiance qui a été accordé à quatre nouveaux ministres qu’il avait récemment nommés.
Les pays de l’Union européenne, ainsi que les Chinois et les Russes, ont dit vouloir préserver l’accord de Vienne conclu en 2015 et travailler avec l’Iran pour lui permettre de bénéficier de ses retombées économiques. « Si, il y a un an, nous avions parié que (...) l’Europe se tiendrait aux côtés de l’Iran contre les États-Unis, la grande majorité d’entre nous (...) aurait considéré cela comme de l’optimisme pur », a indiqué M. Rohani devant le Parlement iranien. « La victoire politique de l’Iran au cours des derniers mois est une rare victoire historique », a-t-il ajouté, dans un discours retransmis à la télévision.
M. Rohani et son cabinet font l’objet d’une pression accrue de députés leur reprochant leur gestion de la crise économique que traverse la République islamique. « Nous sommes tous conscients que le peuple souffre et est sous pression. La vie des gens (...) est très difficile », a-t-il déclaré. M. Rohani a toutefois assuré que l’Iran avait des réserves suffisantes en biens de première nécessité et en devises pour affronter la tempête, après que le rial iranien se fut effondré face au dollar et à l’approche des nouvelles sanctions touchant le secteur pétrolier. « Nous ne pouvons pas dire à notre peuple qu’à cause de la pression américaine nous ne pouvons rien faire. Cette réponse est inacceptable. Nous ne pouvons pas (lui) dire que parce que nous rencontrons des difficultés à vendre notre pétrole, nous sommes incapables de gérer le pays », a-t-il dit.
Source : AFP


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