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Moyen Orient et Monde - Enquête

Affaire Khashoggi : la police turque fouille le consulat saoudien à Istanbul

Trump a annoncé qu’il dépêchait son secrétaire d’État Mike Pompeo à Riyad.

La délégation d’inspecteurs saoudiens devant le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Ozan Kose/AFP

Les autorités turques ont fouillé hier soir le consulat saoudien à Istanbul dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi. Un convoi de six voitures est arrivé au consulat sous haute sécurité peu après 19h00 (16h00 GMT), a constaté une journaliste de l’AFP sur place. Les policiers, certains en uniforme et d’autres en civil, sont immédiatement entrés dans le bâtiment pour entamer leurs recherches. Un groupe de responsables saoudiens censés participer à la fouille est arrivé au consulat près d’une heure avant la police turque.

Cette fouille intervient au lendemain d’un entretien téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane d’Arabie au cours duquel ils ont évoqué le cas de M. Khashoggi.

L’éditorialiste saoudien, critique du pouvoir de Riyad et exilé aux États-Unis depuis 2017, s’était rendu au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre pour des démarches administratives en vue de son prochain mariage avec une Turque, Hatice Cengiz. Il n’a plus été revu depuis. Riyad assure qu’il a quitté la représentation diplomatique, mais les autorités turques affirment le contraire et certains responsables accusent les autorités saoudiennes d’avoir fait assassiner le journaliste dans le consulat par un groupe d’agents envoyés spécialement à cette fin.

M. Erdogan a pressé à plusieurs reprises, en vain, les autorités saoudiennes de présenter des images prouvant que M. Khashoggi avait bel et bien quitté le consulat. Un haut fonctionnaire et un membre de la police turque ayant requis l’anonymat ont annoncé hier qu’Ankara avait obtenu un enregistrement sonore démontrant qu’il y a bien été assassiné. « Les preuves ont été présentées très clairement à toutes les parties. Nous en sommes maintenant à la phase de collecte des indices au consulat », a-t-il ajouté.

Après une conversation téléphonique avec le roi Salmane, le président américain Donald Trump a émis une nouvelle hypothèse hier : « Je ne veux pas spéculer à sa place mais il m’a semblé que, peut-être, cela pourrait être le fait d’éléments incontrôlables. Qui sait ? » a-t-il déclaré. M. Trump a également annoncé qu’il dépêchait son secrétaire d’État Mike Pompeo en Arabie saoudite pour s’entretenir directement avec le roi d’Arabie saoudite.

« Conséquences néfastes »

La fouille du consulat a été autorisée la semaine dernière par les Saoudiens, mais n’avait pas encore pu avoir lieu en raison d’un désaccord sur ses modalités, selon les médias turcs.

Des dizaines des journalistes campent devant le consulat depuis la disparition de M. Khashoggi, à l’affût de la moindre information, entrée ou sortie du consulat.

L’Arabie saoudite dément catégoriquement toute implication dans l’éventuel meurtre du journaliste (un critique du prince héritier Mohammad ben Salmane) qui collaborait notamment avec le Washington Post.

M. Trump, grand allié de l’Arabie saoudite, avait samedi pour la première fois estimé possible une implication de Riyad dans sa disparition et l’a menacé d’« un châtiment sévère ».

Mais l’Arabie saoudite a promis dimanche de riposter à d’éventuelles sanctions. « Nous rejetons entièrement toute menace ou tentative d’affaiblir (le royaume), que ce soit via des menaces d’imposer des sanctions économiques ou l’usage de pression politique », a déclaré un haut responsable saoudien cité par l’agence de presse saoudienne SPA.

Paris, Londres et Berlin ont demandé une « enquête crédible ». « Défendre la liberté d’expression et une presse libre, et assurer la protection des journalistes sont des priorités essentielles pour l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France », ont déclaré dans un communiqué commun les ministres des Affaires étrangères de ces trois pays.

Sources : agences

Les autorités turques ont fouillé hier soir le consulat saoudien à Istanbul dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi. Un convoi de six voitures est arrivé au consulat sous haute sécurité peu après 19h00 (16h00 GMT), a constaté une journaliste de l’AFP sur place. Les policiers, certains en uniforme et d’autres en civil, sont immédiatement entrés dans le bâtiment pour entamer leurs recherches. Un groupe de responsables saoudiens censés participer à la fouille est arrivé au consulat près d’une heure avant la police turque. Cette fouille intervient au lendemain d’un entretien téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane d’Arabie au cours duquel ils ont évoqué le cas de M. Khashoggi.L’éditorialiste saoudien, critique du pouvoir de Riyad et...
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