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Économie - Politique Monétaire

Fed : la hausse des taux défendue par le FMI met les émergents sous pression

Le relèvement des taux d’intérêt est « un développement nécessaire » pour les économies comme les États-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage « extrêmement bas », a déclaré Christine Lagarde lors de la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale. Johannes P. Christo Thomson/ Reuters

En relevant ses taux, la Banque centrale américaine est-elle « folle » comme le clame Donald Trump ? Ce durcissement monétaire est en fait « inévitable », même s’il met les pays émergents sous pression, a répliqué hier la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. Le relèvement des taux d’intérêt est « un développement nécessaire » pour les économies comme les États-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage « extrêmement bas », a insisté Mme Lagarde lors de la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui se tient jusqu’à dimanche sur l’île indonésienne de Bali. De fait, pour éviter la surchauffe d’une économie en pleine forme et une éventuelle résurgence de l’inflation, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé les taux d’un quart de point de pourcentage par trois fois cette année. Elle compte le faire encore en décembre. Au grand dam du président américain Donald Trump, qui, rompant avec le traditionnel respect de l’indépendance de la Banque centrale, martèle son désaccord avec ce net renchérissement du coût du crédit.

Après le décrochage spectaculaire de Wall Street mercredi, Donald Trump a fait de l’institution un bouc émissaire : « Ils resserrent tellement (les taux) ! Je crois que la Fed est tombée sur la tête », a-t-il déploré.

À rebours de cette accusation, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, lui aussi présent à Bali, a en revanche dédouané la Fed de toute responsabilité. « Je ne pense pas qu’il y ait eu des nouvelles de la Fed aujourd’hui qui n’aient pas été connues avant (...). Les marchés montent et descendent », a placidement remarqué le grand argentier. D’autres grands argentiers ont défendu l’institution américaine hier : « Les régulateurs doivent avoir le loisir d’agir indépendamment, sans interférences politiques continuelles », a souligné le gouverneur de la Banque centrale sud-africaine Lesetja Kganyago, cité par Bloomberg. Cependant, le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a tenu à souligner hier, sur la chaîne CNBC, que le président américain « ne dict(ait) pas sa politique à la Fed ».

Combinaison « inédite »

Si elle défend le relèvement des taux d’intérêt par la Fed, la patronne du FMI reconnaît que cette remontée des taux américains creuse l’écart avec le reste du monde, quitte à assombrir une conjoncture planétaire déjà minée par les tensions commerciales. « Beaucoup de marchés émergents et de pays en développement ont tiré avantage de coûts de financement extrêmement bas » assurés par les taux américains quasi-nuls des dernières années, « pour souscrire des prêts souvent libellés en dollars », a-t-elle expliqué. Au risque d’être à présent bousculés par le renchérissement des financements disponibles, les fortes variations du cours des devises et des fuites de capitaux. La divergence avec les taux américains incite les investisseurs à rechercher des placements rémunérateurs aux États-Unis. Une équation délicate pour les pays émergents, qui « devront utiliser toutes les solutions de leur boîte à outils », même si les contrôles de capitaux ne peuvent être qu’« un dernier recours », a également plaidé Christine Lagarde.

Source : AFP

En relevant ses taux, la Banque centrale américaine est-elle « folle » comme le clame Donald Trump ? Ce durcissement monétaire est en fait « inévitable », même s’il met les pays émergents sous pression, a répliqué hier la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. Le relèvement des taux d’intérêt est « un développement nécessaire » pour les économies comme les États-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage « extrêmement bas », a insisté Mme Lagarde lors de la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui se tient jusqu’à dimanche sur l’île indonésienne de Bali. De fait, pour éviter la surchauffe d’une économie en pleine forme et une éventuelle résurgence de l’inflation, la Réserve...
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