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Moyen Orient et Monde

La francophonie au bord de la cacophonie ?

Analyse

À vouloir se faire plus grosse que le bœuf, la grenouille OIF risque d’éclater.

OLJ/Loïc VENNIN/AFP
10/10/2018

Ukraine, Bulgarie et bientôt peut-être Arabie saoudite : en s’ouvrant à des pays dont le rapport avec le français n’est pas évident et en s’aventurant sur des missions où elle semble moins légitime, la « francophonie » risque-t-elle de devenir inaudible ?

Quarante-deux États et gouvernements avaient pris part en 1986 au premier Sommet de la francophonie. Jeudi à Erevan, ils seront le double exactement.

Parmi eux, certains ont un rapport qui semble assez lointain de la définition que se donne l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), « une institution fondée sur le partage d’une langue, le français, et de valeurs communes ». L’Ukraine ne compte que 0,1 % de francophones, tout comme l’Uruguay, mais il est vrai qu’ils ne sont que des pays « observateurs », donc sans droit de vote. La Moldavie, elle, est membre de plein droit, même si elle ne compte que 2 % de francophones, tout comme la Bulgarie (3 %), selon les derniers chiffres de l’OIF. Actuellement, seul un tiers des pays de l’organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.

« J’observe ce fait avec circonspection. On parle même de l’adhésion de l’Arabie saoudite (qui sera étudiée au sommet d’Erevan, NDLR), un royaume théocratique qui n’est pas connu pour sa culture de langue française et encore moins pour son agenda politique progressiste », s’étonne Abdourahman A. Waberi, écrivain universitaire franco-djiboutien et penseur de la francophonie.

« Ces pays qui ont peu à voir avec la francophonie voient peut-être celle-ci comme un autre espace d’influence pour eux, comme si l’OIF constituait une petite ONU », analyse Linda Cardinal, titulaire de la chaire de recherche sur la francophonie à l’Université d’Ottawa.

Mais à vouloir se faire plus grosse que le bœuf, la grenouille OIF risque d’éclater. « Si le boeuf est l’ONU, l’OIF ne pourra jamais prétendre avoir la même envergure », rappelle Mme Cardinal, en référence à la célèbre fable de La Fontaine. Avec un budget annuel moyen de 85 millions d’euros, contre 5,6 milliards pour l’ONU, la francophonie ne peut bien entendu pas jouer dans la même cour. Pourtant, l’OIF démultiplie ses missions, au prix d’un grand écart hasardeux. Le « développement durable », « l’économie » et « la société civile » se sont ainsi ajoutés aux grandes missions, comme « la langue française », « la diversité culturelle », « l’éducation »...


(Lire aussi : Élection à la Francophonie: les chances de Michaëlle Jean quasi nulles, selon des sources)


Le « syndrome de l’UE »

« L’OIF court un réel danger de dispersion », estime Pierre-André Wiltzer, ancien ministre français de la Francophonie (2002-2004).

« Parmi les nouveaux membres, beaucoup n’avaient guère de véritables liens avec les objectifs fondamentaux de l’organisation. On a donc vu l’OIF s’intéresser progressivement à toutes sortes de sujets pour lesquels elle n’avait pas les moyens d’agir concrètement. C’est un syndrome qui, d’une certaine façon, frappe aussi l’Union européenne : l’élargissement risque de tuer l’approfondissement », souligne M. Wiltzer.

L’OIF doit « se concentrer sur le cœur de métier que constituent la langue, la culture », plaide Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État français en charge de la Francophonie. « Ce qu’on a pu constater ces dernières années, c’est peut-être un éparpillement avec beaucoup d’actions de communication ; il est important de revenir aux fondamentaux », a-t-il récemment jugé sur la radio RFI.

Le professeur belge Bruno Bernard, expert en francophonie économique, met cependant en garde contre l’abandon des missions « économiques ». « Il faut que la francophonie utilise sa langue pour permettre un épanouissement économique », au même titre que « l’American Way of Life, porté par Hollywood, est un outil de promotion pour les usines américaines », juge-t-il. Le président français Emmanuel Macron souligne quant à lui l’importance de la promotion de la paix. « Alors que l’espace francophone est confronté à des conflits et à des crises, à des phénomènes de radicalisation, à la difficile construction de l’État de droit, la francophonie doit contribuer directement à faire progresser la paix, la démocratie, les droits humains, l’égalité entre les femmes et les hommes », déclare M. Macron dans une interview récente aux Nouvelles d’Arménie.


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Honneur et Patrie

La Francophonie : Laisser ses amis et courir derrière les ennemis pour en faire des amis, on perd les premiers et on ne gagne pas les seconds.
Il ne faut pas oublier de souligner qu'au Liban le Ministère de la Santé s'appelle désormais Ministry of Public Health. (photo)

Le point

Il y a une théorie de management moderne, qui se propage comme un feu de forêts, et qui se résume à: "ratisser large", sans évoquer une autre théorie, non moins plus stupide, de "la transparence", afin que tout le monde sache qu'est-ce qui se cousine dans la francophonie.

Une participation aussi large empêche de relever les vrais problèmes du monde francophile.

Es-ce que la raison serait-elle bassement matérielle?; pour ramasser plus de contribution en invitant de pays riches comme l'Arabie Saoudite?

Le côté positif est que cette occasion offre aux chefs d'Etats d’inter communiqués sur des sujets politiques.

Sarkis Serge Tateossian

Le fond de la question posée dans cet article est totalement légitime.

Vouloir aller trop vite, ou servir de fourre-tout ne réussi jamais.

Favoriser toujours la qualité des travaux et des candidats et non pas leur quantité, est seul gage de réussite.

D'ailleurs, l'Europe des 28 ... En est la preuve.

C'est une question d'ouverture d'esprit mais dans le respect d'un calendrier capable d'intégrer sans se disperser...

Vive la francophonie.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LORSQUE LE TRAIN SORT DES RAILS C,EST QU,IL DERAILLE !

Talaat Dominique

Je ne comprend toujours pas, ce que des pays non-francophone viennent faire dans l'OIF !!!

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