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Économie - Récompense

Le 50e prix Nobel d’économie à deux Américains précurseurs de la croissance verte

Créé en 1968 pour célébrer les 300 ans de la Banque de Suède, le prix Nobel d’économie est la récompense la plus prestigieuse pour un chercheur en économie. Henrik Montgomery/Reuters

Allier innovation, climat et économie pour plus de croissance verte : le 50e prix Nobel d’économie a été attribué hier aux Américains William Nordhaus et Paul Romer qui ont décrit les vertus et nuisances de l’activité économique sur le climat. Favoris du Nobel depuis plusieurs années, les colauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète », a indiqué l’Académie royale des sciences.

Leurs travaux s’appuient sur ceux du keynésien Robert Solow, prix Nobel d’économie 1987 pour ses travaux concernant l’impact du progrès technique sur la croissance. Joint au téléphone par l’académie, William Nordhaus a dénoncé « les politiques désastreuses de l’administration Trump », qui a décidé de se retirer de l’accord de Paris sur le climat, en juin 2017.

Paul Romer, chercheur de 62 ans et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, est connu pour avoir théorisé « la croissance endogène » dès 1986, montrant comment l’innovation et le progrès technique participent de manière importante à la croissance, modèle adapté, dans les recherches de William Nordhaus, à l’innovation verte et à l’idée d’une croissance durable. Il a mis en avant le rôle des forces économiques et des régulations dans « l’inclination » des entreprises à innover. « Nombreux sont ceux qui pensent que la protection de l’environnement est si coûteuse et difficile à mettre en œuvre qu’ils préfèrent ignorer le problème, voire nier son existence », a déclaré à l’académie M. Romer, aujourd’hui enseignant à la Stern School of Business de l’université de New York. Son compatriote William Nordhaus, 77 ans, professeur à l’université de Yale, s’est spécialisé dans la recherche des conséquences économiques du réchauffement climatique. Il a été le premier, dans les années 1990, à modéliser le lien entre l’activité économique et le climat en conjuguant les théories et l’expérience tirées de la physique, de la chimie et de l’économie, a expliqué le jury Nobel. Ces travaux font aujourd’hui autorité et servent à prédire ou quantifier les conséquences des politiques climatiques, par exemple la taxe carbone.

Réchauffement climatique

La remise du prix Nobel d’économie coïncide avec la publication d’un rapport de 400 pages (voir page 7) par les experts climat de l’ONU (GIEC) qui expose les nombreux effets déjà à l’œuvre, et notamment la menace d’emballement au-delà de 1,5°C de réchauffement (par rapport aux niveaux pré-industriels) : vagues de chaleur, extinctions d’espèces, ou déstabilisation des calottes polaires, source de montée des océans sur le long terme.

« Nous pouvons vraiment réaliser des progrès substantiels pour protéger l’environnement sans pour autant renoncer à assurer une croissance durable », a affirmé Paul Romer. « Les mesures que nous devons prendre n’auraient pas été si difficiles si nous avions commencé plus tôt », a déclaré William Nordhaus, qui milite notamment pour une taxe carbone, uniforme et imposée à tous les pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les pays récalcitrants qui ne voudraient pas rejoindre ce « club du climat » seraient sanctionnés via des barrières douanières par exemple.

Source : AFP

Allier innovation, climat et économie pour plus de croissance verte : le 50e prix Nobel d’économie a été attribué hier aux Américains William Nordhaus et Paul Romer qui ont décrit les vertus et nuisances de l’activité économique sur le climat. Favoris du Nobel depuis plusieurs années, les colauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète », a indiqué l’Académie royale des sciences.Leurs travaux s’appuient sur ceux du keynésien Robert Solow, prix Nobel d’économie 1987 pour ses travaux concernant l’impact du progrès technique sur la croissance. Joint au téléphone par l’académie, William Nordhaus a dénoncé...
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