Les forces de sécurité israéliennes regroupées sur le site où a eu lieu l’attaque contre trois Israéliens dans la colonie d’Ariel, dans le nord de la Cisjordanie. Jack Guez/AFP
Un Palestinien a tué par balles deux Israéliens et blessé une troisième hier, dans une zone industrielle adjacente à une colonie de Cisjordanie occupée, un acte qualifié de « terroriste » par l’armée israélienne. L’assaillant, âgé de 23 ans, a réussi à prendre la fuite et les forces israéliennes ont déclenché une chasse à l’homme pour le retrouver, a indiqué l’armée.
Il travaillait, ainsi que les trois victimes, dans la zone industrielle de Barkan, située à proximité des colonies israéliennes de Barkan et d’Ariel, dans le nord de la Cisjordanie. Selon Jonathan Conricus, un porte-parole de l’armée israélienne, le Palestinien a ouvert le feu, tuant une femme et un homme et blessant une troisième employée.
L’attaque a eu lieu dans un dépôt du groupe Alon spécialisé dans le recyclage, a déclaré Eran Bodankin, un des administrateurs du site, à la chaîne Channel 10. L’assaillant a pénétré dans les bureaux pour résoudre un problème électrique et ouvert le feu sur une secrétaire et un directeur se trouvant là. Les victimes sont Kim Levengrond Yehezkel, 28 ans, secrétaire dans l’usine, et Ziv Hagbi, 35 ans, ont précisé les médias. L’assaillant a été décrit par l’armée comme un « loup solitaire ». Tout en qualifiant l’attaque de « terroriste », elle a indiqué que son auteur avait également eu d’autres motivations, sans autres précisions.
La coexistence « attaquée »
La zone industrielle à proximité de Barkan a souvent été dépeinte par les Israéliens comme un symbole de la coexistence, Israéliens et Palestiniens y travaillant côte à côte. Il est souvent difficile pour les Palestiniens de trouver un emploi en Cisjordanie, une situation les poussant parfois à devoir travailler dans des colonies israéliennes, des implantations civiles dans les territoires palestiniens occupés, illégales aux yeux du droit international.
Yossi Dagan, qui dirige le conseil régional du groupement de colonies où a eu lieu la fusillade, s’est ému de « voir les employés juifs et palestiniens se tenir debout, dehors, ensemble, et pleurer » après l’attaque. Il a accusé les dirigeants palestiniens d’avoir « encouragé » cette « terrible attaque terroriste ».
Lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a évoqué une « très grave attaque terroriste » et s’est dit confiant que l’assaillant serait capturé et livré à la justice. « Ce n’était pas seulement une attaque contre des innocents vaquant à leurs activités quotidiennes, c’était aussi une attaque contre la possibilité qu’Israéliens et Palestiniens coexistent pacifiquement », a déclaré dans un communiqué le président Reuven Rivlin, appelant les dirigeants palestiniens à condamner l’attaque.
L’Autorité palestinienne n’avait pas encore réagi, hier en soirée, à l’attaque. Dans la bande de Gaza qu’il contrôle, le mouvement islamiste palestinien Hamas s’est, pour sa part, félicité dans un communiqué de l’attaque, qualifiée de « réponse naturelle aux crimes de l’occupation israélienne ». Le Jihad islamique, deuxième force islamiste dans les territoires palestiniens derrière le Hamas, a également salué l’attaque dans des termes similaires. Ces deux groupes sont considérés comme des organisations « terroristes » par Israël.
Source : AFP


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