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Économie - Hôtellerie

En Tunisie, les touristes reviennent, mais les revenus non

Des touristes au musée du Bardo, le 3 octobre. Fethi Belaid/AFP

Plus de six millions de vacanciers sont venus en Tunisie cette année, soit davantage qu’en 2014, avant une série d’attentats dévastateurs : mais si le tourisme a rebondi, les retombées économiques ne suivent pas, entre mauvaise gestion, concurrence et difficulté à rapatrier les devises. Les revenus du tourisme en euros ont augmenté de 28 % sur un an, du 1er janvier au 20 septembre, à 1 milliard d’euros (1,15 milliard de dollars), pour 6,2 millions de touristes, selon le gouvernement tunisien. Cela constitue plus de touristes que sur l’ensemble de l’année 2014 (6,07) mais, dans le même temps, moins des deux tiers des recettes engrangées cette année-là (1,59 md d’euros).

La STB, l’une des principales banques tunisiennes, mise en difficulté par l’imposante dette des hôteliers, traîne 1,7 milliard de dinars de dettes des hôteliers. En tout, ces derniers doivent toujours 4,4 milliards de dinars (1,56 milliard de dollars) à l’ensemble des banques. Ces créances empêchent les établissements endettés de contracter de nouveaux crédits pour se moderniser.

L’hôtellerie a été développée à marche forcée dans les années 1990 sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali. Les banques ont prêté largement à des notables pour qu’ils lancent leur hôtel, donnant naissance à une multitude d’établissements souvent mal gérés.

Depuis 2015, une circulaire permettait aux banques de ne pas provisionner les créances non performantes des opérateurs touristiques. Il s’agissait d’alléger la pression sur ces acteurs-clés de l’économie, dans la foulée d’attentats contre le principal musée de Tunis (le Bardo) et une station balnéaire de Sousse, qui avaient fait 60 morts et entraîné une chute brutale du tourisme. Mais cette facilité n’a pas été renouvelée cette année. « Un crédit, ça se rembourse, (et) le temps est venu pour cela », souligne le directeur général de la STB, Samir Saied. « Autant nous avons été flexibles, autant nous allons être très exigeants sur le remboursement », martèle-t-il.

Un pari compliqué : la STB déplore une durée moyenne des procédures en justice dépassant les sept ans. « C’est un secteur chouchouté par l’État. Quand une banque va en justice contre un hôtel, on ne cesse de nous rappeler que c’est le tourisme qui fait vivre 800 000 familles... » estime un cadre d’une banque franco-tunisienne.

Fraudes

En outre, une concurrence effrénée affaiblit les hôtels de moyenne et basse gamme. Ceux-ci ont peu de pouvoir de négociation face à des tour-opérateurs dont les charters sont la seule façon de pallier le manque de vols réguliers, souligne la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), qui réclame l’ouverture à la concurrence du trafic aérien, un serpent de mer en Tunisie. Une poignée d’intermédiaires engrangent en outre une large part des bénéfices des propriétaires incapables de traiter eux-mêmes avec les tour-opérateurs étrangers, souligne la STB. Et certains patrons d’hôtel sont soupçonnés de frauder, plaçant en Europe ou dans le foncier une partie de leurs recettes.

« Légalement, les bénéfices doivent être rapatriés dans les banques tunisiennes, mais on sait qu’une partie de l’argent reste ailleurs », explique le cadre de la STB.

Caroline Nelly PERROT/AFP

Plus de six millions de vacanciers sont venus en Tunisie cette année, soit davantage qu’en 2014, avant une série d’attentats dévastateurs : mais si le tourisme a rebondi, les retombées économiques ne suivent pas, entre mauvaise gestion, concurrence et difficulté à rapatrier les devises. Les revenus du tourisme en euros ont augmenté de 28 % sur un an, du 1er janvier au 20 septembre, à 1 milliard d’euros (1,15 milliard de dollars), pour 6,2 millions de touristes, selon le gouvernement tunisien. Cela constitue plus de touristes que sur l’ensemble de l’année 2014 (6,07) mais, dans le même temps, moins des deux tiers des recettes engrangées cette année-là (1,59 md d’euros). La STB, l’une des principales banques tunisiennes, mise en difficulté par l’imposante dette des hôteliers, traîne 1,7 milliard...
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