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Liban - Drame

Réfugiés : la mer emporte un garçon de 5 ans après le naufrage de son embarcation

Pour Mouïn Merhebi, l’implication du Hezbollah en Syrie contribue à la misère des déplacés.

L’armée libanaise secourant des dizaines de personnes d’une petite embarcation ayant fait naufrage au large du Akkar, au Liban-Nord. Photo AFP / site de l’armée / Anwar Amro

Les réfugiés syriens semblent être condamnés à vivre éternellement dans la misère qu’ils connaissent depuis qu’ils ont fui la guerre qui a éclaté dans leur pays en 2011. Samedi, le rêve de jours plus cléments auxquels aspirait un groupe d’entre eux s’est effondré avec le naufrage de la barque qu’il avait empruntée dans une tentative de rejoindre illégalement Chypre pour se rendre ensuite en Europe. Un naufrage qui a coûté la vie à un garçon de cinq ans : Khaled Nejmé.

Le drame a eu lieu tôt le matin, vers 6h30, au large du Akkar, au niveau du village frontalier Cheikh Zennad. « Trente-neuf personnes, en grande majorité des réfugiés syriens, mais aussi six Libanais et une palestinienne, se sont entassées dans une barque de huit mètres de long, en fibre de verre, qui peut contenir à peine dix personnes, selon notre correspondant au Akkar, Michel Hallak. Sous l’effet du surpoids, l’embarcation s’est retournée à un endroit où la profondeur atteint quarante mètres. Les cris à l’aide ont alerté un groupe de pêcheurs qui ont appelé les renseignements de l’armée et les forces de sécurité. Les personnes qui étaient à bord de l’embarcation vivaient à Beddaoui et dans les alentours de Tripoli. »

Dans un communiqué, le bureau d’orientation de l’armée a expliqué qu’ « une patrouille de la marine a été dépêchée immédiatement sur les lieux pour aider les naufragés, en coopération avec la Croix-Rouge libanaise ». Un enfant de cinq ans, Khaled Nejmé, a péri dans ce naufrage. Son corps a été transporté à l’hôpital gouvernemental de Minié. Quatre autres personnes éaient dans un état de détresse respiratoire. La Croix-Rouge libanaise leur a donné les premiers secours avant de les transporter à l’hôpital Kheir à Minié.

Khaled Nejmé est de père syrien et de mère palestinienne. Celle-ci vivait dans le camp de Nahr el-Bared avant de déménager avec son mari à Beddaoui. Celui-ci les avait précédés en Europe en empruntant une de ces embarcations illégales. La femme a voulu le rejoindre en compagnie de son fils et de sa fille. Mais le sort en a voulu autrement. « Ce n’est pas la première fois que de tels voyages sont organisés, explique Michel Hallak. Certaines personnes ont réussir à fuir. D’autres ont été arrêtées par l’armée avant d’entreprendre le voyage. » Il précise que les personnes qui étaient à bord de la barque de pêche sont actuellement au poste de l’armée à Abdé. L’enquête se poursuit pour identifier les circonstances de cette opération et les organisateurs de ce périple.


(Lire aussi : Réfugiés syriens : les 17-42 ans réticents à l’idée de rentrer chez eux)


« Neutraliser le Hezbollah en Syrie »

Contacté par L’Orient-Le Jour, le ministre d’État sortant pour les Affaires des réfugiés, Mouïn Merhebi, a confié ne pas être surpris par les tentatives des réfugiés à se faire une nouvelle vie plus décente dans un autre pays, d’autant que le Liban « les a accueillis dans la mesure de ses moyens ». « Ils vivaient malheureusement dans des conditions déplorables et les aides qui leur parvenaient se sont amenuisées, note-t-il. Ils étaient prêts à tout pour s’offrir une vie plus décente, ce qu’ils ne pouvaient pas faire dans un pays aussi petit que le Liban. »

Pour M. Merhebi, on ne peut contrôler ces tentatives de fuite illégale que si on « neutralise l’implication du Hezbollah dans la guerre en Syrie ». « La principale cause de la présence des réfugiés syriens au Liban reste le Hezbollah, insiste-t-il. Le peuple syrien essaie de rentrer dans son pays, les statistiques l’ont montré, mais les circonstances ne sont pas propices à ce retour. Beaucoup d’entre eux sont rentrés sans qu’ils ne soient inscrits sur les listes approuvées par le régime. Cela est une preuve qu’ils sont attachés à leur terre. »

Réagissant à la nouvelle de ce naufrage, la représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Liban, Mireille Girard, s’est dit « profondément bouleversée par la perte en mer d’une autre jeune vie ». « Les réfugiés devraient avoir d’autres options que celle de mettre leur vie en danger. Les réfugiés syriens ont besoin de possibilités d’être accueillis dans des pays tiers et, surtout, de la paix dans leur pays natal », a-t-elle ajouté, samedi, sur son compte Twitter.



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