Liban

Gouvernement : les Occidentaux invitent certaines parties à revoir leurs ambitions démesurées

Éclairage
24/09/2018

Le président du Parlement, Nabih Berry, est invité par l’Assemblée nationale française à se rendre en France, à la tête d’une délégation de députés représentant tous les blocs politiques parlementaires. Avec pour objectif de mener des discussions susceptibles de surmonter les obstacles et de défaire les nœuds qui empêchent la formation du gouvernement. Autrement dit, d’organiser un mini-La Celle-Saint-Cloud, en référence à la réunion organisée en juillet 2007, qui avait réuni les principaux partis politiques libanais, dans l’espoir de contribuer à la reprise d’un dialogue rompu depuis sept mois. Le président de la Chambre a remercié la France pour son initiative et a promis de considérer incessamment la question.

Dans les milieux français, on considère que le « oui » de Nabih Berry, qui doit encore fixer une date, indique qu’il détient des issues à la crise. Il les aurait envisagées avec les forces politiques et leurs responsables. Des observateurs s’attendent dans ce cadre à ce que M. Berry se rende à Baabda, dès le retour du président Aoun de New York. La réunion portera bien entendu sur la nécessité d’accélérer la formation du gouvernement, au vu d’une situation économique qui ne tolère plus de report. Sans oublier que la réputation du Liban est aujourd’hui en jeu, auprès des pays donateurs notamment.

Les mêmes milieux français affirment que Paris a fait le nécessaire. Après le retour sur la démission du Premier ministre Hariri du 4 novembre 2017, non seulement la France a mené les contacts nécessaires avec un certain nombre de pays pour organiser les conférences, mais elle a assuré au Liban des fonds de quelque 12 milliards de dollars. Elle estime à présent que c’est aux Libanais d’assumer leurs responsabilités et de faire les concessions nécessaires pour former rapidement un gouvernement, afin de bénéficier de l’assistance promise. Et n’hésite pas à faire part de son mécontentement de l’attitude des responsables politiques libanais. Tout en se disant prête à jouer le rôle de facilitateur. Car le nœud qui empêche la formation du gouvernement est purement interne, même si des parties extermes en tirent profit, renchérissent des milieux occidentaux. Selon ces milieux, il réside dans les ambitions démesurées de certaines parties, qu’il faut revoir à la baisse. D’autant que la crise régionale est en voie de résolution. Et pour cause, l’accord d’Idleb entre la Turquie et la Russie a mis fin à la guerre en Syrie et a écarté toute solution militaire, et donc toute intervention iranienne et du régime syrien dans cette région rebelle, au bénéfice d’une solution politique. Dans cet état des lieux, le président français, Emmanuel Macron, doit rencontrer son homologue iranien à New York, Hassan Rohani, où il évoquera le dossier libanais, alors que sur le plan interne, l’ambassadeur français, Bruno Foucher, multiplie les rencontres avec les forces politiques libanaises. En revanche, apprend-on de source informée, M. Macron ne rencontrera pas Michel Aoun à New York, pas plus qu’il ne recevra Saad Hariri à Paris.

La tendance serait donc à la formation d’un gouvernement de compromis, où aucune partie ne détiendrait le tiers de blocage, où règnerait le principe du « ni vainqueur ni vaincu ». Une solution à laquelle s’accroche Saad Hariri, car elle permet la participation de tous au pouvoir, comme l’impose la formule libanaise, surtout que nul ne peut éliminer l’autre ou gouverner seul, estime-t-il. Une solution également soutenue par Washington qui craint toujours le terrorisme, d’où la visite à Beyrouth vendredi dernier du chef du FBI, Christopher Wray.

Dans les coulisses de la vie politique libanaise, l’assouplissement se dessine déjà. Selon des sources proches du Hezbollah, le parti chiite n’en peut plus de cette situation de vide gouvernemental, surtout après l’attentat qui a touché l’Iran, samedi dernier. Son chef, Hassan Nasrallah, a invité les parties à former un gouvernement, réaffirmant qu’il n’est pas la raison du blocage. Quant au nœud chrétien, il pourrait être défait comme tel : si Gebran Bassil, le chef du CP, s’agrippe aux ministères des Travaux publics et de l’Énergie, les Marada pourraient bien obtenir la Santé, et les FL, la Justice et la vice-présidence du Conseil. Côté druze, il est question que le troisième ministre druze ne soit pas issu du PSP, mais qu’il soit accordé à un proche du parti de Walid Joumblatt, au détriment de Talal Arslane. Dans ce cadre, Nabih Berry s’active. Il a déjà rencontré le député Taymour Joumbatt, chef du bloc parlementaire du PSP, et poursuit ses rencontres avec d’autres parties.


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gaby sioufi

la tendance, la tendance, LES tendances !
on sait bien qu'elles sont éphémères n'est ce pas ,
pire encore elles sont artificielles la +part des fois, donc DE FAUSSES TENDANCES.

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