Rechercher
Rechercher

À La Une - France

Récupération de milliers de vieux pneus installés pour créer des récifs artificiels en Méditerranée

L'opération doit durer un mois pour retirer dans un premier temps 10.000 pneus. Une seconde campagne sera lancée au printemps prochain pour enlever 12.500 autres pneumatiques restant.

Un membre de l'équipage du navire Ocea participant à l'opération de récupération de milliers de vieux pneus en Méditerranée, le 21 septembre 2018, à Vallauris, dans le sud-est de la France. AFP / VALERY HACHE

Ils avaient été mis à l'eau dans l'espoir de créer des récifs artificiels. Las, près de 40 après, des milliers de vieux pneus sont repêchés dans un site protégé de Méditerranée car ils sont loin d'avoir rempli leur mission. A 500 mètres du rivage au large de Vallauris, des grappes sombres sont retirées des eaux turquoise du golfe Juan, dans une zone protégée pratiquement en face de la fastueuse propriété du roi d'Arabie saoudite.

"Le matin, c'est facile, l'eau est claire, on enfile le bout autour des pneus comme un collier et on les fait remonter avec la grue, mais l'après-midi, à force de remuer tout ça au fond, on n'y voit plus rien et ça se complique", lance Morgan Postic, du pont de l'Océa, avant d'enjamber le bastingage de ce navire pour une nouvelle plongée.
Comme Morgan, quatre autres scaphandriers se relaient depuis le début de la semaine, à raison de plongées de 40 minutes, sous le soleil de plomb qui écrase encore ce golfe des Alpes-Maritimes, entre Cannes et Juan-les-Pins, dans le sud-est de la France. Des milliers de pneus y sont immergés depuis les années 80, par 30 mètres de fond.
Financée à hauteur d'un million d'euros par un organisme d'Etat, et par la fondation du fabricant de pneumatiques Michelin pour 200.000 euros, l'opération doit durer un mois pour retirer dans un premier temps 10.000 pneus. Une seconde campagne sera lancée au printemps prochain pour enlever 12.500 autres pneumatiques restant.

Cette "première" a été lancée après des études menées en 2005 par l'Université de Nice qui ont montré que les pneus, une trentaine d'années après leur immersion, continuaient à "émettre des produits toxiques", notamment des métaux lourds, explique Patrice Francour, professeur d'écologie au laboratoire Ecomers de l'Université de Nice Côte-d'Azur.


(Lire aussi : Des tanks au large de Saïda, un réel atout pour les fonds marins ?)


Recyclés à terre
En 2015, une première opération pilote a permis de remonter 2.500 pneus sur les 25.000 qui avaient été immergés, et surtout de valider le principe d'une opération de nettoyage complet du site, situé dans une zone Natura 2000.

Dans les années 80, "on espérait restaurer ici une vie aquatique mais ça n'a pas fonctionné, il s'est avéré que ce récif de pneus n'était pas un milieu prolifique pour la biomasse", explique Eric Duplay, adjoint au maire d'Antibes. Il justifie l'opération actuelle par le fait que "les pneus peuvent se dégrader, se transformer en granulat et envahir les champs de posidonie", des plantes aquatiques.
Installés à l'origine à l'initiative des pouvoirs publics et des pêcheurs, et situés entre la zone coralligène et les herbiers de posidonie, dans une aire marine où la pêche est interdite, ces récifs n'ont pas, notamment, "accueilli d'espèces sédentaires comme les chapons", confirme Denis Genovese, président du comité départemental des pêches. "Il y avait bien des mérous, des congres et des sars qui tournaient autour, mais aucune espèce ne s'est réellement habituée ici", ajoute ce pêcheur d'Antibes.

Les pneus, une fois remontés à bord de l'Océa, seront ensuite acheminés à Nice et recyclés pour servir de granulat pour les matériaux de construction, notamment pour les routes. "Ensuite, nous allons laisser les fonds se restaurer naturellement et continuer à surveiller la zone avec des capteurs permettant de mesurer comment cette aire marine protégée, qui est pour nous une sorte de laboratoire, va évoluer", indique Patrice Francour, de l'Université de Nice. Ce récif de pneumatiques, unique en France, est en revanche plus répandu dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis, selon ce scientifique.


Lire aussi
Sous la canicule, 300 km à pied pour nettoyer les plages de Tunisie

Les 16 sites classés « propres à la baignade  au Liban», selon le CNRS

Au Maroc, des plages salies par les ordures

« La pollution tue plus que le terrorisme au Liban »

Ils avaient été mis à l'eau dans l'espoir de créer des récifs artificiels. Las, près de 40 après, des milliers de vieux pneus sont repêchés dans un site protégé de Méditerranée car ils sont loin d'avoir rempli leur mission. A 500 mètres du rivage au large de Vallauris, des grappes sombres sont retirées des eaux turquoise du golfe Juan, dans une zone protégée pratiquement en face...
commentaires (1)

NOUS N,AVONS PAS L,EXCLUSIVITE DE LA POLLUTION DE LA MEDITERRANEE ! DEVENUE LA POUBELLE DE TOUTES LES NATIONS QUI ONT DES ACCES SUR SES RIVAGES... ET NON SEULEMENT !

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

10 h 23, le 23 septembre 2018

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • NOUS N,AVONS PAS L,EXCLUSIVITE DE LA POLLUTION DE LA MEDITERRANEE ! DEVENUE LA POUBELLE DE TOUTES LES NATIONS QUI ONT DES ACCES SUR SES RIVAGES... ET NON SEULEMENT !

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    10 h 23, le 23 septembre 2018

Retour en haut