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Moyen Orient et Monde

Le pape, en mode démineur, reçoit la conférence épiscopale américaine

Pédophilie
OLJ
14/09/2018

Le pape – en première ligne face à une déferlante de nouvelles enquêtes dévastatrices détaillant des abus sexuels commis par le clergé – a reçu hier très discrètement la direction de l’épiscopat américain, décidé à déminer le terrain le plus explosif de l’Église.

François s’est entretenu hier à huis clos dans son palais épiscopal avec le président de la conférence des évêques catholiques des États-Unis, le cardinal Daniel DiNardo, son vice-président Mgr José Horacio Gómez et son secrétaire général Mgr Brian Bransfield. Ils étaient aussi accompagnés par l’archevêque de Boston, Sean O’Malley, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs et proche conseiller de François. Ce dernier a été aperçu par l’AFP sortant de la cité du Vatican plus d’une heure après le début de la rencontre très attendue, mais la direction de l’épiscopat américain a évité les caméras. Le Vatican s’est contenté de publier deux photographies, l’une très souriante du pape, l’autre au regard sévère.

Un sondage diffusé mercredi par la chaîne américaine CNN révèle une chute de popularité du pape François aux États-Unis. Seulement la moitié des Américains (48 %) se déclarent favorables au pontife argentin, contre 72 % en décembre 2013, première année de son pontificat. Au sein des catholiques américains, sa cote a également baissé à 63 %, contre 83 % dix-huit mois plus tôt, souligne cette même enquête réalisée la semaine dernière auprès de 1 000 personnes.

La publication en août d’un terrifiant rapport sur des agressions sexuelles commises en Pennsylvanie (est des États-Unis) par des membres du clergé, ajoutée à la démission en juillet du cardinal Theodore McCarrick accusé d’abus sexuels anciens sur un jeune homme de 16 ans ont secoué l’ensemble de l’Église américaine, révélant au passage de profondes divisions politiques entre les évêques.

Puis un ex-ambassadeur auprès du Saint-Siège, Mgr Carlo Vigano, est allé jusqu’à demander la démission du pape fin août, en l’accusant d’avoir couvert Mgr McCarrick pendant cinq ans, alors que cet ancien archevêque de Washington était présenté par des diplomates comme un redoutable prédateur homosexuel de séminaristes et prêtres. Mgr Vigano accuse aussi François d’avoir balayé des sanctions (apparemment assez confidentielles) prononcées à l’encontre de Mgr McCarrick par son prédécesseur Benoît XVI.

« Le 11-Septembre de l’Église »

Les abus sexuels commis par des membres du clergé sur des mineurs sont « le 11-Septembre » de l’Église, a décrit mardi Mgr Georg Gänswein, secrétaire particulier du pape émérite Benoît XVI, en parlant de tant de victimes « blessées si gravement et mortellement ».

Fin août, le cardinal DiNardo, de Houston, avait exprimé son désir de rencontrer le pape pour lui présenter le « plan d’action » élaboré par les évêques américains pour « faciliter le signalement d’abus ou de mauvaise conduite par des évêques ». Mgr DiNardo avait prudemment fait valoir que les accusations de Mgr Vigano renforçaient la nécessité d’un examen « rapide et complet » des raisons pour lesquelles « les graves erreurs morales d’un frère évêque (McCarrick) avaient pu être tolérées pendant si longtemps sans entraver son avancement ».

Le pape François a aussi accepté hier la démission d’un évêque américain, Mgr Michael Bransfield, qui a été accusé de « harcèlement sexuel sur des adultes », selon un communiqué de son diocèse. Il s’agit d’un cousin de Mgr Brian Bransfield, reçu le même jour au Vatican.

Aux États-Unis, un groupe rassemblant 5 000 chefs d’entreprises catholiques a mis sous séquestre 820 000 dollars de contribution annuelle destinée au Saint-Siège dans l’attente de clarifications.

Si le pape François a refusé jusqu’à présent de commenter les accusations de Mgr Vigano, lancées voici presque trois semaines au beau milieu d’un voyage déjà compliqué en Irlande, le Vatican a précisé lundi qu’il apporterait prochainement « les éclaircissements nécessaires ».

François vient de convoquer du 21 au 24 février 2019 au Vatican une réunion sans précédent de tous les présidents des conférences épiscopales dans le monde pour aborder le thème de « la protection des mineurs ».

Source : AFP

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