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À La Une - Liban

Gouvernement : nous attendons que Hariri prenne l'initiative, lance Aoun

Reçu à Baabda, le président de la Confédération suisse a souligné qu'une solution politique devait être trouvée en Syrie afin d'y assurer le retour volontaire des réfugiés. 

Le président libanais Michel Aoun (d) recevant le président de la Confédération helvétique, Alain Berset, lundi 27 août 2018 au palais de Baabda. Photo tirée du compte twitter de la présidence libanaise.

Le président de la République libanaise, Michel Aoun, a appelé lundi le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à "prendre l'initiative" et former le gouvernement, "maintenant qu'il a entendu les revendications des différentes parties" politiques. M. Aoun a fait ces déclarations lors d'une conférence de presse commune avec le président de la Confédération helvétique, Alain Berset, qu'il a reçu à Baabda. 

"Nous écoutons les revendications des différentes parties et nous œuvrons pour un compromis", pour former un gouvernement, a lancé le président Aoun. Saad Hariri a entendu toutes les parties et il doit maintenant prendre une initiative pour former le futur cabinet. Nous l'attendons".

Cela fait maintenant trois mois que Saad Hariri a été désigné pour former le gouvernement, une mission rendue difficile par les revendications des différentes formations politiques, notamment celles opposant les formations chrétiennes et druzes.

Des sources proches de la présidence avaient indiqué ce week-end que le président Aoun devrait rencontrer M. Hariri en début de semaine pour faire le point sur la formation du gouvernement et prendre les mesures appropriées pour accélérer cette procédure. Selon ces sources, le chef de l'Etat a décidé d'agir si le gouvernement n'est pas formé rapidement, et envisagerait de demander des concessions aux différents blocs parlementaires afin de débloquer la situation. Le président pourrait également adresser un message aux Libanais révélant les raisons du retard dans la formation du gouvernement. D'après ces sources, citées par notre correspondante Hoda Chedid, le président Aoun souhaite que le gouvernement soit formé avant son départ pour Strasbourg, où il doit assister à la séance d'ouverture du Parlement européen, du 10 au 12 septembre, ou du mois avant sa participation à l'Assemblée générale de l'ONU dans le courant du mois. 

Réagissant aux propos de M. Aoun, des sources proches du Premier ministre désigné ont affirmé à la chaîne de télévision locale LBC que M. Hariri a bien compris la position du chef de l'Etat. "Plusieurs formules pour le futur cabinet existent, et il faut former le gouvernement à partir de ces moutures, et non pas chercher de nouvelles solutions", ont ajouté ces sources. "Saad Hariri insiste sur la formation d'un gouvernement d'union nationale basé sur la participation de toutes les forces politiques essentielles présentes au Parlement", ont-elles ajouté, soulignant que le Premier ministre désigné refuse la formation d'un gouvernement majoritaire.


Réfugiés
M. Aoun a par ailleurs longuement évoqué la question des réfugiés syriens avec son homologue suisse. Il  a "réitéré la position du Liban en ce qui concerne le retour des réfugiés syriens vers des zones sûres dans leur pays". Le chef de l'Etat a souligné que Beyrouth a "favorablement accueilli l'initiative russe et demandé à la Suisse de soutenir cette initiative et de ne pas lier le retour des réfugiés à une solution politique qui risque de prendre du temps". Répondant à une question d'un journaliste suisse, le chef de l'Etat libanais a souligné que "même si la Suisse est un pays neutre, le problème des réfugiés est un problème humanitaire et la neutralité ne signifie pas qu'on ne peut pas s'engager pour aider les autres".

Le Liban accueille sur son sol 1,5 million de réfugiés - soit près du tiers de sa population -, dont moins d'un million inscrits auprès du HCR.

De son côté, le président de la Confédération suisse a souligné que son pays comprend "les défis auxquels doit faire face le Liban en conséquence du conflit syrien et salue la solidarité et la générosité des Libanais qui ont accueilli les réfugiés syriens". M. Berset a assuré que la Suisse "prend en considération non seulement les besoins des réfugiés mais également ceux du pays hôte" et qu'elle "poursuivra son aide au Liban". Le président suisse a insisté sur l'importance de "trouver des solutions politiques à la crise en Syrie et d'assurer la stabilité du pays afin de pouvoir y assurer le retour volontaire des réfugiés", d'après la même source. 

Le mois dernier, Moscou, qui soutient militairement Damas dans la guerre qui ravage la Syrie, avait lancé une initiative pour le retour des réfugiés installés au Liban et en Jordanie. Cette initiative a été lancée alors que les autorités libanaises, en coopération avec les services de sécurité syriens, organisent des opérations de rapatriement de réfugiés, via lesquelles plusieurs centaines de Syriens sont rentrés, notamment dans la région du Qalamoun.


"Grand chantier de réformes"
Au cours de l'entretien entre MM. Aoun et Berset, le président libanais a en outre ajouté que le Liban était toujours attaché à l'initiative de paix arabe, soulignant "la nécessité de respecter les droits du peuple palestinien, et notamment son droit au retour". Il a affirmé que le pays du Cèdre "condamne la loi israélienne sur l'Etat-nation, qui est contraire au cours de l'histoire, et rejette toute atteinte à la symbolique de Jérusalem et à son statut humain et religieux unique".

Abordant la situation économique, le chef de l'Etat libanais a informé son homologue qu'un "grand chantier de réformes" attendait le Liban qui doit mettre en œuvre les décisions de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), tenue le 6 avril à Paris, et lutter contre la corruption.
La communauté internationale s’est engagée lors de la conférence de Paris à mobiliser en faveur du Liban 10,2 milliards de dollars de prêts, dont 9,9 milliards à des taux bonifiés, et 860 millions de dollars de dons, destinés principalement à subventionner les intérêts de ces mêmes prêts. Ces aides sont néanmoins conditionnées à la mise en œuvre de réformes par le Liban.

En parallèle à la réunion qui s'est tenue à Baabda, une convention a été signée entre les deux pays, permettant l'exemption mutuelle des exigences requises pour l'obtention d'un visa d'entrée pour les détenteurs de passeports diplomatiques. Cet accord a été signé par le ministre suisse aux Affaires de l’émigration, Urs Von Arb, et le directeur des affaires politiques au ministère libanais des Affaires étrangères, Ghadi Khoury.


Photo Dalati et Nohra



Le président Berset a également évoqué la question des réfugiés avec le président de la Chambre, Nabih Berry, qui l'a reçu à Aïn el-Tiné. A ce sujet, M. Berry a estimé que "les régions dont sont originaires 95% de nos frères syriens présents au Liban, si pas plus, sont désormais libérées". "Nous ne forçons personne mais, avec le gouvernement, nous devons aider la Syrie et l’État syrien à organiser le retour" des réfugiés, a-t-il ajouté.  Concernant la formation du cabinet, le chef du Législatif a affirmé être "tout aussi convaincu que le président Aoun et le Premier ministre désigné de l'importance de former le gouvernement le plus rapidement possible". "Nous ne pouvons pas rester plus longtemps dans cette situation", a-t-il poursuivi. 

Dans la soirée, M. Berset a été reçu par le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à la Maison du Centre en présence notamment de deux de ses conseillers, le ministre sortant de la Culture, Ghattas Khoury, et l'ancien ministre Bassem Sabeh. Les deux responsables ont évoqué les dossiers de la formation du gouvernement d'entente nationale et les relations, notamment économiques, entre le Liban et la Suisse.

La visite d'Alain Berset est la seconde d’un président suisse au Liban en dix ans. Mardi, le président suisse et sa délégation se rendront au Liban-Nord où ils seront reçus par le patriarche maronite Béchara Raï au siège estival du patriarcat à Dimane, en présence des hauts dignitaires des différentes communautés religieuses. Egalement au programme, la visite du musée Gebran Khalil Gebran et de la forêt des cèdres de Bécharré. Auparavant, en matinée, la délégation suisse tiendra une réunion avec la Croix-Rouge libanaise au Nord et effectuera une visite au camp de réfugiés syriens de Tell Maayane (Akkar).



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Le président de la République libanaise, Michel Aoun, a appelé lundi le Premier ministre désigné, Saad Hariri, à "prendre l'initiative" et former le gouvernement, "maintenant qu'il a entendu les revendications des différentes parties" politiques. M. Aoun a fait ces déclarations lors d'une conférence de presse commune avec le président de la Confédération helvétique, Alain Berset, qu'il a reçu à Baabda. "Nous écoutons les revendications des différentes parties et nous œuvrons pour un compromis", pour former un gouvernement, a lancé le président Aoun. Saad Hariri a entendu toutes les parties et il doit maintenant prendre une initiative pour former le futur cabinet. Nous l'attendons".Cela fait maintenant trois mois que Saad Hariri a été désigné pour former le gouvernement, une mission rendue difficile par les...
commentaires (3)

"où il = Michel Aoun doit assister à la séance d'ouverture du Parlement européen". C'est absurde qu'il doit assister ; il pourrait facilement s'excuser ....

Stes David

15 h 41, le 27 août 2018

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Commentaires (3)

  • "où il = Michel Aoun doit assister à la séance d'ouverture du Parlement européen". C'est absurde qu'il doit assister ; il pourrait facilement s'excuser ....

    Stes David

    15 h 41, le 27 août 2018

  • Langue de bois...comme toujours... qui passe difficilement pour les vrais connaisseurs du Liban et de ses dirigeants, grands et petits ! Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 52, le 27 août 2018

  • C,EST PLANTER LE COUTEAU DANS LE DOS DE QUELQU,UN...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 33, le 27 août 2018

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