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Le Libano-Brésilien Fernando Haddad, plan B de Lula pour la présidentielle

Brésil

Ce fils d'immigrés libanais et ancien maire de Sao Paulo est officiellement candidat à la vice-présidence.

OLJ/AFP/ Sebastian Smith
09/08/2018

Fernando Haddad est dans une situation à la fois étrange et inconfortable : il doit être la "voix" de son mentor Lula, qui tente de gagner l'élection présidentielle brésilienne depuis sa prison, mais pourrait finalement le remplacer en haut de l'affiche. Pour le moment, ce fils d'immigrés libanais né au Brésil 1963 et ancien maire de Sao Paulo est officiellement candidat à la vice-présidence du pays sur le ticket de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010). L'actuel président, Michel Temer, est lui aussi Brésilien issu d'une famille de Libanais ayant émigré au Brésil dans les années 1920.

Lula, qui purge depuis avril une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption et blanchiment d'argent, rêve de briguer un troisième mandat mais sa candidature sera vraisemblablement invalidée par la justice électorale.
Mais l'icône de la gauche n'a rien perdu de son charisme et les sondages le placent largement en tête des intentions de vote pour le scrutin du 7 octobre, avec plus de 30% des voix.

Le Parti des Travailleurs (PT, gauche), qui a confirmé officiellement la candidature de Lula le 4 août, se défend de préparer un plan B, mais le choix de Fernando Haddad, 55 ans, pour composer le ticket, est un signe fort.
Aussi étrange que cela puisse paraître, si Lula est finalement autorisé à se présenter, il est peu probable que Haddad garde son statut de candidat à la vice-présidence. L'ex-maire de Sao Paulo devrait céder sa place sur le ticket à la jeune élue communiste Manuela D'Avila, âgée de seulement 36 ans. Dans le cas contraire, il hériterait vraisemblablement de la tête d'affiche, avec D'Avila pour colistière.

Selon une expression populaire brésilienne, Lula, qui a quitté le pouvoir avec une popularité record à l'issue de ses deux mandats, est si charismatique qu'il serait capable "de faire élire un lampadaire" rien qu'avec son soutien.
Fernando Haddad s'en amuse, se présentant volontiers comme le "lampadaire" de Lula. Une photo utilisée pour illustrer de nombreux articles montre Fernando Haddad souriant, portant à son visage un masque en carton à l'effigie du Lula distribué aux militants lors de l'officialisation de la candidature de l'ex-président par le PT.
"Haddad joue ce rôle de candidat à la vice-présidence pour le moment pour être la voix de Lula au quotidien durant la campagne, il est le représentant de Lula", a affirmé mardi la présidente du PT Gleisi Hoffmann dans un entretien au journal Estado de S.Paulo.


Effet Lula
Professeur de sciences politiques à l'Université de Sao Paulo, Fernando Haddad a fait pratiquement toute sa carrière politique à l'ombre de Lula, qui l'a nommé ministre de l'éducation en 2005.
En 2012, ce fils d'un émigrant libanais arrivé au Brésil en 1947, était loin d'être favori pour l'élection municipale de Sao Paulo, la capitale économique du pays, mais son mentor l'a soutenu à bout de bras jusqu'à la victoire finale.
Quatre ans plus tard, cependant, Fernando Haddad a subi une défaite cuisante dès le premier tour quand il briguait sa réélection, n'obtenant que 17% des voix.
À l'époque, le PT avait subi une déconfiture monumentale aux municipales, quelques mois après la destitution controversée de la présidente de Dilma Rousseff, dauphine de Lula (2011-2016), pour maquillage des comptes publics.
Plusieurs membres du PT commençaient également à être rattrapés par les affaires de corruption, y compris Lula lui-même.

Mais la bénédiction de l'icône de la gauche peut toujours faire la différence lors du scrutin à venir.  Dans un sondage récent de l'institut Ipespe, M. Haddad n'est crédité que de 2% d'intentions de vote quand son nom seul figure parmi les candidats possibles. Mais quand les sondeurs le présentent comme le "candidat soutenu par Lula", son score grimpe à 13%. Cela lui permettrait d'arriver au second tour, en deuxième position derrière le député d'extrême-droite Jair Bolsonaro, mais devant le candidat de centre-droit Geraldo Alckmin et l'écologiste Marina Silva, crédités de 9% chacun.

Mais pour être considéré comme un candidat crédible, il faudrait encore qu'il ait le temps de véritablement faire campagne.  La défense de Lula a l'intention d'épuiser tous les recours possibles pour lui permettre de se présenter, ce qui devrait donner lieu à un imbroglio politico-juridique pouvant laisser des traces.



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