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Diaspora

Temer promet « un très grand rapprochement entre le Brésil et le Liban »

Discours
OLJ
05/12/2016

Voici de très larges extraits du discours du président brésilien Michel Temer, prononcé en portugais à l'ouverture du congrès sur le potentiel de la diaspora libanaise en Amérique latine, qui s'est tenu le 27 novembre au Palacio dos bandeirantes à São Paulo.

« Les Libanais sont très déterminés, et c'est cette détermination qui a guidé l'activité de tous les Libanais au Brésil, accompagnée en même temps d'une immense affection, chaleur et sentiment de fraternité. C'est ce qui ressort du ton du discours du ministre (libanais des Affaires étrangères) Gebran Bassil. Le ton poétique de son discours dépeint bien la communauté libanaise au Brésil et son activité.
« Par ailleurs, j'ai déjà demandé au ministre Bassil de féliciter le président du Liban (pour son élection). Il peut lui dire, car la coïncidence est intéressante, qu'il s'agit peut-être d'une chose, disons, cosmique ou divine : le Liban a un Michel à sa tête et le Brésil un autre Michel. Nous allons lancer un très grand rapprochement, tout naturellement, entre nos deux pays (...)
« À vrai dire, le lien affectif entre le Brésil et le Liban est centenaire. Le gouverneur Geraldo Alckmin l'a bien dit, en référence au gouverneur Dom Pedro II, qu'il a un nom de famille, je pense, arabe, parce que son nom est Dom Pedro Alcântara, et chaque mot qui contient al en son milieu est d'origine libanaise. N'est-ce pas vrai ?
« Voilà pourquoi je pense que l'un des premiers voyages qu'a fait l'empereur, il y a 140 ans, a été au Liban. Et là, il donna le coup d'envoi d'une immigration libanaise extraordinaire. D'ailleurs, j'ai noté qu'à son arrivée à Beyrouth, Dom Pedro de Alcântara a écrit (...) : "À partir d'aujourd'hui, commence un nouveau monde. Le Liban se tient devant moi avec ses symboles enneigés, son aspect sévère comme il sied à cette sentinelle de la Terre sainte." L'empereur savait à peine que, avec sa présence, s'ouvrait un monde pour des millions de Libanais qui construisirent leur vie ici, qui s'installèrent ici définitivement.
« Il est intéressant de savoir que le gouverneur Geraldo Alckmin a mentionné le fait que mon père et moi, encore enfant, avions à cette époque un vieux tourne-disque qui jouait l'hymne libanais. Il me le faisait écouter et il me disait : "Garde toujours comme moi tes sentiments pour le Liban, mais adore le Brésil, parce que le Brésil est le pays où se fait l'Amérique."
« Mon père disait : "Faire l'Amérique". Pour lui, c'était un lieu où les immigrants venaient pour développer leurs activités. Ainsi, le sentiment de mon père révèle bien comment les Libanais sont venus au Brésil. Ils sont venus faire l'Amérique. Et en faisant l'Amérique, ils ont offert un grand service au développement de notre pays. Ce n'est pas sans raison que le gouverneur Geraldo Alckmin a mentionné les différents secteurs où ils sont actifs. Il n'y a pas un seul secteur d'activité professionnelle, commerciale, industrielle, politique qui n'ait été marqué par des membres de la communauté arabe.
« Je vois qu'une diaspora s'installe ici. Il est intéressant de noter que la diaspora signifie "qui se propage dans le monde entier." Et la diaspora libanaise s'est répandue dans plusieurs pays du monde. Que ce soit au Brésil, au Liban ou dans d'autres pays, on ne peut pas oublier les mots du poète Khalil Gibran : « Pour la mémoire, il n'existe pas de distances. Seulement pour l'oubli, il y a un précipice que ni la voix ni la vue ne peuvent traverser. » Donc, il n'y a pas de distance, Monsieur le Ministre, qui nous sépare du Liban. Mais il y a un sentiment de fraternité, d'intégration, qui pourra se faire, comme l'a rappelé le ministre José Serra, grâce à un développement des relations commerciales entre le Brésil et le Liban.
« Par conséquent, je ne peux m'empêcher de dire combien d'histoires existent sur la manière dont le Brésil a accueilli les Libanais. Et il a même été écrit que je suis un exemple vivant de l'affection portée par les Brésiliens aux Libanais, dans la mesure où nous pouvons arriver là où nous sommes aujourd'hui. Mais, Monsieur le Ministre, il n'y a pas que mon histoire. En fait, c'est l'histoire de millions de fils de Libanais, Syriens, Japonais, Italiens, Portugais qui sont arrivés ici. Une histoire d'hospitalité et de possibilités illimitées. Une histoire qu'il convient au final à chacun de nous d'écrire. Et je suis sûr que votre venue avec votre équipe au Brésil pour cette diaspora, pour cette réunion, pour cette conférence, servira encore une fois à renforcer les liens déjà très solides entre le Brésil et le Liban. »

« Ce qui nous distingue, c'est l'identité libanaise »

Voici un extrait du discours du directeur culturel du Centro Libanés de Mexico City, Antonio Trabulsi Kaím :
« Nous venons de tous les coins d'Amérique latine, mais ce qui nous distingue, c'est l'identité libanaise. Nous sommes libanais, sans aucune autre définition, et nous le sommes avec amour. Sûrement que dans votre foyer, ou dans la maison du grand-père, vous avez écouté des paroles se référant à vos origines, sur les vallées, mer et montagnes, les couleurs du ciel, les musulmans, druzes et chrétiens... Il y avait l'Empire ottoman, qui dura quatre siècles !
« De Beyrouth, ils sont montés en bateau, ont dit adieu aux parents et aux frères, pour un voyage sans retour... Si le bled était un paradis, pourquoi l'ont-ils quitté ? Ils ont ainsi étendu leur Liban, mais ne l'ont jamais abandonné. Ils ont porté aux confins des cinq continents leur vocation de culture, de travail et d'amitié. Ils ont recherché la douce patrie où leurs propres descendants pouvaient dormir tranquilles, sans domination ni anxiété... »

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