Jerome Powell a salué le fait que le taux de chômage s’était fortement réduit ces dernières années, tombant au plus bas depuis 1972. Joshua Roberts/Reuters
Le président de la banque centrale américaine Jerome Powell a affirmé hier devant le Congrès que la Fed avait l’intention de maintenir le cap de sa politique monétaire en relevant graduellement les taux directeurs, en dépit des incertitudes liées aux bras de fer commerciaux. Jugeant que les risques pour l’économie américaine sont actuellement « à l’équilibre » et se félicitant d’une croissance « solide », M. Powell a estimé devant une commission du Sénat que « la meilleure façon de continuer était de poursuivre la hausse graduelle des taux ».
Dans un discours prononcé lors d’un témoignage semestriel devant une commission du Sénat, le patron de la Fed a admis qu’il était « difficile de prévoir l’issue finale des discussions en cours sur la politique commerciale, de même que l’impact économique des récentes modifications de la politique budgétaire ». « Dans l’ensemble, le risque que l’économie s’affaiblisse soudainement est grosso modo à l’équilibre avec la possibilité que l’activité s’accélère rapidement », a déclaré Jerome Powell.
L’administration Trump a résolument pris un virage protectionniste ces derniers mois vis-à-vis de nombreux partenaires commerciaux au point que le Fonds monétaire international (FMI) a averti lundi que la croissance économique de la planète pourrait en être compromise. Si les discussions commerciales « sans précédent » qui animent la planète « se concluaient par des tarifs douaniers plus bas pour tout le monde, ce serait une bonne chose pour l’économie », a expliqué Jerome Powell en répondant à une question. Mais « si elles aboutissent à des tarifs plus hauts sur une plus longue période, ce sera mauvais pour notre économie et celles d’autres pays aussi », a-t-il averti.
Sur le plan monétaire, la banque centrale américaine, qui a déjà remonté deux fois son principal taux directeur cette année, dont la dernière lors de sa réunion de la mi-juin, prévoit de le relever encore deux fois d’ici à décembre. Ce taux, qui influence le coût des prêts immobiliers et à la consommation notamment, évolue désormais dans une fourchette comprise entre 1,75 et 2 %.
Économie forte
« Notre politique (monétaire) reflète la forte performance de l’économie et vise à aider à ce que cette tendance continue », a déclaré Jerome Powell dans un discours plutôt bref devant les élus du Sénat, qu’il devait renouveler devant une commission de la Chambre des représentants aujourd’hui. Après un premier trimestre où la croissance a été modeste à 2 % en rythme annuel, « les dernières données sur la croissance au deuxième trimestre suggèrent que l’expansion a été bien plus forte ». La Fed d’Atlanta, dont le baromètre de croissance est souvent optimiste, prévoit un bond de l’activité à 4,5 % en rythme annuel d’avril à juin. La première estimation officielle du PIB sera annoncée par le département du Commerce le 27 juillet.
Le patron de Fed a salué la performance du marché de l’emploi, dont le taux de chômage à 4 % « est proche de son plus bas niveau depuis deux décennies ». Du côté de l’inflation, il s’est félicité de données « encourageantes » car la hausse des prix a enfin touché depuis deux mois la cible de 2 % de la Fed après des années d’inflation très basse qui ont fait craindre un ralentissement économique.
L’indice des prix PCE, baromètre favori de la Fed, a atteint 2,3 % en mai, un sommet en six ans. M. Powell a répété que la Fed tolérerait une inflation « symétrique », c’est-à-dire pouvant s’établir un peu au-dessus ou en dessous de 2 %. Il a indiqué que le Comité monétaire de la Fed prévoyait que « le marché de l’emploi allait rester fort et l’inflation allait se maintenir autour des 2 % pour les années qui viennent ». Tout en notant la vive augmentation récente des prix de l’énergie, le patron de la banque centrale n’a pas paru s’inquiéter de la hausse de ces coûts, qui peut peser sur le budget des ménages.
Source : AFP


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