Nos Lecteurs ont la Parole

Le père Marcel Hélou, onze ans déjà

Antoine HÉLOU
OLJ
10/07/2018

Au nom de la famille que je représente, je voudrais d’abord remercier le Seigneur pour toutes les grâces qu’il a accordées au père Marcel durant sa vie.
Je voudrais ensuite exprimer toute ma gratitude à Son Excellence Mgr Paul Matar qui a été un grand ami du père Marcel. Il l’a assisté jusque dans les dernières heures de sa vie et il a été toujours proche de notre famille.
Je voudrais aussi remercier le père Pierre Abi Saleh, supérieur du collège, qui a été à l’origine de cet hommage ainsi que toutes celles ou ceux qui ont contribué à la création de ce temps fort.
Tous ceux qui ont connu le père Marcel ont su qu’il a été un homme d’Église pour qui l’obéissance est la première qualité du chrétien. Il n’a jamais contesté les ordres de ses supérieurs, cependant, il avait compris qu’obéir n’est pas seulement exécuter mais aussi imaginer. Il a été aussi un intellectuel amoureux des mathématiques et de toute forme d’humanisme. Il n’a jamais cessé d’être au courant de toutes les nouvelles parutions. Il lisait à temps et à contretemps. Quelqu’un qui a voulu lui offrir un livre le jour de son anniversaire s’est entendu dire : si c’est pour le père Marcel, il l’a déjà acheté. Une des idées qui lui étaient chères : « On apprend en écrivant. » Un jour qu’il déjeunait chez moi, il m’a demandé si je pouvais lui prêter le livre de Troisfontaines Je ne meurs pas. « Je te le rendrai d’ici à deux semaines », ce qui fut fait. Après son décès, quelle n’a été ma surprise de retrouver un cahier sur lequel il avait recopié les 265 pages du livre que je lui avais prêté.
Il a été un humoriste qui n’a jamais voulu présenter un visage austère. Il savait plaisanter quand il le fallait. Je cite Silésius qui lui était très cher : « La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit, elle ne se soucie pas d’elle-même, elle ne demande pas si on la voit. » Voilà ce que tu as été, père Marcel.
Pour terminer, comme j’ai été enseignant de lettres françaises, je me permets d’emprunter à Aragon le titre de sa célèbre poésie « Que serais-je sans toi ? » Effectivement, qu’aurais-je été sans toi, père Marcel, toi qui m’as toujours dit : « Tes défauts, c’est toi, les quelques qualités que tu ajouteras compléteront ton profil » ; toi qui m’as initié à apprécier la musique classique, toi qui m’as encouragé à ne jamais cesser de lire et surtout toi qui m’as appris à prier et à offrir au Seigneur tout, même mes péchés.
Onze ans déjà, père Marcel. Tu nous manques à tous énormément.Que ton âme repose en paix.


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Georges Breidy

Cher Antoine, je suis parmi les privilégiés qui ont eu la chance de poursuivre leurs études au Collège de la Sagesse lorsque Père Marcel Hélou était supérieur. Comme vous le dites si bien, il était un homme de culture et un humaniste qui savait très bien manier le sérieux et l'humour en même temps. Que de beaux souvenirs du début des années 70. Qu'il repose dans la paix de Dieu.

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