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Économie

Bras de fer commercial : les investissements chinois dans le collimateur américain

Diplomatie économique
OLJ
26/06/2018

L’administration Trump s’apprête à faire grimper d’un cran les tensions commerciales avec la Chine en prévoyant d’annoncer à la fin de la semaine des restrictions cherchant à limiter notamment les investissements chinois sur le territoire américain. Cette menace avait déjà été agitée par la Maison-Blanche fin mai au nom de la « sécurité nationale » des États-Unis pour lutter contre le « vol de propriété intellectuelle » et ce qui est considéré par Washington comme une « concurrence déloyale » de la part de Pékin.
Ces restrictions, qui pourraient être annoncées le 29 juin, selon la presse, visent d’une part à empêcher des entreprises chinoises d’acquérir des entreprises américaines versées dans les technologies. D’autres mesures pourraient aussi bloquer de nouvelles exportations technologiques vers la Chine. Selon le Wall Street Journal, le Trésor américain prépare de nouvelles règles qui interdiraient à des compagnies détenues à plus de 25 % par des capitaux chinois de racheter des entreprises intervenant dans les nouvelles technologies. Cela concernerait des secteurs comme l’automobile électrique, la robotique ou l’espace, a affirmé Bloomberg News.
Dans un tweet hier matin, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a assuré que ces informations, dont l’idée avait été déjà lancée par la Maison-Blanche fin mai, étaient « de fausses nouvelles ». Il a toutefois confirmé qu’il y aurait une annonce qui ne viserait « pas spécifiquement la Chine, mais tous les pays qui essaient de voler notre technologie ». Le ministre des Finances de Donald Trump est souvent vu comme celui qui, dans l’entourage économique de la Maison-Blanche, tente de temporiser et serait davantage favorable à moins de confrontation avec Pékin.
Après avoir infligé des droits de douane de 25 % sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises, Washington a menacé de porter à un total de 450 milliards de dollars la valeur des produits chinois qui seraient taxés à leur entrée aux États-Unis. Pékin y a répliqué en annonçant des droits de douane « identiques » et a crié au « chantage » de la part des États-Unis.
Selon Martin Chorzempa, expert au Peterson Institute, cette nouvelle offensive américaine comporte des risques de représailles de la part de la Chine. « Ils ont un énorme éventail d’outils pour faire pression sur les compagnies américaines », a-t-il averti, soulignant combien Apple ou General Motors dépendaient de la Chine. De multiples mesures de rétorsion sont possibles allant de la rétention de marchandises dans les ports d’entrée aux gels d’autorisations administratives, a indiqué cet expert à l’AFP.

Les taxes frappent Harley-Davidson
Aux États-Unis, la nouvelle batterie de restrictions aux investissements étrangers devrait être soumise aux commentaires des industriels avant d’entrer en vigueur. Les milieux industriels commencent en effet à s’inquiéter de l’escalade dans la confrontation commerciale.
Icône d’un certain savoir-faire américain, la célèbre marque de motos Harley-Davidson a annoncé hier qu’elle était victime de la guerre commerciale – cette fois-ci avec l’Europe – et qu’elle envisageait de transférer une partie de sa production en dehors des États-Unis. Le constructeur de Milwaukee (Wisconsin, Nord) qui vend beaucoup de ses motos en Europe (40 000 par an) est frappé de droits de douane de 25 % par l’Union européenne en représailles des taxes américaines sur l’acier et l’aluminium.
Pour ne pas perdre des ventes alors que les tarifs douaniers renchérissent le prix au détail de ses motos de 2 200 dollars à l’exportation, Harley-Davidson a décidé de déplacer la production des motos destinées à l’Union européenne vers ses usines internationales et d’échapper ainsi aux importants droits de douane. La compagnie prévoit que le coût immédiat des tarifs ainsi que les investissements liés au transfert de production vont affecter les comptes de l’entreprise à hauteur de 30 à 45 millions de dollars pour la fin de l’année 2018. Sur un exercice entier, le coût se montera à entre 90 et 100 millions de dollars.
Le constructeur n’a pas indiqué si sa décision aurait des conséquences sur les emplois du groupe aux États-Unis.
Source : AFP

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